Polybe, 11, XVII
M. Edouard Brizio, ]e savant professeur d'archéolog-ie de Bolog-ne, dans un récent travail sur les tombes et nécropoles gauloises dans le Bolonais, arrive à des conclusions analogues aux nôtres. Nous traduisons :
« Les textes historiques attestent qu'après avoir mis au pillage ritalie centrale et s'être trouvés en lutte avec les principaux peuples établis alors dans la péninsule, Ombriens, Étrusques, Romains, Campaniens, Grecs, après avoir remporté des victoires éclatantes et éprouvé de terribles revers, les (Jaulois, toujours nomades, toujours vagabonds, toujours batailleurs, commencèrent à se mettre à la solde des Carthaginois, des Samnites et des Étrusques contre lesquels ils avaient d'abord combattu. Ils errèrent longtemps à travers l'Italie sans trouver une demeure fixe. Le Périple dit de Scylax, remanié entre 338 et 335 avant J.-C, assigne aux (îaulois, restes de la grande expédition celtique, la seule partie du littoral comprise entre Spina cl Adria, zone étroite qui semble correspondre à la Silva litana, mentionnée par des écrivains postérieurs et près de laquelle les Gaulois infligèrent et subirent de grandes défaites. Il est certain qu'en 20.) encore avant J.-C, ils n'avaient pu obtenir des Étrusques un territoire propre, non tam quia iinminui (igruin, quamquia accolas sibi quisque adjunq<?re tam eff'erafac gentil hommes horrebat (Tite-Live, X, 10). »
Si nous n'avions pour nous guider que les traces matérielles laissées en Cisalpine par les Gaulois de fhistoù^e, laconclusion logique serait qu'il n'y a point eu de conquête gauloise en Italie, point de conquête sérieuse, du moins, comme celle de la Gaule parles Romains et plus tard par les Francs. «Avant 1878, écrivait en 1886 le professeur Castelfranco', on ne connaissait aucune sépulture gauloise en Italie; on les déclarait introuvables. » Mais si les Gaulois de l'invasion historique sont difficiles à saisir, faut-il avouer notre impuissance à retrouver les traces des Celtes dans la péninsule? Cet aveu, qui serait humiliant pour larchéologie, ne s'impose heureusement pas à la science.
Les nécropoles pré-galatiques sont très nombreuses dans toute l'étendue de la Cisalpine (Cispadane et Transpadane). Plusieurs de ces nécropoles remontent aux environs de l'an 1000. Il s'agit de savoir si la plupart ne sont pas celtiques. A part les sépultures étrusques à chambres, tombe a
I. Poinpeo Castelfranco, Lifjiiri-Galli c (Idlli-llomani, Parme, 1886.
camere, sur le caractère desquelles il n'y a pas de doute possible, on peut dire que toutes les autres nécropoles resluul indéterminées, en présence du grand nombre et de la diversité des désignalions que l'on a proposées pour elles. Ces mêmes sépultures primitives sont attribuées par les uns aux Etrusques, aussi bien que les tombn a camere, par d'autres aux Pélasges, ou aux Italiotes, ou aux Ombriens, ou encore aux Ligures ou aux Illyriens, par quelques archéologues enfin aux Celles, chaque opinion ayant ou ayant eu pour répondants des savants de grand mérite, qui ont étudié les antiquités sur le terrain même.
Quelques-unes de ces nécropoles, comme nous l'avons dit, sont celtiques aux yeux mêmes des archéologues italiens'. C'est de cette série que nous devons parler d'abord.