Orsi, Un sepolcrelo di Vadena, p
retranchés de cet ensemble dont les Vénèles, probablement illyriens, sont seuls exclus. Nous avons dit qu'à nos yeux les Rhëtes, comme la majorité des autres populations alpestres, rentraient non dans le groupe étrusque, mais dans le groupe celto-ombrien.
Lorsqu'on rattache aux Celtes primitifs le peuple des lUiëtes, ou qu'on affirme leur parenté avec les Ombriens, il faut bien s'entendre sur le sens du mot de « Celtes ». D'abord, rien ne prouve qu'antérieurement au vm*^ siècle les Celtes eussent conquis la Gaule de César. En second lieu, le nom collectif de la race n'existait peut-être pas à cette époque. La race celtique, comme celle des Thraces, aime à se morceler en un grand nombre de clans portant chacun un nom particulier. Oii était, au viif sièclC;, le clan qui devait illustrer le nom de Celtael Une des nombreuses tribus qui s'échelonnaient le long du Danube^ des Alpes aux Balkans, pouvait déjà porter ce nom, mais il était encore obscur. Le fait signalé parles archéologues italiens, sur lequel ils insistent depuis quelques années avec tant de raison, à savoir l'uniformité de la civilisation primitive en Italie, des Alpes aux Apennins, des Apennins à la Campanie, embrassant les contrées oii, dès l'aube de l'histoire, se détachent des groupes aussi distincts, politiquement, que les Insubres, les Euganéens, les Ombriens, les Etrusques, les Sabins, — cette uniformité se retrouve, non moins accentuée, des Alpes aux Balkans.
Si M. Helbig se croit le droit de donner à l'ensemble de ces populations primitives de l'Italie le nom de Proto-Etrusques, Conestabile celui d'Antico-Italici, ne nous est-il pas permis d'appeler Proto-Celtes le groupe septentrional, danuhio-alpestre ? La civilisation primitive de ce groupe, par son homogénéité, par l'analogie de ses caractères principaux, forme le pendant des civilisations proto-ombrienne, proto-étrusque du versant méridional des Alpes. Si, sur le Danube, nous ne trouvons pas, au début, les Celtes proprement dits, nous y reconnaissons du moins la matière dont les Celtes sont pétris.
Il n'est pas inutile de rappeler ici combien les groupes
dannhio-alpestres et italiques diffèrent des tribus pré-celtiques de la Gaule césarienne. En Gaule, nous avons reconnu ' une civilisation néolithique et mégalithique très développée, dénotant une organisation sociale très puissante, très résistante, ayant traversé le premier âge des métaux presque sans se transformer et conservé ses caractères jusqu'au delà du vi'' siècle. Sur le Danube, dans les Alpes et en Italie, la civilisation mégalithique fait complètement défaut ; en revanche, nous trouvons une civilisation du premier âge du fer, civilisation trèsintense, très caractérisée, qui remonte au xii« ou au xui*' siècle avant notre ère, faisant suite à une très courte période où le cuivre et le bronze étaient seuls connus. Cette civilisation, en outre, a de bonne heure subi le contact et l'influence de l'Orient^ alors que la Gaule, hormis quelques points du littoral, n'a jamais connu cette influence.
Après cette longue digression, revenons aux incinérés de Golasecca, que nous rattachons, sous les réserves précédemment indiquées, à la grande famille des tribus celtiques.