Henzen, Acta Fratrum Arvalium, p
3. Nous verrons que parmi ces tribus furent les Galatcs, nos pères.
avaient les mêmes préjugés, bien que voisins des Scythes, chez lesquels le fer était en honneur '.
« Les Massafîètos " s'habillent comme les Scyllies et leur manière de vivre est la même..., mais à l'enconlre de ce qui se passe chez les Scythes, le fer et l'argent ne sont point en usage parmi eux. Ils se servent du bronze pour les piques, les pointes de tlèche, les sagaies (haches). L'or sert à orner leurs casques, leurs baudriers et les large ceintures qu'ils portent sous les aisselles. Les plastrons dont est garni le poitrail de leurs chevaux est aussi de bronze; quant aux brides, aux mors et aux bossettes, ils les embellissent avec de l'or. »
L'usag-e exclusif du bronze n'est point nécessairement l'indice d'une époque reculée. L'usage du bronze, à l'exclusion du fer en Europe, a été volontaire, imposé par des préjugés religieux, par un attachement marqué aux mœurs des ancêtres chez des populations auxquelles il répugnait, comme aux Massagètes, de se mêler à des nations vraisemblablement impies à leurs yeux et do leur emprunter leurs coutumes. L'airain, le bronze dans les plus anciennes traditions aryennes, était le métal sacré. Les poèmes d'Homère et d'Hésiode en font foi. L'arme de bronze était l'arme des dieux et des héros. Ces traditions, les Massagètes, les premiers habitants de la Hongrie, les Hyperboréens de la Scandinavie et de l'Irlande, certaines tribus lacustres de l'Helvétieles ontreligieusementconservées, les unes jusqu'au V siècle avant notre ère, les autres jusqu'à une époque encore plus rapprochée de nous. Phénomènes historiques intéressants, exemple curieux de s^trvwmices, suivant l'expression d'Édouard-B. Tylor, dans son livre sur les Orif/ines de la civilisation \ Il n'y a point là de loi générale, fatale, ayant sa place marquée chronologiquement dans l'histoire du progrès de l'espèce humaine. Nos populations primitives n'ont point connu ces préjugés. Soulever, à propos des
1. Le dieu de la guerre était représenté chez les Scythes par une épée de fer.
2. Hérodote, I, ch. ccxv et ccxvi. Les Massagètes occupaicut au temps d'Hérodote une vaste contrée au nord-est de la mer Caspienne. M. de Morgan a tout récemment constaté un âge du bronze semblable à celui des Massagètes dans le JAnkoran, sur les bords occidentaux de la mer Caspienne.
3. T.'I, p. 29-188, chap. intitulé : De la survivance daiix 1 1 civilhaiion.
iNTiionrnrioN of.s mrtat'x kn OAur.E 231
bronzes du Danemark ou de l'ilelvétie, la question de l'origine de la mélallurg'ie est illogique.
Le problème en Europe est un problème de survivance. En tirer la conclusion que le bronze coulé a d'une manière absolue précédé le bronze martelé est une hypothèse sans base solide. Des textes précis nous apprennent qu'en Grèce le martelage a précédé la fonte et nous ne savons rien des procédés primitifs employés en Orient; autant vaudrait aller étudier en Amérique l'origine des industries européennes.
En résumé : Le bronze et même le fer, les métaux, en un mot, ont fait leur apparition en Gaule en plein développement de la civilisationdolménique, de la civilisation de lapierre polie. Rien n'autorise àcroire que ce progrès matériclait coïncidé avec un mouvement sensible d'immigration nouvelle, ou môme, pendant quelqiie temps du moins, avec un changement notable dans les mœurs de nos populations du centre et de l'ouest. — Le rite de l'incinération, substitué à l'inhumation dnns quelques sépultures, est le seul indice d'efforts de propagande religieuse faisant supposer l'établissement dans le pays de races, groupes ou corporations appartenant à des civilisations d'ordre plus élevé. On peut y voir des symptômes d'immixtion étrangère dans les affairesdela Gaule. Iln'yalàancune trace de révolution sociale, d'un changement brusque dans l'état mental du pays. Si des tribus nouvelles en petit nombre ont pénétré alors dans deux ou trois de nos provinces, elles étaient clairsemées; les seules qui aient laissé des traces certaines appartiennent à la civilisation du fer*. A ce moment les Ligures et les Ibères occupaient déjànoscôtes méridionales. Les Celtesetles Gaulois étaient à nos portes. Quelques-unes de leurs tribus étaient déjà cantonnées dans les Alpes; d'autres étaient depuis longtemps descendues en Italie. A ce moment seulement', commence la grande révolution, marquant l'ère initiale de notre rôle historique. L'ère gauloise est ouverte.