‹ Nos origines (volume 2)Chapitre 98 sur 140 · I. \olizli- ilrt/li Siyirl. 18S2, pi. Il · texte numérisé non relu

I. \olizli- ilrt/li Siyirl. 18S2, pi. Il

2° Une couche où, à côté de sépultures à caractères romains, se trouvent des inscriptions en lettres romaines et d'autres en lettres euganéennes; on y rencontre de rares ensevelissements, parmi lesquels des squelettes avec glaive de for typique^ dont il est impossible de méconnaître l'origine gauloise. Ces sépultures, les seules qui soient à inhumation, les seules où se rencontrent des armes, sont situées au-dessous de la couche romaine, dans une couche qui n'est ni étrusque ni euganéenne. Nous proposons d'y reconnaître des tombes gauloises.

3° Sépultures renfermant des vases grecs à peintures noires sur fond rouge, déposés dans des tombes à incinération. A partir de cette troisième couche jusqu'aux rares sépultures do l'âge de la pierre, toutes les sépultures d'P]ste, comme celles des séries parallèles à Bologne, sont à incinération. Les vases en terre, qui ne sont pas de fabrication ou d'inspiration grecques, présentent des formes élégantes; ils sont coquettement décorés de clous de bronze. Les fibules, de forme variée et d'une grande légèreté, appartiennent surtout aux deux types à\\sserpenti forme et en barque. De nombreuses plaques de ceinturon en bronze sont couvertes de dessins exécutés soit au repoussé, soit à la pointe (voir fig. 80, p. 121). Enfin, des situles de bronze du plus beau travail, qui, en 1882, étaient déjà au nombre de huit, achèvent de donner une haute idée de la civilisation des Euganéens à cette époque et des rapports intimes existant entre cette civilisation et celle des Hellènes, d'une part, de Ilallstatt, de l'autre. Évidemment, ces sépultures sont contemporaines de celles qui, à Bologne, sont caractérisées par la présence des mêmes vases grecs.

4° et 5" La quatrième et la cinquième couche, toujours à incinération, répondent aux débuts de la brillante civilisation que nous avons vue s'épanouir dans la couche précédente. Nous sommes déjà, toutefois, au premier âge du fer. Ces deux couches reposent sur un lit de marne, qui forme le terrain naturel; les couches supérieures appartiennent toutes au terrain d'alluvion.

Quand Jes populations de la cinquième couche sont arrivées dans le pays, les indigènes en étaient encore à l'âge de la pierre. Des squelettes ensevelis dans la marne, près desquels étaient déposés des instruments en pierre polie, sont l'indice d'une civilisation toute rudimentaire [la période lithique de M. Prosdocimi). Voici les noms qu'il aproposés pour les étages supérieurs à la période lilhique :

Epoque euganéenne. Première période.

Époque euganéenne. Deuxième période.

Epoque euganéo-élrm^que . Troisième période. Epoque eugn néo-romaine. Quatrième période. Epoque romaine. Cinquième période.

M. Prosdocimi passe ainsi sous silence la période gauloise qui, suivant lui, n'aurait laissé aucune trace dans le pays. Nous avons vu que l'on peut en découvrir des vestiges dans la deuxième couche à partir du sommet.

En résumé, des faits observés à Este, il résulte que sur le territoire euganéen (le Padouan actuel) l'âge de la pierre a été brusquement remplacé par une civilisation caractérisée non seulement par la connaissance du bronze et du fer, mnis par l'introduction du rite de la crémation. En même temps paraissent sur les vases des symboles, comme la croix gammée, qui nous transportent en imagination loin de l'Italie. Cette civilisation envahit brusquement la contrée et s'y développe, à partir d'une époque difficile à déterminer avec exactitude, mais qui ne peut être postérieure au x^ siècle avant notre ère. Elle s'épanouit du vu" à la fin du v" siècle au contact dos civilisations hellénique et étrusque. Au iv^' siècle, sous l'influence des invasions galatiques suivies de la couciuèle romaine, elle dégénère, se dissout, pour ainsi dire, et aboutit finalement à cette civilisation uniforme que nous qualifions en Gaule de gallo-romaine, mais qu'il faudrait plutôt appeler romaine tout court.

Une remarque d'une portée historique au moins égale aux précédentes est la constatation de la persistance des formes, des procédés industriels, des principau.x motifs d'ornemeii-

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talion, eniin du même rite funéraire, sur le territoire d'Alesle, depuis l'époque de la première introduction des métaux sur les bords de Pô jusqu'à la conquête romaine, ou, pour mieux dire, jusqu'aux invasions gauloises du iv" et du me siècle qui ont jele partout la perturbation dans la Haute-Italie.

Durant cette longue période de sept ou huit cents ans, ni les invasions des tribus celtiques primitives (si tant est qu'il y ait eu des invasions), ni la conquête étrusque, ni même, au début, la conquête gauloise, n'ont troublé le développement normal des germes apportés du dehors à une époque inconnue et que la domination romaine a pu seule parvenir à dessécher sous l'uniformité d'une nouvelle civilisation.

A Este, il est vrai, nous sommes sur un terrain spécial, en pays euganéen, où nos conclusions ne peuvent être formulées sans quelque réserve; mais toute hésitation disparaît à Bologne, l'antique Felsina, le centre le plus brillant de la. civilisation ombrienne. Les nécropoles de Felsina ne sont pas des nécropoles isolées, sans ramifications, comme les sépultures euganéennes : elles font partie d'un ensemble imposant qui autorise les généralisations et les vérifie. Une des nécropoles de ce groupe, celle de Villanova, a même donné son nom à l'ensemble de la civilisation qu'elles représentent et l'on dit civilisation villmiovicnne , bien que le terme de civilisation ombrienne soit peut-être destiné à prévaloir.

La découverte de la nécropole de Villanova remonte déjà à une quarantaine d^années. Depuis, on a signalé de nombreux groupes de sépultures analogues dans un cercle délimité par Castel San Pieiro à l'est, Barzano à l'ouest, La Panetla au sud, et dont Bologne est le centre. Au nord, cette région confine à celle des terramares, dont le caractère est bien différent.

Voici la nomenclature de ces nécropoles :

Vallée de rUccellclo : Prunaro.

Vallée de la Sav(!na : Villanova, Settc Fonte,

Vallée de la Zena : Zena.

Vallée du Reno : Porretta, Ganovclla, Marzabotlo, P.uiico,

Fig. 93. — Porte monumentale de Bologne (Kelï^ina), re«litu6e, avec la siè/e Malvasia ddus le lympdu '.

1. Cf. Gozzadiui, Di alciini sepolcri délia necropoli felsiued, p. JO.

IGC, LES C.KLTKS ET LES GALLOIS

Casllardcllelaguno, VillaComelli, Sasso, Ponlccchio, Moglio, Tessarello^ Ramonle.

Vallée de Lavino : CascinaBassi, Tomba.

Vallée delà Samoggia : Cività Selvatica. La lêlc de ce petit empire ombrien était bien Felsina. Une série nombreuse de sépultures du plus haut intérêt l'atteste. Ces sépultures, qui s'échelonnent en allant de l'ouest à l'est, de la tour des Asinelli (rue Majeure) à l'ouest, à la Certosa vers l'est, présentent le développement d'une vaste nécropole grandissant avec les siècles et s'avançant lentement et régulièrement du couchant à l'orient. Comme les couches d'Esté, cette nécropole nousofîre un chronomètre, horizontal cette fois, au lieu d'être vertical, mais non moins nettement caractérisé et précis.

Le premier groupe de tombes du type de Villanova que l'on ait découvert à Bologne fut signalé sous une maison de la rue Majeure, à quelque distance de la tour des Asinelli. Huit lombes y furent explorées avec soin par le comte Malvasia, qui leur donna son nom. Le mobilier funéraire était, dans son ensemble, identique à celui de Villanova. Une stèle sculptée qu'on y a découverte, sur la limite môme de la nécropole du côté de la ville, mérite surtout d'arrêter notre attention. Cette stèle Malvasia, sculptée dans un relief très plat et dans le style le plus archaïque (fig. 93), représente deux quadrupèdes, dressés sur leurs jambes de derrière et reposant leurs jambes de devant sur les ailettes d'une colonne dont le fût les sépare. A l'aspect d'une gravure de ce monument, tous les archéologues penseront à la fameuse porte des Lions de Mycènes et aux façades de tombeaux phrygiens qui sont décorées suivant le même motif. Serions-nous, à Felsina, en présence des débris de l'une des portes de la ville primitive? Il est assez naturel de le supposer, bien qu'on ne puisse rien affirmer à ce sujet. Notre figure 93 offre une restitution de cette porte, telle qu'il est permis de la concevoir. Mais si la stèle Malvasia n'est pas le reste d'une entrée monumentale, s'il faut y voir une simple stèle funéraire, elle n'en présente pas moins un grand intérêt par son analogie avec la porte de Mycènes ; d'autant plus que

d'autres stèles découvorles dans la nécropole de la Certosa ressemblent beaucoup à celles que Schliemann a découvertes à Mycènes au-dessus des tombes royales. Non seulement le style de ces monuments est apparenté, mais les procédés de travail^ la forme môme et la décoration des stèles établissent entre elles d'incontestables rapports. Au point de vue chronologique, il y a cependant de graves difficultés. La stèle Malvasia, très grossière de travail, peut être à peu près contem-

Fig. 94.

Épée gauloise d'Introbbio ^

Fig. 95.

Épée gauloise des envirous de Bologue

poraine de la porte de Lions; les stèles de la Certosa sont, au contraire, incontestablement plus récentes que leurs congénères mycéniennes. 11 est tentant d'alléguer une « survivance », un style traditionnel; mais entre la date présumée des stèles de l'agora de Mycènes et celle des stèles de Felsina il y a un laps de temps considérable qui ne permet pas d'admettre

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