‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 42 sur 140 · Polybe, II, XVII · texte numérisé non relu

Polybe, II, XVII

3» Cours de .M. Bertrand à l"Écule du Louvre.

Après l'expulsion des Étrusques, la domination passe à des clans celles ou galales. Les Laens, les Lébéciens, les ('.énomans s'établissent sur le territoire libéré, sans rencontrer, à ce qu'il semble, aucune résistance de la part des populations non étrusques. Dans leurs expéditionssurClusiumelsurHome, comme dans les campag^nes suivantes, ils n"ont aucun besoin de se prémunir contre le mauvais vouloir des vaincus. L'hostilité des seuls Vénètes les inquiète, parce que les Vénèles, en effet, ne sontpas des Celtes.

Sous quel aspect Polybe nous rcprésente-t-il les envahisseurs gaulois du iv" siècle? Il nous les montre campés plutôt que fortement établis en Cisalpine; ils semblent n'avoir pas encore pris racine dans le pays.

« Ils vivent dispersés dans des villages sans murailles'. Les mille choses qui font le bien-être de la vie leur sont inconnues. Ils n'ont d'aulre lit que le foin ou la paille, ne mangent que de la chair, mènent, on un mot, la vie la plus simple. Étrangers à tout ce qui n'est pas la guerre ou le pâturage, toute science leur est inconnue. Leur richesse consiste seulement en or et en troupeaux, les seules choses qu'ils puissent, en toute circonstance, emporter avec eiix et déplacer à leur gré. »

Peut-on dire plus expressémentqu'ilsn'étaientquecampésen Cisalpine, à peu près comme les Francs en Gaule au début de la conquête? Polybe ne les disting-ue-t-il pas ainsi expressément du fond de la population qui sème le blé, cultive la vigne, élève des porcs pour l'exportation et vit de cette vie plantureuse qui fait l'admiration de l'historien? Les documents archéologiques nous montrent de plus que ces vieilles populations, qui avaient été pendant plusieurs siècles à l'école des Étrusques, n'étaient pas étrangères aux délicatesses de l'art.

En présence de ces faits, faut-il s'étonner que ces bandes armées dont le séjour intermittent dans ce pays a duré deux cents ans à peine, y aient laissé si peu de traces matérielles de leur passage, ou plutôt de leur domination? Ces observations s'appliquent aussi bien à la Cispadane qu'à la Transpadane, aux Cénomans et aux Sénons qu'aux Boiens.

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