‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 36 sur 168 · Cf. Ranke, De.r Menscfi, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Ranke, De.r Menscfi, t. II, p

4. Les espèces éteintes elles-mûmes, ont encore sur le globe des représentants auxquels certains caractères spécifiques manquent seuls, mais qui. dans l'ensemble, se rapprochent singulièrement de leurs ancêtres modifiés. Il suffit de citer les éléphants, les rhinocéros et les ours.

putois, la loulre, le chat, récurcuil, la marmotte, le rat, le hamster, le castor, le lièvre, le loup, le cheval, probablement l'âne, le sanglier, l'antilope, le renne, plusieurs espèces de bœufs, le cerf, le daim, le chamois, l'ours bruti, le bouquetin, le daim, la belette \ Ont été recucilHs dans les mêmes terrains des squelettes de lézards, de couleuvres et de grenouilles. On se ferait une idée tout à fait fausse de l'époque quaternaire si ces faits n'étaient pas pris en grande considération.

Ces listes ont été nalurellement commentées par les paléontologistes : leurs réflexions sont bonnes à recueillir et à méditer. Ecoutons Paul Gervais^ :

« Dans la succession des faunes, celle donl fail partie l'élépliant niaramoulh (la faune du diluviuin) est la moins ancienne et la dernière de celles qu'a vues apparaître notre sol. Elle ne se distingue pas de celle qui vil encore aujourd'hui. On le prouve en établissant que les espèces actuellement sauvages dans nos contrées en ont fail partie et sont, par conséquent, de la même date que les animaux éteints. Nous trouvons dans les dépôts diluviens des fossiles qui prouvent que le loup, l'ours ordinaire, le blaireau, l'aurochs, le bœuf, le bouquetin, le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier, le castor et presque tous les autres mammifères actuels étaient répandus dans nos contrées et qu'ils ont été ensevelis dans les grandes alluvions en même temps que les grandes espèces dont la présence dans ces terrains avait surtout ()réoccupé Cuvier. Ils ont été contemporains. »

Que nous dit d'un autre côté Schiniper?

« C'est avec raison que dans son Traité de paléoalûlogie, Pictel réunit l'époque quaternaire à l'époque moderne. Il n'y a, en effet, aucun caractère paléontologique qui autorise à les séparer. On comprend, sous la dénomination de terrain quaternaire ou diluvium tous les dépôts stratifiés ou non, marins ou fluviatiles, lacustres, torrentiels ou glaciaires, meubles ou incohérents qui se sont formés entre la fin de la période pliocène et le commencement de l'époque actuelle. Or ces dépôts, tout en contenant un certain nombre d'espèces perdues, on renferment, d'autre part, de beaucoup plus nombreuses qui vivent encore aujourd'hui. Dans

1. Cf. A. Pictel, Traité de paléontologie. Le nombre de ces espèces encore vivantes serait de 30 d'après IMctet, de 40 d'après Edouard Dupont. L'Homme pendant /es âges de la pierre, 2" édit., p. 41.

2. Paul Gervais, Recherches sur ranciennelé de l'/tomme, p. 4.

L'jlOM.Mt: (JL'ATKRNAIHK {')!

les plantes c'est même rimmeuse majorilé des espèces qui a résislé à la destruction. Chose singulière, parmi les animaux, ce sont surtout les petites espèces qui ont continué à exister, tandis que les grandes ont disparu. D'ailleurs, celte extinction ne s'est pas produite brusquement, à un temps donné; mais elle a eu lieu lentement. Certains types ont cessé d'exister de très bonne heure; d'autres ont vécu plus longtemps; d'autres, enfin, ont pour ainsi dire disparu de nos jours'. »

Un des caractères de la période quaternaire est ce qu'on appelle : l'époque des glaciers. Bien des personnes sont portées à croire que la majeure partie delà Gaule était alors, comme aujourd'hui' le Groenland, couverte d'une calotte de glace. Rien n'est moins exact. Il est important de détruire ce préjugé. Nous pouvons, là dessus, nous en rapporter à M. Gaston de Saporta ^, correspondant de l'Institut, dont la parole fait autorité :

« Ce qu'on a dit de l'abondance des glaciers et tlu froid excessif de cette époque demeure vrai, à la condition seulement de ne pas quitter le périmètre des anciens glaciers. La théorie glaciaire absolue a été une illusion. Tous les êtres (jue l'on supposait avoir disparu par suite de la violence du froid, ont bien plutôt disparu lorsqu'un climat sec et des saisons plus extrêmes* ont aggravé pour eux les conditions de l'existence. Peut-être même l'homme a-t-il été le plus inexorable et le plus meurtrier des destructeurs dès qu'il s'est trouvé suffisamment en nombre. »

D'Archiac conlirme ces assertions. Parlant des terrains d'Auvergne, étudiés par M. PomeF :

« Ou ne trouve dans ces atterrissements quaternaires, aucune trace de grandes catastrophes ni de grands bouleversements ayant pu détruire ou modifier les conditions extérieures au point d'anéantir des générations d'animaux ou d'en reléguer d'autres en pays .étrangers. Les espèces éteintes ont disparu par l'action de causes dont nous ne pouvons nous rendre compte aujourd'hui. »

Les belles caries géologiques de M. Collomb pour les

Page 1