Voir Musée de Saint-Germain, salle V, vitrine
3. Revue archéologique, t. 111, p. 1, (1861), et Archéologie celtique el gauloise, 2<! édition, p. 217, Deux mors de cheval en bronze.
INTRODUCTION m<:S MKTALX EN IIAULE
bronzes, ainsi que leur perfection l'indique, remontent, au plus, aux vii= ou viu* siècles avant notre ère, époque où le fer, répandu déjà dans les îles delà Méditerranée ♦, était depuis de longs siècles d'usage commun en Orient, pourquoi le bronze se montrait-il presque seul sur les marchés de l'Europe centrale?
Fi''. 190. — Réallon.
Fier. 191. — Réallon.
Fig. 192. — Réallou.
Personne ne conteste, aujourd'hui, l'antiquité de l'art de la métallurgie. Sans parler du Tubal-Caïn de la Genèse, les fouilles exécutées en Egypte et en Chaldée en ont donné des
1. L'auteur de VOdyssce, I, vers 182-184 parle du commerce du fer.
Nûv 0 woî Ç'jv v^i'i xarr,),\jOov rfi' i-câpotfjcv nXewv im oî'vona ttôvtov ztz à).>.o6pôo'j; àv9pw7tO'j; e; TE|j.Éa-^v [is-i -/aXxov, ayw ô' at'Owva aioripov « Aujourd'hui, j'ai abordé ici avec mou vaisseau et mes compagnons, naviguant sur la sombre mer. .le me rends chez des hommes qui parlent une langue étrangère, à Témèse [Brindisil] pour chercher de l'airain ; j'y porte du fer non travaillé. » Cf. chant I, 204; IV, 293; IX, 391; XV, 329; XIX, 211, où le fer est encore mentionné. Ou ne peut donc prétendre qu'il y ait là interpolation, voir la note, annexe L).
preuves irréfutables. Je dis l'art de la métallurgie et non pas seulement l'art de travailler le bronze, parce qu'il est à peu près certain que l'art de travailler le for est en Orient presque aussi ancien que l'art de fabriquer le bronze. C'est, du moins, l'opinion très ferme de l'un des savants les plus versés dans la connaissance du haut Orient, M. Jules Oppert.S'ilfaut en croire le marbre de Paros, l'art de travailler le fer fut importé en Grèce 1481 ansavant noire ère. Les Hellènes apportaient ces précieux secrets d'Asie Mineure. Je parle d'un art secret et je m'explique. Une vérité peu connue^ mais démontrée aujourd'hui, est que la mélallurgie fut, en Asie Mineure, dans l'origine, une industrie liée à l'existence de certaines tribus ou associations semi-rehgieuses, semi-g-uerrières. Le siège primitif de ces corporations, après avoir été la Haule-Chaldée, s'était concentré dans des montag-nes de la Phrygie*. Ces métallurgistes étaient considérés comme des enchanteurs et des masriciens.
« Là (en Asie Mineure), les enchanteurs de Vida (l^bk ror,T£i; lo-Ao:), les Phrygiens, hommes montaynards, avaient fixé leur demeure; Celmis et le grand Damnaménée et l'irrésistible Acmon, serviteur industrieux de la montagnarde A drastée' qui les premiers trouvèrent, dans les forets montagneuses, avec l'aide de l'ingénieux Vulcain, le fer noir, le portèrent au feu et produisirent une œuvre digne d'éloge ^. »
Le scoliaste d'Apollonius de Rhodes nous dit que ces montagnards n'étaient autres que les Dactyles, d'origine barbare, probablement scythique, d'après Clément d'Alexandrie*. A côté des Dactyles idéens, se montrent les Cabires. Lorsque Rhéa lève l'armée de Bacchus, les premiers soldats qu'elle fait appeler sont les Cabires de Lemnos, habiles dans la forge".
i. Rossigool, Les métaux dans l'antiquité, p. 16. Cf. Strabou, X,p. 472, trad. Tardicu, t. II, p. 354 et Schol. Apoll. de Rliodcs, Argon., I, ver» 11:21).
2. Divinité locale, une de celles auxquelles Uhéaavait confié le jeuue Jupiter.
3. Vers tirés de la Plioronide, poème presque aussi ancien que les poèmes d'Hésiode.
4. Suivaut Aristote, l'inventeur de la mélallurgie était le Lydien Scythes. Cf. Pline, VII, 37.
5. Cf. Nonnus, Dionysiaques, XIV, 17, 19, et Rossignol, op. laud., p. 56. Le poème de Nonnus est une compilation dans laquelle sont entrés beaucoup de récits remontant à une haute antiquité.
INTKObUCriON DES MÉTAUX EN GAULE 227
Fils de Vulcain, lesCabires, comme les Telchines, avaient laissé des traces de leur passage en Plirygie, où une montagne de la Bérécynlhie ' portait leur nom. Aux (>abircs, il fanl ajoulcr les (>orybanles et les Curetés. Les Corybantes, d'après Slrabon, furent donnés à Uliéa par les Titans comme des serviteurs armés venus de la Bactriane, selon d'autres de la Colcbidc. Phérécyde dit qu'ils étaient fils d'Apollon. Les Curetés, suivant l'auteur de la Pi^oromofe, étaient Phrygiens. Diodore dit d'eux : » On raconte que les Curetés imaginèrent les épées et les casques et les danses armées, au moyen de quoi, faisant de grands bruits, ils trompèrent Saturne et lui dérobèrent les cris du jeune Jupiter. » Le rôle des Telchines est au moins aussi important. Métallurgistes et enchanteurs, ils avaient suivi Rhéa en Crète; leur origine étrangère était rappelée par la légende qui les fait fils de Neptune et de la nymphe Cabira. Nous les retrouvons à la fois en Phrygie, en Crète et à Chypre.
« Ces vieilles divinités, ces génies, pour mieux dire, représentent une même industrie symbolisée dans ses développements. Comme métallurges, les Dactyles, les Cabires, les Corybantes, les Curetés, les Telchines sont identiques; ils nous représentent sous leurs divers aspects les corporations religieuses primitives, qui, des montagnes de la Chaldée et de ta Phrygie, répandirent la métallurgie en Occident''. »
La métallurgie fut donc longtemps un art secret. Les premiers métallurgistes vivaient forcément dans la montagne, à demeure fixe, à proximité des mines qu'ils exploitaient, loin des populations de la plaine en grande partie encore nomades, en dehors des grandes voies de migration, des grandes voies de caravanes. Ils paraissaient au milieu des populations pour y porter leurs trésors conquis par des procédés mystérieux. Un sentiment de terreur les entourait. Les légendes et contes populaires de l'Europe, et particulièrement
i. Cf. Démétrias de Scepsis, cité par Strabou X, p. 172, trad. Tardieu, t. 11, p. 332.