‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 27 sur 140 · Fragmenta hisloric. graec, t. III, p · texte numérisé non relu

Fragmenta hisloric. graec, t. III, p

La limite de la Gaule, en l'an 113 avant notre ère, époque où écrivait Sempronius Ascllio, n'était donc pas celle qu'indique César. Nous avons le droit de supposer qu'elle était autre au iv' siècle, sans parler, à plus forte raison, du vl^

Concluons. L'invasion du iv^ siècle est seule historique. Les Gaulois (Galates) étaient alors, pour les Etrusques comme pour les Romains, des hommes nouveaux [imisitato atque inaudito honte ah Oceano terrarimique ultimis oris helhmi dente, V, 37). Aucun texte incontesté ne nous donne le droit de porter une quelconque des nationes mentionnées par César sur une carte de la Gaule au vi° siècle. Nous maintenons donc en blanc, pour cette époque, la Celtique de César',

Avec Polybe (203-123 av. J.-C), nous arrivons sur un terrain plus solide. Ce ne sont plus des indications vagues ou fragmentaires, mais des renseignements précis, abondants, recueillis par un observateur digne de toute confiance, par le plus grand historien de l'antiquité après Thucydide. Malheureusement, pour Polybe encore, l'intérieur de la Gaule, de notre Gaule, est une terra incognita. Mais ce qu'il nous dit des Celtes avec lesquels il a été en contact en Italie n'en est pas moins du plus grand intérêt pour nous. Les chapitres xiv et XV du second livre de son Histoire ne sauraient être médités avec trop de soin.

De cette étude il ressort clairement, à nos yeux : 1° Que les Celtes de la Haute-Italie n'y sont point venus de notre Gaule, de la Gaule de César, mais de la valléo du Da-

1. Le silence d'historiens aussi graves que Polybe, César, Strahon, Pliitarque, au sujet de la traditon recnoilllo par Titc-Live, sufliiviit, eu dehors des considérations qui précèdent, à justifier notre réserve. Voir I.a (Inule avanl les Gaulois, 2*^ éd., p. 252 bis.

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nube, et, plus particulièrement, des contrées qui touchent au versant septentrional des Alpes Juliennes, du Noricum.

2" Que ces populations se divisaient primitivement en Celles eisalpins et Celtes transalpins, c'est-à-dire en Celtes du midi et Celtes du nord des Alpes. Au m^ siècle^ ces derniers étaient déjà désignés plus particulièrement par Polybe sous le nom de Galates.

3" Que les Celtes cisalpins qui, dès une époque reculée, bien avant le iv' siècle, peuplaient les grandes plaines de la Lombardie actuelle, des Alpes aux rives du Pô, étaient, en majorité, une population agricole et sédentaire, vivant dans la plus grande abondance et dans un état de civilisation sans aucun doute très supérieur à celui que l'on peut entrevoir en Gaule à la même époque.

4° Que les Galates, au contraire, les Transalpins, bien que frères des premiers, montagnards encore à demi nomades, pasteurs et guerriers en majorité, toujours prêts à courir les hasards d'une expédition, armés, dès le iv'^ siècle, de l'épéede fer, du javelot à pointe de fer et du bouclier, vivaient sous le régime d'une sorte d'aristocratie militaire, aussi fière que besogneuse, comme il en existait encore, il y a moins d'un demisiècle, dans le Caucase.

L'histoire nous montre les Galates descendant loul à coup des Alpes en 395, pour marcher à la conquête des contrées où dominaient alors les Étrusques. Mais ils devaient être, ainsi que les Cisalpins, constitués en corps de nation bien avant cette époque et l'expédition qui aboutit, en 390, à la prise de Rome n'était sans doute pas la première'.

Abordons le récit de Polybe dont tous les termes sont à méditer. Nous sommes en 223 avant J.-C. Les Romains se sont décidés à attaquer les Celtes cisalpins. Avant d'engager la lui te contre Annibal, ils veulent se débarrasser de ces ennemis toujours menaçants. Polybe croit devoir nous en faire le tableau-.

i. Cf. Tite-Livc, V, 33, et plus haut, p. 25.

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