Polybe, m, xxivii
comme conséquence nécessaire, la substitution d'une population à une autre. Des textes très précis témoig-nent de la fusion, en ces contrées, des Celtes et des Ibères, des Celtes et des Ligures (Lig-yens). Dans le centre et dans le nord de la Gaule, une fusion analogue dut se produire ; nous ignorons seulement le nom de la race ou des peuples parmi lesquels les Celtes conquérants vinrent s'établir. La couche primitive, ou, du moins, la couche pré-celtique, continua à former le fond de la population sous l'hégémonie des Celtes, après l'asservissement plus ou moins complet des indigènes'. Le nom des Celtes conquérants ne prévalut que peu à peu; mais, une fois qu'il se fut introduit dans l'usage, on oublia les éléments non celtiques dont une grande partie de la population de la Gaule se composait.
L'anthropologie paraît confirmer, par ses recherches les plus récentes, les conclusions auxquelles nous sommes arrivés. Le beau travail du D"" Collignon sur l'indice céphalique des populations actuelles de la France^ nous montre des Pyrénées aux Alpes, au-dessous des Cévennes.une série de métis provenant du mélange de souches très diverses. Les dolichocéphales bruns, à petite taille, distincts des dolichocéphales blonds à haute stature de nos départements de l'est et du nord-est aussi bien que des petits brachycéphales bruns du centre et du nord-ouest, sont une preuve de ce mélange de races où les Celtes, les Ibères et les Ligures ont été les principaux éléments en contact. Cette dualité du type physique dans la France actuelle est un des indices les plus frappants de la conquête celtique et de la persistance du fonds plus ancien qu'elle n'a pas, ou qu'elle a très inégalement entamé. Rogel de Bel-
1. riebs paene scrvorum habetur loco (César, Bell. fialL, VI, 13).