‹ Nos missionnaires patriotes et savantsChapitre 24 sur 25 · Botanique des îles Marquises, par le R. P. Géraud · texte numérisé non relu

Botanique des îles Marquises, par le R. P. Géraud

On doit encore aux PP. de Picpus un album illustrant les Missions de la Nouvelle-Guinée

A COUSE ” aux RDS Due . : 2 n . = .

éme sms -aputiqmes tv D es

P. Damien, l’apôtre des lépreux de Molokaiï, a été racontée par M”° Craven et traduite dans toutes les langues ; c’est la grande gloire de l’apostolat dans la dernière moitié du siècle qui finit.

A Tahïti et aux Marquises, il y a également des lépreux et 1ls sont secourus et assistés par les Pères de Picpus, mais il n’y a pas encore de léproserie.

Ce fut aux Marquises que, vers 1842, Mgr Baudichon, alors vicaire apostolique, rendit de signalés services aux troupes françaises chargées de réprimer les révoltes des naturels.

L’évêque parvint à pacifier ces îles sans qu'il y eût une seule goutte de sang versé, alors que dans un premier engagement deux officiers et plusieurs soldats avaient péri sous les balles des indigènes. En récompense, le gouvernement français lui décerna la croix de la Légion d'honneur. |

En 1863, un vaisseau, le Diamant, apporta la variole aux Marquises. Le fléau fut impitoyable ; les missionnaires furent héroïques. Trois surtout se dévouèrent au soulagement des malades d’une facon absolument extraordinaire : Mgr Dordillon, le P. Chaulet et le F. Florent Forgeot. Nuit et jour, ils battaient la

Campagne à la recherche des malades, des mourants ou des morts. Personne ne les aidait, ils devaient tout faire, soigner les malades, préserver les hommes encore indemnes, enterrer les morts. Cela dura six mois. M. Rousseau, représentant de l’administration, demanda la croix pour un de ces brâves, elle ne vint pas !.…. Les missionnaires, comme bien l’on pense, s’en conSolèrent facilement ; mais avouons qu’ils l’avaient amplement méritée.

C’est encore à des missionnaires français, aux Pères Maristes, que nous devons la conquête pacifique de notre belle colonie de Nouvelle-Calédonie. La Revue des Deux Mondes du 15 avril dernier racontait, par la plume de M. René Pinon, comment la France s’est établie pour la première fois à l’île des Pins. Ce récit avait d’ailleurs été fait déjà par le P. A. de Salinis, S. J., dès 1892, dans son livre intitulé : Marins et missionnaires, conquête de ta Nouvelle- Calédonie, 1845-1853. Depuis longtemps, les Anglais, auxquels doit naturellement appartenir le moindre rocher qui émerge au-dessus des mers, avaient jeté les yeux sur la Nouvelle- Calédonie pour y établir un port de relâche et un dépôt de charbon en vue d’une ligne de navigation à vapeur destinée à relier Sydney à

2 ere me me" DS De et

Panama. Mais l’amiral Febvrier des Pointes, convaincu que la France, dont les missionnaires travaillaient dans l’île depuis déjà dix ans, devait s’y établir solidement, s’entendit avec le P. Rougeyron, supérieur de la mission à l’île des Pins. Le 24 septembre, ayant eu vent qu'un navire anglais venait d’être expédié d'Australie pour faire soi-disant de l’hydrographie sur la côte, l'amiral descendit du Phoque, avec son état-major et 20 hommes, et alla s’en tendre dans la maison du P. Forestier avec les chefs canaques qui l’y attendaient, accompaonés de 450 de leurs guerriers. On y signa avec eux, en présence des Pères comme témoins, un traité de cession en due forme et l’on hissa le pavillon français sur la maison de la mission en le saluant de 21 coups de canon. Peu après, arrivait le navire de guerre anglais Herald ; le capitaine fit venir à son bord le chef Ven-desou, exhiba de superbes présents et lui offrant un pavillon anglais lui demanda de vendre son île à la Grande-Bretagne. « C’est trop tard », répondit le Canaque, et il montra le pavillon français flottant sur sa case. Quand, de retour à Sydney, le commandant du Herald fit son rapport au commodore de l’escadre, celui-ci, qui avait gardé, en poche, depuis plusieurs mois,

l’ordre d’occuper la Nouvelle-Calédonie, fut si honteux de s'être laissé devancer par les Fran- Çais qu'il se suicida !. Comme le dit l’amiral Febvrier des Pointes dans son rapport : « Voilà un missionnaire qui vient de rendre un service signalé à la patrie à ajouter à tant d’autres qui restent inconnus. Celui-là seul mérite la croix d'honneur ; elle ne sera jamais plus noblement portée. Je la demanderai directement à l’empereur pour être plus sûr de l’obtenir et certainement 1l ne me la refusera pas. »

Comme les Pères de Picpus et comme tous nos missionnaires, peut-on même dire, les Pères Maristes ont composé de nombreux livres sur l'histoire, la géographie, l’histoire naturelle et la linguistique des îles qu'ils évangélisent 2. Le P. Monfat a écrit l’histoire des Maoris 3. Il

1. C'était la revanche de l'affaire de la Nouvelle- Zélande où douze ans auparavant, un capitaine anglais avait joué les Français et pris possession de l’île.

2. Cf. Mœurs et sumperstitions des Néo-Calédoniens, par le P. Lambert, Mariste, p. 353. In-4’, Nouméa. 1900, Chez les PP. Maristes, 104, rue de Vaugirard à Paris. Dictionnaire Samoa-francais-anglais et Francais-samoa-anglais ; de nombreux ouvrages en langue Maorie, Tongienne, Samoane, Foutouna, etc., ont été aussi écrits, sur la religion, par les PP. Maristes: entre autres le Catéchisme en 16 langucs canaques que Mgr Fraysse a envoyé à l'Exposition.

Page 1