LES IBÈRES ET LES LIGURES
Avant les découvertes archéologiques do ces vingt-cinq dernières années, les Ligures, les Ibères, les Galls ou Celtes étaient universellement considérés non seulement comme les importateurs de la civilisation en Gaule, mais comme ses plus anciens habitants \ Leur arrivée dans le pays passait pour avoir été simultanée *. Cette doctrine doit être, aujourd'hui, complètement abandonnée. M. d'Arbois de Jubainville ' dans sa savante élude sur Les pre?7îiers habitants de r Europe^ démonire que l'établissement des Celtes, sur la rive gauche du Rhin, loin de remonter aussi haut, était de date relativementrécente^ M. d'Arbois, toutefois, et nous le regrettons, ne rompt qu'à moitié avec les anciennes idées. L'impression laissée par sou beau livre est toujours, bien qu'il ne le dise pas formellement, qu'une très petite part dans le peuplement de la Gaule et, par conséquent dans son avoir primitif, doit être faite aux populations qui y ont précédé les Ibères, les Ligures et les Celles. Un chapitre de quinze pages suffit à l'éminent linguiste comme entrée en matière. Ces quinze pages renferment tout ce que l'auteur
1. Cette doctrine est restée celle d'Amédée Thierry et même de Henri Martin, qui, toutefois, s'apprêtait à la modifier sensiblement dans les dernières années de sa vie, ainsi qu'il nous Va. souvent répété. 11 était, avant sa mort, complètement rallié à l'ensemble de nos idées.