Cf. plus haut, p
avait suggérées. On sut alors que les hommes de la Vézère afFeclaient avec les Esthonicns des relations analogues à celles que l'auteur avait auparavant constatées entre les troglodytes de la Belgique d'une part et de l'autre les Finnois et les Lapons. On apprit d'autres choses encore plus surprenantes, et notamment que la forme de la voûte palatine indiquait chez les anciens riverains de la Vézère une phonologie faible et douce, comme celle des idiomes finnois' !... Et tout cela s'affirmait imperturbablement devant un auditoire intéressé sans doute par les descriptions de M. Lartet et de Broca, mais encore incomplètement acquis aux idées nouvelles sur l'ancienneté de l'homme et par là même peu disposé à faire crédit aux anthropologistes de leurs hypothèees, si ingénieuses qu'elles fussent. Aussi le discours de M. Prùner-Bey, quoique débité avec une assurance sans égale, reçut des délégués de la Sorbonne un accueil réservé, un peu ironique môme, et il ne fallut rien moins que l'intervention au débat de M. de Quatrefages pour sauver une situalion quelque peu compromise.
Si Priiner-Bey s'était borné à constater l'insuffisance des documents relatifs aux races humaines du nord de l'ancien monde, il eût pu aisément maintenir contre ses adversaires la théorie du Mongoloïde ancien, dont il était depuis de longues années l'un des plus ardents défenseurs. Toute discussion de détail eût été nécessairement ajournée, jusqu'à l'époque où la craniologie des Finnois serait devenue complète, et où l'on aurait bien connu la morphologie du squelette des nombreuses peuplades du groupe ouralo-altaïque.
Mais on savait quelque chose des Esthoniens, choisis par Prùner-Bey comme termes de comparaison. On les connaissait mal, il est vrai ; ni Broca ni M. de Quatrefages ne possédaient par exemple la dissertation de Hùeck,dont abusait un peu Prùner. Seulementle deuxième volume, récemment publié, des Mémoires de la Société d'anthropologie (1863-1865), contenait les mesures de deux crânes d'Esthoniens, dues à van der Hœvcn et à PriJner-Bey lui-même, et ces deux crânes, loin d'être dolichocéphales comme ceux de Cro-Magnon, présentaient des indices de 80,6 et de 81,7.
Deux autres crânes d'hommes, envoyés depuis lors par Baër au Muséum, étaient plus accentués encore; leurs indices céphaliques se chiffraient en effet par 82,7 et 82,1 . Ils étaient accompagnés, il est vrai, d'un crâne de vieille femme, sous-dolichocéphale, avec l'indice 75,8, ce qui pouvait permettre aux partisans du mongoloîdisme (qu'on me passe cette expression) des premiers habitants de l'Europe, de supposer l'existence en Eslhonie de deux types juxtaposés et plus ou moins mêlés, dont l'un aurait représenté dans la série boréale un é(]uivalfnt ([uolconcpie des troglodytes du Périgord.
Broca n'eut point de peine à démontrer qu'il y avait bien plus de différences que de ressemblances analomiques entre la tête ou la face de ces