Les Maoris . étude historique avec vues, portraits
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avait déjà publié, en 1891, Dix ans en Mélanésie, étude historique et religieuse. Mgr E. Elloy a fait l’histoire des missions diocésaines centrales. Le P. Laurent a fait celle de la mission de Nouvelle-Calédonie {.
On doit aussi aux Pères Maristes la fondation de l’asile de Saint-Léonard à l’île de ce nom ; œuvre essentiellement sociale pour le relevement des forçats libérés que le bagne jette sur le pavé après l’accomplissement de leur peine.
Le P. Montrouzier, mort récemment, et qui fut témoin de l’acte de cession de la Nouvelle- Calédonie, était un savant naturaliste. HL::8 envoyé en France de précieuses collections de coquilles et d'insectes, dont la plus grande partie se trouve dans le musée de la maisonmère des Pères Maristes à Lyon. Quelques espèces nouvelles lui ont même été volées par l’Angleterre, et voici comment. Un missionnaire protestant, collectionneur enragé, l’ayant ren-
et des cartes, par le R. P. Monfat. In-8°, 399 pages. Lyon, 1896. — Dix ans en Mélanésie, étude historique religieuse, 371 pages, in-8°. Lyon, 1891.
1 Les Missionnaires de la Nouvelle-Calédonie, au sujet de l'enquête administrative de Wagap, par le P. Ch. Laurent, $S. M. Firmin Didot, 1885, in-8", 217 pages.
Coniré Sur le rivage au moment où il venait de recueillir un certain nombre de spécimens de coquilles intéressantes. se les fit t donner par le brave Père. Puis 1 a de les faire nommer en Angleterre comme s’il les avait découvertes.
Une partie des coquilles trouvées par le P. Montrouzier ont été décrites et figurées par le P. Hervier, mort récemment à Lyon, et qui était un conchyliologiste distingué.
Nous ne savons si le gouvernement impérial paya la dette de reconnaissance qu'il avait contractée avec le supérieur de la mission de Ja Nouvelle-Calédonie. Nous ne COnnalissons, eñ effet, qu’un chevalier de la Ass d'honneur parmi les Pères Maristes. Ce fut Mgr Douarre. qui reçut la croix en 1836 r pour services rendus à la France.
Bien qu’ils ne soient pas employés à la conversion des âmes, les Frères des Écoles chrétiennes n’en sont pas moins d’excellents missionnaires de la langue et de l'influence française, voire même de sa Civilisation, grâce à leurs très nombreuses écoles d’ enseignement
primaire, secondaire, et : technique. Elles sont
répandues non seulement dans nos colonies mais encore en pays étrangers.
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À Madagascar, particulièrement à Tananarive, ils ont des cours professionnels de travaux de menuiserie et d’ajustage et des cours d’agriculture. Nous avons admiré à Alexandrie d'Égypte une école d'arts et métiers, ainsi qu’un beau collège, où l’on donne l’enseignement secondaire d’après les programmes égyptiens. À Rhodes nous avons visité leur scolasticat, où ils préparent des professeurs destinés à enseigner dans toutes les langues de l'Orient. Ils sont tellement estimés à Salonique que la majorité des élèves que nous avons vus dans leurs classes appartiennent aux riches négociants israélites de cette ville. Cela en dit long sur leur esprit de tolérance. Aux Indes anglaises ils possèdent de nombreux établissements d’instruction comme aussi en Birmanie, en Cochinchine et au Tonkin, à Singapour, Hong- Kong, etc. Nous avons déjà cité l'institution Taberd à Saigon.
Tout le monde connaît les beaux travaux géographiques du Frère Alexis. À l'Exposition de 4900, le F. Norbert exposait de très beaux reliefs géographiques, entre autres un plan de Tananarive et des environs, œuvre remarquable de science et de précision. À cette même EXpOsition parmi les nombreuses récompenses qu’ils
ont remportées (3 grands prix, 13 médailles d'or, 21 d’argent, 14 de bronze et 7 mentions honorables, en tout 58 récompenses), un grand prix à été attribué à leurs établissements aux colonies, une médaille d’or a été attribuée à leur école de Tananarive, une autre à l’enseignement indigène, une d’argent aux cartes et reliefs géographiques du F. Norbert ; l’établissement de Tunis a eu une médaille d’argent et l’école d'agriculture de Tananarive une médaille de bronze.
L'Amérique est loin d’être, comme l'Asie, l’Afrique et l’Océanie, un pays de missions.
Les Républiques latines ont un clergé régulier ou des congrégations étrangères. Les Lazaristes ont bien quelques missions dans l’Amérique du Sud, au Brésil, au Chili, au Pérou et au Mex:ique, mais elles sont le plus souvent desservies par des missionnaires non Français. Les Dominicains ont des missions à l’Équateur, mais nous croyons qu'ils n’y enseignent pas notre langue et se contentent de travaux purement religieux. La population, du reste, ne se prête pas à une instruction scientifique. Les Pères Salésiens ont des collèges dans la République Argentine, où clergé et religieux sont surtout Italiens. Les Pères de Picpus (Congrégation des S. S. Cœurs
et de l’Adoration) ont trois maisons au Chili et une au Pérou. L’amiral Larrieu visitant celle de Valparaiso disait : « Ces hommes font plus ici pour l'influence française que tous nos ministres et nos consuls de l’Amérique du Sud. »
Aux États-Unis et au Canada se trouve un clergé catholique, américain et anglais. Nous avons bien en Californie et aux Etats-Unis des maisons des Frères des Ecoles chrétiennes avec des professeurs français, mais ils y sont en petit nombre. Dans la Californie méridionale, 1ls ont établr, du côté de Los An: oeles. des écoles professionnelles de culture dont nous avons entendu dire merveille autrefois par le F. Vignon, un Normand, mort il y a peu de temps. Dans le Manitoba et l’Alaska, l’At 1baska-Mackenzie, on trouve quelques missionnaires français isolés at milieu de confrères étrangers. Le P. de Villiers, S. J., a été quelques années au Manitoba. Mais on ne s'occupe, là-bas, que de l’évangélisation des indigènes, et il y a peu à faire dans ces pays olacés au point de vue scientifique. Le P. Petitot, des Oblats de Marie, aujourd’hui curé aux environs de Paris, a été de longues années missionnaire dans ces contrées arctiques de l’extrême nord-ouest américain. Il a fait de nombreuses communications aux sociétés savantes
146 NOS MISSIONNAIRES, sur 168 peuplades sauvages qu’il a évangélisée | Ai Etes Xe 5 EE Il à publié le premier un dictionnaire de ;
la nyne déné-dindjié, des vocabulaires, des dialectes MONtagnais ou chippewayou ; ceux des tribus Peaux de lièvres et Loucheux avec une Srammaire et des tableaux synoptiques des con- Jugaisons 1 ; une monographie des déné-dindjié : un vocabulaire français-esquimau, ainsi qu’une Monographie des Esquimaux chiglit des bouches du Mackenzie et de l’Anderson. Ses articles géographiques manquent un peu de critique. Sur l’Alaska, on peut lire aussi ave proft-les articles du P. René, $S. J.. dans les Etudes religieuses, ete... Le P. Lacombe, des Oblats de Marie, à publié un dictionnaire et une grammaire de la langue krie, qui a obtenu un prix spécial, croyons-nous. On doit aussi à Mgr Faraud des travaux sur cette langue d'une peuplade des Montagnes-Rocheuses.
Mais bien que nous oubliions forcément un bon nombre de travaux de nos missionnaires dans le monde entier, nous devons nécessairement limiter cette étude que nous ne pouvons transformer en un catalogue des œuvres
Scientifiques, littéraires ou humanitaires des
1, Paris, E. Leroux, 1876. In-4
missionnaires français, Il faudrait pour cela écrire un gros volume.
C’est, d’ailleurs, notre intention de compléter ces notes rapides au moyen des renseignements que les missionnaires de tous ordres voudront bien nous donner. Nous pourrons ainsi établir, aussi exactement que possible, le bilan de leurs travaux à la fin du xix° siècle. En tout Cas, nous croyons avoir suffisamment prouvé notre thèse, qui avait pour but de montrer que nos missionnaires ne sont pas seulement de dévoués propagateurs de la religion catholique, ce qui est abondamment prouvé par leurs œuvres apostoliques, mais qu'ils sont encore de précieux auxiliaires de la France, à laquelle ils ont souvent conquis des colonies. En tout cas. ils se sont montrés les meilleurs propagateurs de notre langue, de notre civilisation et de nos idées, qu’ils importent dans presque tous les pays du globe. N'est-ce pas mille fois plus utile à nos véritables intérêts que l’importation de l’alcool ou de l’opium ? Grâce à leur douceur. à leur science et à leur humanité, ils ont fait aimer notre chère patrie partout où 1ls ont passé. On ne peut leur faire le reproche que lord Salisbury faisait, il y à peu de temps, aux Anglais, dans une conférence de leurs mis-
Sions Où il avait accepté de parler. L’Angleterre, Comme il le disait malicieusement, envoie d'abord le missionnaire, puis le commerçant, et le soldat le suit invariablement, annexant par la force à la couronne le pays dûment étudié par les autres.
Aussi Li Hong-tchang disait-il, avec une franchise tout européenne, au ministre d'Angleterre à Pékin, qui lui demandait des concessions de chemins de fer : « Débarrassez-nous d’abord de vos missionnaires et de votre opium, qui sont la perte de la Chine. » Il aurait pu ajouter « Et de vos navires de guerre. » Ceux-ci sont toujours, en effet, prêts à recevoir le ministre protestant et le commerçant. Il n’en est guère de même chez nous, et nos missionnaires catholiques n’ont eu que bien rarement la chance d’être ainsi soutenus par notre gouvernement. Actuellement, oubliant le mot de Gambetta, celui-ci s’efforce de détruire partout en France les pépinières où l’on forme ces soldats du Christ, qui sont aussi nos meilleurs diplomates et nos plus puissants auxiliaires pour la conquête pacifique des nations, qui ont appris par eux à chérir la fille aînée de l'Eglise. Mais nos gouvernants, presque tous inféodés à la politique antimorale et antifrançaise de la franc-
maçonnerie, ne peuvent pardonner à nos missionnaires d’être plus savants, plus Français qu'eux-mêmes ct leurs frères maçons. Si, plus patriotes et plus intelligents, ils suivaient l'exemple de M. Henri Fournier, ne devraïentils pas tous dire aux congrégations : « Semez de la graine de missionnaires. » Car, avec ceux- Ci, la France conquiert le monde et s’en fait aimer, tandis que, avec des soldats seulement, on sannexe bien des nations, mais on s’en fait détester : l’Angleterre nous le prouve aujourd’'hui plus que jamais.
Au moment où paraissent ces lignes, nous lisons, dans l’Oficiel du 15 décembre 1900, Ia nomination au grade de chevalier de la Légion d'honneur des missionnaires français dont les noms suivent :
Mgr A.-P.-M. Favier, évêque de Pékin, pour avoir organisé la défense du Pé-tang.
Mgr St. Jarlin, son coadjuteur ; s’est parti- Culièrement distingué dans la défense du Pétang.
Mgr J. Brugnière, évêque de Tcheng-ting-fou ;
pour les mêmes motifs.
Ces trois religieux appartiennent aux Lazaristes.
Le P. E. Becker, S. J. ; conduite courageuse dans la défense de Hien-hien, organisée par lui (le Journal Officiel a évité de dire que c'était un Jésuite).
Le P, J.-A. Laveissière, des Missions Étrangeres, À fait preuve du plus grand courage au
Cours des événements de Chine ; à reçu six blessures.
Paris, — Typ. Chamerot et Renouard, 19, rue des Saints-Pères, — 40195
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