Agattiias, Hisloi'.,U
4. Ces barbelures, oca[ji.iïû).at àxiSe;, sont 1res prononcées dans les armes de Nydhatu (Eugelh.irdt, Nijdam Mosefund, pi. XI) et dans l'angou du Musée d'artillerie à Paris (Wylie, Archaelor/ia, t. XXXV, p. 51). Les armes de Nydham sont des produits barbares du m" siècle après J -C, où Liudeuschmit voulait voir des armes romaines.
Annexe c 195
Quoi qu'en ait dit Lindenschmit', l'angon franc ne dérive certainemeat pas du pilum, dont on a rapporté, sans preuves sul'fisantes, l'invcnlion aux Étrusques*. Les barbeluresdonl est muni le fer de l'angon on sont le caractère essentiel, alors qu'il n'y en a pas dans le pilumK Tandis que le pilum est un javelot, l'angon, comme son nom l'indique déjà, est surtout un harpon*. S'il fallait admettre un emprunt, nous croirions plus volontiers que le pilum est une imitation étrusque ou romaine d'une arme barbare analogue au gaesum. La présence d'un fer de pilum dans une tombe étrusque à Vulci, sur laquelle a beaucoup insisté Lindensclimit, ne prouve rien : ce pouvait être l'arme d'un mercenaire ou d'un auxiliaire gaulois. D'ailleurs, les populations primitives de l'Italie centrale possédaient des armes dites veru ou falarica qui étaient fort analogues au pilum romain». Entre elles et le (jacsum barbare, il pouvait exister comme un rapport de cousinage, mais rien n'autorise à admettre une dépendance directe, une filiation.
Le passage du Vie livre des Argonautiques où Valérius Flaccus cnumère
1. Sommlunr] Sig?uarinoen, p. 21 ; AtLnrlhumer, 1,11, 5; Revue archéol., 186o,
2. Voir A. Miiller, dans les Denkmueler de Baumeister, t. III, p. 2C47.
3. Il est vrai que Polybe (VI, 23) parle du « fer en hameçon .- du pilum, p£),o; (TtoYipoOv àyxKJTpwtôv ; mais il n'y a trace de crocs ni dan^ le piluui de Vulci, ui dans celui du mausolée de Saiut-Rémy ; sur les niouuinents de l'époque impériale, c'est à peine si le pyramidion qui surmonte l'arme semi)le parfois barbé à sa partie inférieure (Lindenschmit, Alterlliiimer, t. 111, 6, Beilage, p. 8). L'expression dont se sert Polybe est donc impropre.
4. Cf. l'allemand Angel, ligne à pêcher, et le grec à'yxtiTpcv, hameçon.
5. Veru : Virg., Géorq., H, 168; Aen., VII, 66."j. lùdarica : Aen., IX, 70o. La même arme est signalée chez les Sagonlius par Tite-Live, XXI, 8. En revanche, je crois que Wylie se trompe quand il allègue le trophée dit Ilomtia pila comme une preuve de l'usage du pilum chez les Romains dès l'époque royale [Ardiaeologia, XLII, 2, p. 329). 11 est vrai que les anciens eu.K-mémcs paraissent l'avoir quelquefois compris ainsi, témoin ce que Propercc dit d'Ennius (III, 3) : Et cecinit Curios fratres et Uoralla pila. Cf. Liv., 1, 26, 10 : verhera vel intra pomoei'ium, modo inter illa pila et spolia hoslium. Mais, en réalité, Jlorutia pila n'est pas un pluriel neutre : c'est un féminin singulier. Il s'agit d'un pilier comméraoratif, situé dans la VIII" région de Home, (((j1 s'appelait " la colonne Horatienne », Iloralia pila. Ce pilier était l'équivalciil exact de ces menhirs des îles Britanniques que l'on appelle calh-stonea, c'est-à-dire <■ piern-s de bataille » {Revue archéol., 1893, I, p. 204). Par une sorte d'étymolof^ie populaire, on en vint à prendre /)(7a pour le pluriel de pilum. I.,es passants croyaieut que ce monument avait été décoré d'un trophée d'armes, bien qu'il n'eu restât plus trace : xà (aèv ojv oitXa r,:pâviTTat 6ii [t.r,y.o<; -/(xSvou (Denys, III, 22). C'est à peu près l'équivalent de ce qui s'est passé au Louvre, où la .Salle des sept mètres est devenu la Salle des sept maîtres, dont ou prétend y désigunr les chefs-d'œuvre. Du reste, Denys d'Ilalicaruasse ne s'y est trompé qu'à moitié (III, 22) : TT,v 5' £7tr/A-(5<7tv tÎ crrjX'i; yy),(iTT£i tt)v avTr,v, 'Opâria y.aXo'Jiiévr^ 7:i).x. Cf. le scoliastc de Bobbio sur la Milonieime, p. 217 : loro celehri, cui pilac llnraliae nomen est. — Dans le diclionnaiie latiu-allemaad de Georges, ou truuvc/<(/a
les guerriers de la Scythie est fort intéressant pour la question qui nous occupe. Il est évident que ses descriptions s'appliquent à des tribus celtiques ou celtisées dont l'armement, aux yeux des Grecs et des Romains, était celui des barbares en général. Voici d'abord les cbariots couverts de cuir des Coralètes ou Gœlalètes, d'où les enfants lancent la cateia : Et puer e primo torquens temone cateias (VI, 83.)
Plus loin, ce sont les Coralles, voisins de Tomi, qui ont pour enseignes des roues {les rouelles celtiques) ' et des sangliers :
Densique levant vexilla Coralli, Darbaricae guis signa rotae, serrataque * dorso Ferma suum...
C'est ensuite Teutagonus qui conduit les Balernes, nom où l'on croit reconnaître celui des Bastarnes ; ils sont armés de boucliers d'écorce et de lances dont le fer est aussi long que la hampe :
Quos, duce Teutagono, crudimora corticis armai Aequaque nec ferro b'revior nec rwnpia ligno.
L'arme appelée ici rumpia était déjà mentionnée par Ennius, au livre XIV de ses Annales, comme le javelot des Thraces. Nous savons cela par Aulu-GelleS qui donne une liste de noms d'armes que l'on trouvait dans les anciens auteurs latins ; dans cette liste, les mots cateiae et rumpiae sont juxtaposés*. La preuve que la rumpia, aussi dite rhomphaea, ressemblait à l'angon, c'est qu'un poème du viii« siècle désigne encore ainsi le javelot d'un guerrier franc : cecidit vir fortis in proelio... cruentata romphea^.
Les Lusitaniens, parmi lesquels Strabon mentionne expressément une tribu de Cellici^, portaient, au dire de Diodore de Sicile', des javelots tout
Horatia une première fois à l'article pila, se, uue seconde fois à rarticle pilum, i, avec la traduction : Die Wurfspiesse der Horatier. Cf. Jordan, Topographie der Stadl Rom, l. 1, 2, p. 395.
1. Les comnienlateurs se sont imaginé qu'il s'agissait de roues de chars, tropiiées des victoires des Coralles : Forsan igilur rotas curribiis exemptas pro signis Scylhae habuerunt (éd. Lemaire). Cf. cependant la note de la même édition, t. II, p. 70.
2. Les éditions portent ferrata, qui ne donne qu'un sens forcé. L'épithète de serrata s'applique aux dentelures des soies hérissées sur le dos du sanglier comme les dents d'une scie. 11 faut de la bonne volonté pour interpréter ici avec Lemaire : Sues quibus pro setis aculeos ferreos addiderant; cependant Ovide compare les soies hérissées d'un sanglier à des liastilia {Mclamorph., VI 11, 28fi).