LA GAULE CISALPINE
En Italie, au pied des Alpes, dans les plaines magnifiques où, suivant l'expression de Polybe, vivait « une immense population, à la taille élevée, à l'audace guerrière », nous sommes — le grand historien nous le dit — en plein pays celtique. De l'ensemble de son récit ressort très nettement qu'à ses yeux, au m" siècle dont il raconte les événements, nous sommes là uniquement en présence de Celles, KzXizl, à une exception près relative aux Vénètes. Pour Polybe, les belles et riches populations des plaines septentrionales de la péninsule étaient, nominalement du moins, celtiques, au même litre que les populations des vallées du versant nord des Alpes.
Ces populations, qu'Annibal soulevait contre Rome deux cent vingt ans avant notre ère, étaient-elles de nouvelles venues dans le pays ? Devons-nous y voir les successeurs des bandes armées qui, d'après le même Polybe, descendues inopinément des Alpes vers l'an 400, avaient enlevé aux Etrusques ces belles et fertiles contrées?
Reprenons le récit de Polybe'. L'historien grec ne tranche pas la question; il ne la soulève même pas, mais il nous dit deux choses à retenir :
1" Que les Tyrrhéniens (fait attesté par bien d'autres témoignages) avaient, avant l'invasion gauloise du commencement du iv*" siècle, dominé le pays pendant environ trois cents ans;