II. — RÉGIONS BRACHYXÉPHALES
Sous ce nom nous comprenons tous les départements où l'indice atteint OU dépasse le chiffre de 83, et où domine le type que Rroca appelait cc/?e. Nous y distinguons trois groupes secondaires : 1" Groupe central ou arverne ; 2" Groupe oriental ou lotharingien ; 3" Groupe occidenlal ou breton.
Le groupe arverne comprend le Plateau central. En son point culminant, les trois départements de la Haute-Loire, du Cantal el de la Lozère atteignent une brachycéphalie extrême, plus de 87. La chose est conforme à la loi d'altitude énoncée précédemment, car non seulement celle-ci y atteint environ 1,500 mètres, mais les deux tiers des grands cours d'eau français prennent naissance en ce point. Aux alentours on peut dii^e que plus le pays est difficile d'accès, plus il est brachycéphale (Aveyron, Puy-de-Dôme), et qu'inversement partout où les vallées s'élargissent (Allier), la brachycéphalie diminue. Le type arverne est brun, brachycéphale et petit.
Dans la Lotharingie, au contraire, la race est grande, très grande même en Bourgogne et en Lorraine, Cela tient à ce que cette partie de la France a été plus atteinte par les invasions des grands dolichocéphales blonds que le massif central, ce boulevard naturel de la France, Il s'y est produit un type mixte qu'on peut regarder comme fixé et qui se présente avec sa plus haute netteté en Lorraine. Là aussi, plus le pays a été en dehors des voies d'invasion, plus la brachycéphalie est grande. Elle est extrême dans les départements accolés aux Alpes, au Jura et aux hautes Vosges; en revanche elle diminue légèrement et descend de 88 ou 87 à 86, 85 ou même 8't dans tous ceux que traversent des voies naturelles de transit et d'invasion, vallées du Rhin, de la Moselle, trouées de Belfort et de Genève. De même nous la verrons s'abaisser encore davantage dans l'Yonne, grâce à cette grande coupure par laquelle de tout temps ont dû passer les invasions pacifiques ou guerrières, la vallée de l'Armançon, traversée actuellement par la grande ligue Paris-Lyon et par le canal de Bourgogne, à quelque pas d'Alésia, ce dernier rempart de l'indépendance gauloise.
Le groupe breton est bien plus mélangé. En fait, il n'est plus constitué que par des îlots chevauchant sur plusieurs départements, comme par exemple au cœur de la péninsule bretonne, dans le sud de la Manche, ou encore en Vendée, C'est plutôt l'isolement créé parce fait que le pays était hors des grandes voies de communication, c'est-à-dire de la route que jalonnent Chartres, Vendôme, Tours, Poitiers et Bordeaux, que les obstacles naturels eux-mêmes qui y ont préservé le type national. El
l'indicI': cÉpnALrntiE df.s pnpi:r.ATinNS franc \isi:s ;527
cepeudanl, toutes proportions gardées, là aussi toutes les régions un peu accidentées lui ont servi do refuge, depuis les monts d'Arroe et le Menez en Bretagne, jusqu'aux collines du Perche, de Normandie et du Maine. La carte nous montre en elfet que les départements qui suivent la ligne de séparation du bassin de la Seine et de la Loire sont un peu plus hrachycéphales, ce qui revient à dire moins envaliis par rélément blond, que leurs voisins.