LA CATEIA ET LA FRANCISQUE
Lu cateia, selon Virgile', est une arme teutonique, et le témoignage des auteurs s'accorde à en faire une arme de jet. Or, il existe, chez les envahisseurs germains du v» siècle, une arme de jet parfaitement caractérisée,la francisque. Je proposii de rapprocher la cateia delà francisque et je pense que ce rapprochement confirme, loin de les contredire, les considérations exposées plus haut par M. Bertrand.
Quand on étudie l'armement des barbares du v siècle, on est étonné des analogies qu'il présente avec celui des populations de l'Europe centrale dix siècles plus tôt, à l'époque que Ton est autorisé à qualifier de celtique, parce que la civilisation qui dominait alors, depuis le fond de l'Espagne jusqu'à la mer Noire, était celle des Celtes.
La grande épée mérovingienne, \dispalha, ne dérive pas du court gladius des Romains. Nous savons, au contraire, que les Romains de l'époque impériale avaient emprunté la spatha à l'armement des barbares, suivant en cela cet instinct d'imitation que l'on constate à toutes les périodes de leur histoire militaire. Or, la spatha est presque identique à la grande épée celtique du type dit de La Tène, à tel point qu'il est souvent fort difficile de les distinguera
Ce qui est vrai de la spatha paraît l'être également de Vangon, qu'Agathias décrit comme une arme redoutable propre aux Francs ^ L'historien byzantin dit que les angons sont à la fois des javelots et des lances, dont on se sert pour combattre de loin comme de près. Ils sont presque entièrement recouverts de fer, de sorte qu'on n'aperçoit qu'une petite partie de la hampe en bois. La partie supérieure de l'arme est garnie de deux barbelures qui augmentent la gravité des coups*; lorsque l'angon a pénétré dans le corps de l'ennemi, il lui est impossible de l'en extraire.
1. Virgile, /Ic/j., VIF, 741 : Teiilonico ritu solilivibvare cateias.
2. Témoin la confusion commise par Quicherat, qui a pris les épées gauloises d'AUse pour des spathae [Revue archéoL, 1865, 1, p. 83).