Ibid., pi. XX.XI
à 1892'. Ou trouvera dans l'appendice de ce volume quelquesunes de ces notes prises sur place, où se reflètent nettement les impressions spontanées que nous voudrions pouvoir faire partager à nos lecteurs.
Les fouilles poursuivies, dans ces dernières années, avec un merveilleux succès, par MM. Deschmann et de Hochstetter autour de Laybach, sont la plus éclatante justification de ces impressions successives. Les explorateurs des nécropoles de Watscli et de Sanct-Margarethen ont, en effet, mis au jour une série d'antiquités, déposées aujourd'hui aux Musées de Laybach et de Vienne, qui permettent de se faire une idée, suffisamment précise et non plus seulement conjecturale, des mœurs et coutumes de CCS populations. Par une fortune inespérée, au mobilier funéraire très riche de ces sépultures, si éloquentes déjà par elles-mêmes, est venue s'ajouter, comme contrôle, une série de représentations figurées qui vérifient les tableaux reconstitués par l'imagination des archéolog-ues. Nous voulons parler des nombreux vases de bronze [sitides] et des plaques de ceinturon 011 sont g'ravées, au repoussé, des scènes militaires, civiles, religieuses, dont le réalisme ne saurait être contesté. Cet ensemble est pour nous comme l'album d'un contemporain des personnag-es ensevelis.
L'intérêt qui s'attache à ces scènes gravées sur métal, silules et ceintures de bronze, est d'autant plus grand qu'elles se retrouvent, avec le même caractère et les mêmes détails, sur plusieurs autres points de la province celtique primitive, notamment sur l'Inn, à Matrai près d'Inspruck, à Este sur l'Adigeiet à Bologne, comme àWatsch et à Sanct-Margarethen, en Carniole.
Nous ignorons encore le centre de fabrication de ces cistes et de ces ceintures, mais deux assertions paraissent, dès à présent, permises à leur sujet. La première, c'est que le travail de chaudronnerie au repoussé, analogue à celui de nos
1. Carnets <lê notes médites de M. A).cx. Bertrand (1873, 1874, 1876, 1883, 1888, 1890 et 1892). Voir V Annexe A.
plaques de ceinturon (voir p. 90, 91), était une vieille tradition conservée dans certaines corporalionset certaines familles, on pourrait presque dire une tradition homérique; la seconde, c'est que l'art qu'elles représentent est un art réaliste, qui cherche ses motifs dans des scènes vues et non imaginées à plaisir.
On connaît aujourd'hui une vingtaine de monuments de cette catégorie. Tous, sans exception, ont été découverts sur la
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Fig. 53. — Fragment de situle de Klein-Glelu.
grande voie de migration danu/)io-alpestre qui, des Balkans, aboutit à l'Apennin, en passant soit par Aquilée ' sur le golfe Adriatique, soit par le Brenner (Alpes Rhétiques).
Nous énumérons d'abord les situles et couvercles de situles.
1. Strabon (Y, i, 8) parle du couuuerce d'Aquilée avec les Illyriens dca bords du Danube, qui viennent y chercher l'huile et le vin et livrent eu échange des esclaves, du bétail et des cuirs. « Aquilée est hors de la limite de la Vénélic, laquelle est formée de ce côté par une rivière qui descend des Alpes et que l'on peut remouter jusqu'à la ville de Noreia, à une distance de 1,200 stades de son embouchure. C'est près de Noreia que Cu. Carbon livra bataille aux Cimbres sans réussir à les arrêter. Près de là aussi, et dans des conditions très favorables à l'exploilaliou, se trouviml des lavages d'or, ainsi que des mines de fer. » L'exploitation de ces mines n'iuoMtc sans doute à une période bien antérieure à celle de Strabon.
autant que possible daus l'ordre où elles ont élé découvertes :
KI<jin-r,lein.(Styrie)',fragnientde siluleavec deux couvercles. I8'(4(?)
Malrai (Tvrol) ' 1845
Trezzo (Milanais)' 1846
Moritzing (Tyrol)* 1868
Ilallslalt (Norique)=. Couvercle de seau 1866
Sesto Calende (Milanais)» 1867
La Certosa de Bologne (ciste Zannonij- 1876
La Certosa (ciste ^?"noa/di)» )
Este (grande ciste Benvenuti)'' / 1879-
Este (ciste Capodaglio)'" • l 1880
Este (cistes Boldu-Dolfin)" )
Watsch (Garniole)" 1882
Sancl-Marein(Carniole)" 1883
Caporelto (Istrie)'* 1886
Kuffarn (Styrie)" . 1891
En dehors de ces cistes ou situles, il existe des ceintures en bronze avec représentations figurées d'un travail de chaudron-
1. Matériaux, t. XVIH, p. 307, fig. 182; Much, Allas, pi. XLIl, (îg. 2 et 3.
2. Revue arc/iéoL, 1883, II, pi. XXIII, 3; Much, Alias der Cenlralcomm., pi. LIY, n» 127, flg. 4.
3. Zannoui, Scavi, pi. XXXV, fig. 67, p. 138 (publiée d'abord par Caïui, Bull. dell. Consull. archeoL, Milan, 1877).
4. Monumenli dell' Instit., 1874, vol. X, pi. VI ; Annali, 1874, p. 164 ; Much, pi. LXVIII, 155. F. vou Wieser a prouvé en 1891 (cf. Millheilungen de Vienne, 1891, p. 84) que les débris que ftl. Conze attribuait à un seul vase appartiennent en réalité à quatre objets distincts. La ciste et le vase à grosse pause portaient seuls des figures.