‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 13 sur 168 · I^u callats esl uuu espèce de turquoise · texte numérisé non relu

I^u callats esl uuu espèce de turquoise

DK l'École du Louvut; 19

rivières, au pied des arbres, enfouis sous des tas de pierres ou des tumulus qui ne sont pas des tumulus funéraires. Les mœuj-s générales n'en semblent pas d'ailleurs sensiblement modifiées. Eston autorisé par ce seul fait à doter la Gaule d'un à(je du bronze à l'instar du Danemark, afin de compléter chez nous, comme dans les états Scandinaves, la série doctrinale des trois âges : âge de la pierre, âge du bronze, âge du fer; afin de maintenir l'existence toute théoi'ique d'une loi générale de développement uniforme dans toute l'Europe? Nous nous refuserons à cette complaisance envers la théorie. Cette doctrine est d'autant plus dangereuse pour la science qu'elle est présentée comme seule logique et scientifique. Nous la combattrons.

Nous disions à ce sujet, dès 1873, dans un rapport au Ministre : (( 11 peut y avoir en géologie une loi immuable pour la succes- « sion des terrains de toute l'écorce du globe, terrains primaires, « terraijis secondaires, tertiaires et quaternaires; il n'existe pas « de loi semblable applicable aux agglomérations humaines, « à la succession des couches de la civilisation. Affirmer que « toutes les races ont passé nécessairement par les mêmes phases « de développement et parcouru tous les états sociaux que la « théorie veut leur imposer, serait une très grave erreur. » Nous n'avons pas changé d'avis depuis le Congrès de Stockholm. Ajoutons que, malgré l'abondance des faits recueillis, beaucoup de nos séries sont encore géographiquement très incomplètes. Dans certains départements on a beaucoup travaillé, beaucoup cherché. Dans d'autres les chercheurs et les travailleurs ont été plus rares. Le coup d'œil n'a pas été chez tous aussi sûr, les renseignements aussi précis. Les conclusions générales tirées des faits doivent donc avoir, le plus souvent, le caractère de vérités provisoires, s'il est permis d'associer ces deux mots. En tête de chaque affirmation, ces mots doivent être, presque toujours, sousentendus : « dans l'état actuel de la science ».

Les résultats dont nous vous avons esquissé le tableau doivent être acceptés sous cette réserve. En présence de cet état encore flottant de la science, qui sur tant de points n'est pas fixée, notre premier soin, notre premier devoir sera d'établir pour chaque période une statistique exacte des faits, statistique numérique;, statistique géographique.

20 DisGouus d'ouvektuhe

Pour chaque époque et chaque ordre de faits nous fixerons ces résultats sur des cartes, dont nous mettrons bientôt des spécimens sous vos yeux. Quelques-unes de ces cartes sont très éloquentes. Exécutées d'après les registres de la Commission de géographie historique, dont la mission est de résumer les travaux de ses correspondants, ces caries sont une œuvre impersonnelle oflVant, par conséquent, toute garantie d'impartialité. On ne peut les accuser de complaisance en faveur d'aucun système.

Vous aurez communication des registres qui ont servi à constituer les cartes (1).

Mais tous ces documents sont muets sauf les inscriptions ; comment les ferons-nous parler? Pour les époques primitives nous consulterons les ethnographes; nous feuilleterons les récits des voyageurs. L'homme sauvage, par bien des côtés, se ressemble, d'une extrémité du monde à l'autre, partout où il se rencontre. Il ne différait guère dans l'antiquité. Nous arriverons, par comparaison, à des conclusions vraisemblables. Pour les époques plus avancées, quand la Gaule commence à être en contact avec les grandes civilisations de l'Asie, nous aurons recours aux monuments encore existants de ces vieilles civilisations. Nous interrogerons les ruines de l'Asie Mineure et de l'Assyrie, les cimetières païens du Caucase. Nous recueillerons pour le discuter le moindre texte des auteurs anciens. Le respect des textes, si dédaignés par l'école 'préhisiurique, est un des premiers devoirs de l'archéologue-historien. C'est du rapprochement des textes et des monuments que jaillit la vérité. Le désaccord momentané des textes et des monuments ne nous effraiera pas. Il sera pour nous un avertissement, un encouragement à de nouvelles investigations. Nous serons, sous ce rapport, sous tous les rapports dois-je dire, d'une entière sincérité avec vous comme avec nous-mème, ainsi (ju'il convient entre travailleurs (jui ne cherchent que la vérité. Nous nous efforcerons de présenter chaque question sous toutes ses faces, établissant autant que possible ce qui est certain, ce qui est douteux, ce qui nous parait probable, ce qui est prouvé, ce (}ui est encore à l'étude. Nous constatons des faits, nous ne faisons pas un système.

1. Ces ducuiiiL'UliJ suiil. déposés dU Musée du SaiiiL-Cenuaiu.

DE l'école du LOrVUK 21

Nous provoqiKM'ons vos observations et nous on tiendrons compte. Les doctrines al)solu(!s, les systèmes qui so tiennent tout d'une pièce sont destinés, d'ordinaire, nous ne l'ignorons pas, pour un temps au moins, à plus de succès. Nous nous rappellerons que « si ces systèmes sont fort commodes, ils ont le tort grave de conduire fatalement à l'erreur en brisant des rapports vrais, en imposant des rapprochements faux. » Nous chercherons avant tout à être utile.

Une dernière tâche nous restera à remplir : vous initier aux côtés pratiques du métier d'archéologue.

Cinq leçons, à cet effet, seront données soit dans les salles^ soit dans les ateliers du Musée de Saint-Germain.

Nous choisirons ultérieurement ces jours, de concert avec vous. Nous y étudierons :

1° La question de l'organisation des musées archéologiques, du classement et de l'exposition des objets, de la forme des vitrines, du montage des petites pièces et des étiquettes.

2" Nous traiterons, ensuite, la question plus délicate delà réparation et de l'entretien des antiquités de bronze et de fer, question capitale pour tous ceux à qui sont confiées de grandes collections.

3" La question de l'estampage des inscriptions attirera notre attention. Nous ferons ou nous ferons faire des expériences sous vos yeux.

■4° La poterie arrive presque toujours en fragments dans les musées. Nous vous apprendrons l'art de rapprocher ces fragments et de leur donner une consistance suffisante.

5" On ne devient pas mouleur en quelques heures ni même en quelques semaines. Pourtant il est bon que l'archéologue soit familiarisé avec quelques procédés très simples. Nous nous efforcerons de vous procurer cette instruction élémentaire.

Telles sont nos intentions, nous ferons tous nos efforts pour ne pas rester au-dessous de notre tâche.

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LA GAIJLR AVANT LES GAULOÏS

L'HOMME TERTIAIRE

La première question que nous ayons à traiter est celle-ci : A quelle époque, clans quelles conditions, l'homme se montrol-il à nous, en Gaule, pour la première fois? Devons-nous faire remonter la présence de l'homme, en Gaule, à l'époque tertiaire, ou seulement à l'époque quaternaire? Cette question mérite toute notre attention.

Un mot, d'abord, au sujet de ces expressions : époque tertiaire., époque quaternaire.

Les géologues divisent l'écorce terrestre en une série de couches de terrain superposées reconnaissables à la nature des roches et fossiles qu'elles contiennent. La série de ces terrains forme quatre grandes divisions. Sir Charles Lyell», dont la nomenclature est aujourd'hui généralement admise, en a dressé un tableau, dont, pourrintelligence de la question, il est utile d'avoir sous les yeux au moins la partie supérieure.

\. Sir Charles Lyell, L'Aricienneté de l'homme prorwf^e par ta <)ffologie,tr<id{nt de l'anglais par M. Chapor, 1S6-5-. p. 7.

Taltlenu général résumé des terrains fossilifères i

\. RÉCENT ^nncrr rpr-DT-T A inr.

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