‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 15 sur 140 · Justiu, XX, -j · texte numérisé non relu

Justiu, XX, -j

10 LKS CKLTES ET LES GAULOIS

Décrivant les côtes orientales de l'Italie, le géographe grec s'exprime ainsi ' :

« Après les Tyrrhéniens vient la nation des Celtes, restes de l'invasion. Ils occupent une bande (Hroile de terrain jusqu'à Adria. Après les Celtes viennent les Vénètes chez lesquels coule l'Éfidaa. Puis on trouve les Istriens et le lleuve Ister '• »

Les Celtes « restes de l'invasion » sont un trait de lumière au sein de l'obscurité des faits relatifs aux Gauiois du iv*" siècle. Rapprochée de la phrase de Justin, ou plutôt de Trogue Pompée, qui nous montre les Celtes, peu de temps après l'incendie de Rome, campés dans l'Italie centrale sur les derrières des Romains, cette mention rapide prend une importance particulière.

Vers la même époque (3S0), l'historien Théopompe a l'occasion de parler des Celtes en racontant des événements qui se produisirent en Illyrie'.

« Les Celtes, connaissant l'intempérance des Illyriens, firent dresser dans leur camp des tables couvertes de mets, dans lesquels ils répandirent une herbe vénéneuse qui produit un effet violent sur les entrailles. Grâce à ce stratagème, les uns furent surpris et tués par les Celtes, les autres se jetèrent dans les rivières voisines, parce qu'ils ne pouvaient supporter les coliques dont ils étaient atteints. »

Il est aussi question des Celtes établis sur l'Adriatique dans un passage de Y Expédition dWlcxandre d'Arrien, passage qui remonte certainement à un des historiens du conquérant macédonien qui écrivirent au iv° siècle *:

« Là [chez les Gètes] des députés vinrent trouver Alexandre de la part des autres nations indépendantes qui habitent les bords de l'istros et de

1. Scylax, Periplus, c. xviii, dans les Geoyraphi minores Ae Didot, t.L p. 25.

2.M£Tà ù£ Tupp-fjvoûi; état KîXto'i eOvoç, àTtoXstçOévTs; Trjç cTpatîta;, STt't cttevcov fi.é-/pi 'A8p!oy... Ms-cà 6à KeXiroù; 'Evexoi eîo-iv sOvo; xa\ TtOTaf^'o; 'JlpiSavôç èv aCiTOïç. Mexà ôs 'EvïtoÛç e'tcrtv eOvoç "laxpot xai 7iOTa|xô; "Icr-rpo;.

3. Théopompe, fr. 41, dans les Fra(im. hislonc. graec. de Didot, t. I, p. 284.

4. Arrieii, Exped. Ale.r., T, iv, 6 ; Cougny, Extraits des auteurs grecs concernant la Gaule, t. lU, p. 'MO.

la part de Syrmos, roi des Triballes, Il en vint aussi de chez les Celtea établis sur le golfe dlonie \ Les Celtes sont de grande taille et ils ont d'eux-mêmes une haute opinion. Tous venaient, à ce qu'ils disaient, avec le désir d'obtenir l'amitié d'Alexandre. Atous Alexandre donna des gages et il en reçut d'eux. Puis il demanda aux Celles ce qu'ils redoutaient le plus au monde, espérant bien que son grand nom avait pénétré dans le pays des Celles et [)lus loin encore et qu'ils allaient lui dire que c'était lui qu'ils redoutaient le plus. Mais la réponse des Celtes fut tout autre qu'il ne l'espérait. Établis loin d'Alexandre, habitant des contrées d'un accès dilfîcile et voyant Alexandre prêt à s'élancer vers d'autres régions, ils ne redoutaient rien, lui dirent-ils, que de voir le ciel tomber sur eux. 11 les appela ses amis, puis les congédia, en ajoutant seulement que les Celtes étaient de grands hâbleurs. »

Il faut citer le passage où Strabon raconte la môme entrevue : la concordance des deux narrations est telle qu'on en reconnaît aisément la source commune. Suivant Strabon, ce serait l'histoire d'Alexandre écrite par un de ses compagnons d'armes, Ptolémée fils de Lagus, qu'Arrien cite, à côté d'Aristobule, comme la principale autorité de son récit'.

Strabon, YII, m, 8 ":

« Durant la même expédition [au delà du Danube], Ptolémée fils de Lagus raconte qu'Alexandre reçut une députation des Celtes de l'Adriatique *, chargée de conclure avec lui un pacte d'alliance et d'amitié. Il fit à ces barbares le plus cordial accueil, et, dans la chaleur du festin, se prit à leur demander ce qu'ils redoutaient ]c plus au monde, croyant bien qu'ils allaient prononcer son nom ; mais leur réponse fut qu'ils ne redoutaient rien que de voir le ciel tomber sur eux; que, du reste, ils attachaient le plus haut prix à l'amitié d'un homme tel que lui. »

La Porte du Theil, qui a publié, de concert avec Gail, une traduction de Strabon, fait suivre ce passage d'une note sur laquelle nous appelons l'attention : « (.'étaient, dit-il, des Carnes ou des Japyges, qui, ayant suivi Sigovèse sous le règne de Tarquin l'Ancien, avaient ensuite fixé leur demeure près de l'Adriatique. » C'est ainsi que les erreurs se propagent sous le couvert de savants justement estimés. Où la Porte du Tlicil

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