‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 57 sur 168 · JJ · texte numérisé non relu

JJ

même les animaux de proie*, et en cas de disette, ils se nourrissaient d'une soupe qu'ils apprêtaient en faisant cuire des os concassés dans la graisse, et la moelle leur fournissait une espèce de bouillon. Les Tchouktschis qui habitent le promontoire sibérien le plus avancé à l'Orient entre la mer Glaciale et le Pacifique, vivaient, comme les Kamtchadales, dans des tannières souterraines et dans des antres de rochers dont ils bouchaient l'ouverture en suspendant des peaux de renne devant l'entrée. Ils n'avaient, à l'époque où fut rédigée la Description de toutes les nations de la Russie, aucun instrument de fer ni d'aucun métal; leurs couteaux étaient de pierre tranchantes; leurs poinçons, des os pointus; leur vaisselle était faite de bois et de cuir-; leurs armes étaient l'arc, la flèche, la pique et la fronde. Les piques étaient armées d'os pointus. Les femmes tannaient les peaux des animaux tués à la chasse en les raclant pour ôter les poils, avec des racloires en silex, identiques à ceux du Périgord; après quoi elles les frottaient de graisse et de frai de poissons, puis les foulaient à tour de bras. Elles se servaient pour coudre de nerfs de quadrupèdes, d'os pointus et d'aiguilles faites d'arêtes de poisson, comme dans le Périgord. »

Dans la troisième section de l'ouvrag-e précité est une curieuse description des habitations de ces tribus hyperboréennes.

« Leurs habitations (oullau) sont des tannières souterraines ressemblant à celles des Kamtchadales et des Groenlandais. Un oullaa a une longueur de 10 à 50 brasses, une largeur de 3 à 5 et une profondeur d'environ une brasse et demie. Il est divisé en compartiments au moyen de perches. Il y a un ou plusieurs foyers. Quelques-uns de ces caveaux contiennent cent, deux cents et même trois cents personnes. 11 en est aussi qui passent leur vie dans des antres de rochers ou dans des cavernes qu'ils tâchent d'arranger aussi bien qu'ils peuvent avec du bois flotté, des peaux et des nattes ».

« Ne retrouve-t-on pas, ajoute M. Louis Lartet, dans de telles manières de vivre, toutes les conditions d'existence que nous révèlent les restes de foyers et de repas de nos grottes de l'âge du renne? Nous avons constaté dans les traces laissées par les chasseurs de renne de la Dordugne et des Pyrénées non seulement l'indication du même genre de vie, mais encore l'existence des mêmes armes et des mêmes instruments, la llèche,

1. Des traces d'aiiiiiiaux de proie, entre autres de l'aigle, se sont reucontrées dans les cavernes du l'érigord.

Page 1