‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 37 sur 140 · Voir La Gaule avant les Gaulois, 2» éd.; p · texte numérisé non relu

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DANS LES VALLÉES DL l'Ô ET DE DAM lîE 41

loguet paraît avoir vu 1res clair sur cette question '; les .^§ o et 6 de ses conclusions sont très explicites :

« Nous concluons que deux types d'une constitution pliysique aussi différente [que les grands blonds et les petits bi'unsl, ne pouvant être sortis d'une même souche, il est taux que les hommes à tête ronde qu'on a nommés abusivement les Galls aient jamais fait partie, elhnologiquement parlant, de la l'amille celtique, repn'sentêe par ceux auxquels on a donné le nom erroné de Kimrys-.

« Que le même type gaulois |des grands dolichocéphales blonds |, dont la dégénération se montre déjà en Gaule au temps de César, ayant été presque entièrement absorbé par la race biune dans la plus grande partie du pays et n'existant plus dans certaines provinces du continent ou des îles Britanniques qu'à un degré d'abâtardissement plus ou moins prononcé, (/ en résulte que les Celtes ne formèrent jamais en Gaule qu'une minorilé dans la population de toutes ces contrées; ([u'ils n'en furent, par conséquent, pas les premiers habitants, mais, comme l'indiquent leurs propres traditions conformes à plusieurs données historiques, des conquérants dont la race tinit par se perdre, sauf quelques exceptions locales, dans la masse beaucoup plus nombreuse des vaincus. »

Ces vues, toutes nouvelles à l'époque où elles furent exposées, font le plus grand honneur à la sagacité de Roget de Belloguet. Ce n'est pas sans raison que l'Académie des inscriptions et belles-lettres, sur un rapport fortement motivé d'Alfred Maury, lui décerna en 1869 le grand prix Gobert.

Après plus d'un demi-siècle de recherches assidues, d'études des textes et de profondes méditations, Rogct de Belloguet en était arrive, en dehors des données archéologiques dont on méconnaissait alors l'importance, à des conclusions voisines de celles que l'archéologie nous suggère. Il y a donc quelque vraisemblance pour que nous soyons dans la bonne voie. Non seulement les Celtes n'ont jamais formé la majorité de la population de la Gaule, mais ils y étaient, dans une certaine mesure, des lard-venus. Sur la rive gauche du Rhin, ils nous paraissent toujours mêlés à des populalipns idiis anciennes. Quand ils se détachent sur ce fond encore impossible à

1. Rogct de Belloguet, Klhnorjiinic i/auluise, t. il, p. ."iO!).

2. Cette protestatiou ouergiciue, et d'ailleiu-s paifailciiient jiistidée, vise les doctrines d'Amédée Thierry.

analyser, en Allobrogie, en Belgique, c'est à litre de Galates et à une époque assez voisine de la conquête romaine.

Une autre conclusion paraît se dégager de l'étude comparée des textes et des documents archéologiques.

Jusqu'à une époque voisine de la conquête romaine, la civilisation celtique, dans la Gaule propre, nous reste à peu près inconnue. En revanche, plusieurs siècles auparavant^ nous constatons l'existence de civilisations développées dans la plupart des vallées des iVlpes, en particulier celles des Alpes Noriques, dans la Cisalpine cispadane et transpadane, dans une partie de rOmbrie. Ces civilisations peuvent être, croyons-nous, rapportées aux Celtes de l'est et du sud-est. Nous les y trouvons dans les conditions sociales les plus diverses, ici dominant en maîtres(sur le Danube), là soumis pendant plusieurs siècles à une domination étrangère (celles des Étrusques), ailleurs organisés en clans armés vivant de mercenariat et de rapines, ayant laissé partout dans le sol des traces profondes de leur séjour.

Passons donc les Alpes. Nous remonterons ensuite vers le Danube.

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