Mortillet, ibid., p
r. IIOM.MK TERTIAIltE
sister sur cotte hypothèse présentée cependant avec tant (Fassnrance, malgré son invraisemblance. L'anlhropopilhèquc a perdu, depuis, beaucoup de terrain. Le mieux est toujours, croyons-nous, de faire le silence autour de lui. Il n'en est pas de même delà question de l'homme tertiaire dans sa généralité. Elle s'impose de plus en plus à Tattcntion des hommes de science, des philosophes et des historiens. Le monde relig-ieux lui-même n'y est pas indifférent'. Monogénistes et polygénistes sont particulièrement intéressés à ce qu'une solution définitive intervienne \
1. La questiou de rhomine tertiaire a été posée et traitée avec beaucoup de savoir et d'iudépendaiice d'esprit au dernier Congrès des catiioliqiies (session de Paris en 188S).
2. M. de Quatrefages a très clairement résumé en deux colonnes parallèles les conséquences logiques des deux doctrines qui attendent chacune leur triomphe des conditions dans lesquelles sera découvert l'homme primitif.
MOiNOGÉNIS.ME
Tous les hommes appartiennent à une seule et même espèce. Les différences qui distinguent les groupes humains sont des caractères de race.
La question de l'ancienneté de l'homme est simple.
Il y a une question d'origine géographique à résoudre.
Le globe s'est rempli par voie de migrations, dont il faut rechercher les traces et reconstruire l'histoire.
Aujourd'hui, il n'existe probablement aucune population autochtone.
La question de l'acclimatation dans ce qu'elle a de général et de spécial est nécessairement posée.
POLYGÉNISME
Il existe plusieurs espèces d'hommes.
La question de l'ancienneté de l'homme est multiple. — Les diverses espèces ont pu apparaître successivement, non simultanément.
La question d'origine géographique n'existe pas. Les diverses espèces humaines ont apparu sur les points mêmes où nous les montre l'histoire des découvertes.
La question des migrations primitives n'existe pas.
La presque totalité du globe, en particulier l'Amérique et la Polynésie, est peuplée d'autochtones.
II n'y a pas de question générale d'acclimatation.
28 LA GAULE AVANT LFS rrArLOTS
Toutes les traces de cet être hypothétique, signalées par les g-éologues ou les archéologues depuis une cinquantaine d'années, doivent donc être examinées avec le plus grand soin, sans aucun parti pris, à titre de faits de grave conséquence, mais ne devant pas, par suite même de leur importance, être admis à la légère, comme appoint d'une théorie préconçue.
Plusieurs preuves matérielles de l'existence de l'homme tertiaire, tant en Europe qu'en Amérique, ont été invoquées par les diverses écoles. Enumérons ces preuves : nous les discuterons ensuite.
Ces preuves peuvent se répartir en trois catégories distinctes :
1° Ossements humains présumés tertiaires;
2° Objets en os travaillés;
3" Silex taillés ou éclatés au feu intentionnellement.
Première catégorie. Ossements humains. — Gispinents: Salles' (Gironde), 1827; Alais^ (Gard), 1844; Lamassas; (Lot-et-Garonne)^ 1867; Savone' (Italie), 1867; Délemont^ (Jura bernois), 1872; Calaveras'^, en Californie (Amérique),