‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 48 sur 168 · Commune de Savif,nié (Vienne · texte numérisé non relu

Commune de Savif,nié (Vienne

7. Musée de Saint-Germain, salle I, vitrine 22, où l'original, autrefois au Musée de Cluny, est maintenant déposé sous le u» 30361. Cf. Congrès de Copenhague, p. 114. —A. Bertrand, Comptes rendus de l'Académie des inscripli07is, 1887.

l'homme quaternaire

un andouiller de renne recueilli par M. Piette dans la caverne de Gourdan, près Monlréjeau, au confluent delaNesleeldela

Fig. 54. — Fac-similé du dessin de MiM-imée.

Fig. 23 "

Fig. 56. — L'os de Chaffaud (dessiné d'après nature). (Grandeur naturelle.)

Fig. 57. —Têtes de gazelles. — Cavernes de Goun'an. (Coll. PieLte.)

Garonne. Peut-on rien voir de plus fin, de plus gracieux, bien

1. La figure 55 représente le harpon des Esquimaux, à rapprocher des harpons de l'époque du renne en Gaule.

que notre dessin rende imparfaitement les finesses de l'original. Les dessins de rennes de la collection Piette (fig-. 58),

Fig. 18. — Esquisse de cervidés et d'équidés gravés autour d'un os. Grotte de Lortet. (Coll. Pielte.)

publiés par M. Em. Cartailhac dans sa France prélmtoriqno\ ne sont pas moins remarquables".

2. On peut consulter égalemout Lartet et Christy, Re/if/idœ Aquilanicx, pi. II. Série li, u"» 3, 4, 5, 7, 8 w, 8 b, et Alexandre Bertrand, Archéologie celtique et gauloise, pi. I, etp.To à 99.

L HOMME QUATERNAIRE

Un dessin trouvé en 1886 par M. E. Paignon, sous l'abri de Monlgaudier, mérite une mention spéciale ' . Cet os gravé, percé d'un large trou, porlo la roprcsenlation de deux phoques et d'un poisson, saumon ou Iruile, de trois tiges de plantes et de deux serpents ou anguilles (fig. 59, 60). Ces œuvres sont admirables.

Nos artistes des cavernes ne gravaient pas seulement, ils sculptaient. Le poignard de Laugeric-Basse, manqué et abandonné avant d'être achevé, en est une preuve convaincante.

« Ici l'ouvrier, ou si l'on veut l'artiste, dit Ed. Larlet'dans son lumineux rapport, a fait preuve d'une réelle habileté en

Fig. 61. — Poignard de Laugerie-Basse (demi grandeur).

adaptant les formes animales, sans trop les violenter, aux nécessités du maniement usuel de l'arme. Les jambes de derrière sont allongées dans la direction de la lame : celles de devant sont repliées sans effort sous le ventre. La tète armée de cornes ramées a son museau relevé de façon h faire retomber les cornes sur le côté des épaules, où elles s'appliquent sans gêner aucunement la préhension du manche par une main très petite, plus petite que d'ordinaire dans les races actuelles de l'Europe centrale, et dont la paume vient se loger dans la concavité formée par l'encolure, le dos et la croupe de l'ani-

1. Voir A. Gaudrj', Comptes rendus de l'Académie des sciences, 2J juillet 1880. Moulage au .Musée de Saiut-Genuaiu. L'origiual est au Muséum d'histoire naturelle de Paris.

2. Edouard Lartet dans Revue archéol., t IX (18G4), p. 2G1 et nos Antiquités ce/tiques et gauloises, 2^ édition, p. 98.

L HOMME QUATERNAIRE

mal. La brièveté des oreilles et la grosseur comparative de l'encolure désig-nent cette sculpture comme un renne; de plus l'artiste, avec ou sans intention *, a laissé subsister sous le col de l'animal une saillie en crête mince et déchiquetée, sur son bord, laquelle simule assez bien la touffe do poils que l'on remarque ordinniroment chez le renne mâle, et qui ne se retrouve pas chez le cerf élaphe. »

Que dire du renne sculpté en ivoire de l'ancienne collection Peccadean de Lisle ^(fig. 62), provenant des abris sous roche de Bruniquel (abri do Lafaye) en Tarn-et-Garonne ? Ici l'artiste n'était pas gêné et les bois du renne ont leur développement complet. A citer également l'éléphant g-rossièrement sculpté recueilli dans la caverne de Montastruc, près Bruniquel '.

Fig. 62. — Mammouth de Bruniquel.

Les instincts artistiques étaient tellement développés chez les peuplades aquitnniennes, qu'elles donnaient, par un penchant irrésistible, une forme élégante à tout ce qu'elles maniaient. Les flèches et les harpons barbelés des grottes de la Madelaine et des Eyzies, un instrument qu'Edouard Lartet suppose être une cuiller à moelle (lig. 63, n° 1) * portent des ornements en relief disposés symétriquemeni, d'un très bon goût.

1. Pourquoi sans intention? Ou reconnaît bien là la nature scrupuleuse de Lartet.

2. Cette collection a été achetée en 1887 par le British Muséum. Moulage au Musée de Saint-Germain, salle I, vitrine 22.

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