‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 15 sur 168 · De IJ.SÏOV, moins, et xatvo?, nouveau · texte numérisé non relu

De IJ.SÏOV, moins, et xatvo?, nouveau

4. De é'ii); aurore et xaivô; nouveau, c'est-à-dire l'aurore des créations nouvelles. Sir Ch. Lyell a surtout en vue les coquilles. Dans l'éocène apparaissent, en effet, déjà, quelques coquilles d'espèces encore vivantes. Aucune espèce vivante n'a, au contraire, été découverte jusqu'ici dans les terrains ou roches dits secondaires.

5. « Dès le dél)ut de l'époque quaternaire, certaines races étaient, en effet, déjà fixées et portaiful le sceau indélébile des milieux longtemps subis, de l'hérédité, du métissage... Si l'homme tertiaire ne s'ajoute pas au quaternaire, le naturaliste ne peut essayer de comprendre l'histoire de l'humanité sans tomber dans les inconséquences et les erreurs d'un polygénisme excessif. » (Ém. Cartailhac dans La France préhistorique, p. 35. .M. Ê. Cartailhac est un disciple de M. de Quatrefages, dont il résume ici la doctrine. 1

L'no>r:\rE teiîttatre 2S

l'homme n'est pas T Asie centrale, mais les régions boréales où régnait, à l'époque tertiaire, un climat tempéré '.

<( L'homme (parti des environs du Spitzberg) avait, dès l'époque pliocène, fait la conquête de l'Asie, de l'Europe, de l'Afrique, de l'Amérique. Durant le miocène, dans un paradis terrestre presque sans limites, il avait pu passer d'un continent à l'autre, sans changer de climat" » ; ainsi s'exprime M. Em. Cartailhac résumant les idées de son maître. L'hypothèse ^ est séduisante, et l'on comprend facilement que, dans ces dispositions d'esprit, une sorte de logique inconsciente devait pousser M. de Quatrefages à accueillir avec empressement l'annonce

1. Voir Quatrefages, Introduction à Vùtude des races humaines, p. 133. « L'hypothèse d'une origiue boréale couconie avec tous les faits connus de l'histoire primitive de l'homme et permet seule de les coordonner dans l'état actuel de la science. »

• 2. Ém. Cartailhac, La France préhist., t. c.

3. Cette hypothèse n'est d'ailleurs pas particulière à M. de Quatrefages, qui lui a donné seulement plus de retentissement en la faisant entrer dans son enseignement. Dès 1872, au Congrès de Bruxelles, AI. Ch. Tardy émettait des idées analogues. M. le marquis de Saporta, avec son autorité incontestée, reprenait cette thèse en 1883 et la développait dans un très intéressant article de la Revue de^ Deux-Mondes (lor mai et tirage à part, p. 18). « On voit que nous sommes enclin à reculer au nord, jusque dans les régions circumpolaires, le berceau probable de l'humanité primitive. De là seulement elle aura pu rayonner, comme d'un centre, pour s'étendre dans plusieurs continents à la fois et donner lieu, après s'être différenciée sur place, le long des plages de la mer polaire, à des migrations successives, véritables essaims destinés à se propager, à se pousser, à se remplacer tour à tour, jusqu'au moment où chacun d'eux sera cantonné dans une région à part, plus ou moins avancée vers le sud, et s'y sera arrêté pour y revêtir des caractères et des aptitudes définitives. Te/le est la théorie qui s'accorde le mieux avec la marche présumée des races humaines. »

Le marquis de Saporta essaie de prouver que cette théorie est eu parfait accord avec les lois générales de la géogénie.

" Personne, ajoute-t-il, ne niera plus aujourd'hui le refroidissement tardif et progressif des régions polaires encore peuplées de grands végétaux, jouissant d'un climat plus tempéré que celui de l'Europe actuelle, habitables et fertiles jusqu'au 80^ degré, même au milieu des temps tertiaires. A partir de cette époque seulement, le refroidissement aurait fait de rapides progrès et les glaces, d'abord confinées sur le haut des montagnes, seraient venues prendre possession du sol destiné à devenir leur domaine exclusif. C'est ainsi que les contrées arctiques, sans être absolument fermées à la vie, ne lui auraient plus offert désormais que des conditions pénibles et exceptionnelles. »

Le marquis de Saporta fait une autre remarque particulièrement curieuse, à savoir que : « C'est à la pointe extrême des trois continents principaux

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de faits matériels donnant quelque vraisemblance à l'existence de cet homme tertiaire, nécessaire à ses conceptions générales touchant le développement do riiunianilé^

Tel est le point de vue auquel semblent se placer aujourd'hui la majorité des monogénistes. D'après cette théorie, l'homme tertiaire est déjà l'homme, Vhomo sapiem de Linné, tout au moins un Fuégien, un Boschiman, un Tasmanien.

Les transformistes ont été également condnits parle raisonnement à placer à l'époque tertiaire l'apparition de l'être qui sera l'homme à l'époque quaternaire; mais pour eux, pour quelques-uns du moins d'entre eux, les plus remuants, pour le moment, cet être tertiaire n'est pas encore l'homme, mais le précurseur de l'homme, Thomme-singe.

(( Ainsi, par le seul raisonnement appuyé sur des observations précises (?), écrivait M. de Mortillet en 1883% nous sommes arrivé à découvrir d'une manière certaine un être intermédiaire entre les anthropoïdes actuels et l'homme. J'ai donné à ce précurseur de l'homme le nom iVAnthropopithecus. »

Cet être aurait vécu à l'époque aquitanienne, c'est-à-dire au milieu de la période tertiaire '.

En 1884*, nous ne crûmes pas, dans notre cours, devoir indans la direction australe : la Terre de Feu, le Cap, la Tasmauie, que se trouvent les races les plus inférieures de toutes, sans exception aucune. » Ces races, s'avançant les premières, auraient précédé les autres. « Elles ont gardé l'erapreinte visible de l'infériorité relative de la souche dont elles se sont prématurément détachées. Il faut croire, en efl'et, que les trois rameaux fuégiens, boschimans et tasmaniens, si peu élevés par leurs caractères physiques, intellectuels et moraux, ne sont allés s'implanter si loin que parce que l'espace s'ouvrait inoccupé devant eux. Éclaireurs du reste de l'humanité, ils ont gagné de proche en proche les dernières limites de la terre habitable. »

1. Nous nous étonnions, en 1884, de l'empressement de M. de Quatre fages à admettre des traces de travail humain sur des silex, où ce travail était loin d'être évident. Nous lui en faisions un reproche. Cet empressement s'explique aujourd'hui. Voir La Gaule avant les Gaulois, l^o édition, p. 2G.

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