Us n'avaient pas plus de poteries que nos troglodytes
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le poinçon, le lissoir en os et le graltoir en pierre des femmes d'Esquimaux. Bien plus, le g"oùt des arls du dessin, le besoin d'orner les objets d'usage domestique, n'est pas plus étranger aux hyperboréens modernes qu'il ne l'était aux troglodytes d'Aquitaine. Les reproductions d'animaux gravés ou sculptés sur bois ou sur ivoire de morse, œuvres des Esquimaux et des Tschouktscbis * (fig. 95), complètent le rapprochement déjà si curieux que nous venons de faiue entre les peuplades des anciens temps et les peuplades modernes, qui, comme elles, ne connaissent d'autre animal domestique que le renne ^ »
Nous disons que le renne de nos troglodytes faisait partie de troupeaux domestiqués. Le fait n'est pas certain. Il est très probable à nos yeux. Comment ces nomades auraient-ils eu tant de rennes, de tout âge, àleur disposition, si le renne avait été sauvage ? Nous lisons dans la relation du voyage de la Vega au pôle nord que la chasse du renne sauvage présente, de nos jours, les plus grandes difficultés. Les tribus qui vivent de sa chair ne l'atteignent qu'à Taide de mille ruses. Pourquoi, si
1. Cf. A.-E. Nordenskiôld, Voyage de la Veya, traduction de Ch. Rabot et Charles Lallemand, 1888, t. II, p. 133.
« Sentiment artistique des Tschuktschis : Quel est le sentiment artistique des Tschuktschis ? cette peuplade, encore aujourd'hui à l'âge de la pierre n'a eu que peu de relations avec les Européens, et ces rapports n'ont pu modifier sensiblement le goût et les aptitudes des indigènes. Les travaux artistiques des Tschuktschis sont donc très intéressants au point de vue de l'histoire des origines de Tart, car ils permettent d'étudier à son point de départ cette faculté des hommes qui, dans le cours des siècles, s'est développée et a enfanté des chefs-d'œuvre. Ces mêmes travaux n'offrent pas moins d'intérêt pour l'archéologue; ils fournissent un moyen d'expliquer les caractères ruuiques de la Suède et les dessins paléolithiques qui, dans ces derniers temps, ont été reconnus d'une si grande importance pour l'étude des temps préhistoriques. Nous avons donc réuni une collection aussi complète que possible de sculptures, de dessins ou de modèles exécutés par les indigènes. Les gravures ci-après (voir notre planche n" 93), représentent les dessins les plus intéressants à l'un ou à l'autre point de vue. Beaucoup de ces os sculptés sont vieux ; à en juger d'après leur surface usée^ les indigènes devaient les posséder depuis longtemps et s'en servaient probablement comme d'amulettes. »
2. Quand les Russes introduisirent le chien chez quelques-unes de ces peuplades, elles le chassèrent comme un animal sauvage. Ce qui prouve que le chien, contrairement à ce qui a été soutenu dans plusieurs congrès, n'est pas nécessaire à la domestication du renne.
Fig. HG. — Dessins des Tcliouklsckis.
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le renne était, pour les troglodytes des Pyrénées, un animal uniquement comestible, le préféraient-ils dans de telles conditions et presque exclusiment au cerf, au daim, au chevreuil au sanglier qui sur certains points, au moins, ne devaient pas être moins abondants. N'est-ce pas que le renne leur donnait son lait et, comme chez les Esquimaux, était un animal de trait. Quelles considérations sérieuses peuvent donc s'opposer à celte hypothèse? On a dit : sans chiens de garde, pas de troupeaux de rennes domestiques. Mais les Tchouklchis qui avaient des troupeaux de rennes n'avaient pas de chiens avant Foccupalion du pays par les Russes '. L'objection est donc sans valeur. Ces considérations ne sont pas les seules qui militent en faveur de l'opinion que nous émettons. Paul Gervais croyait à la domestication du renne.
« On a souvent dit' que les ossements de renne des cavernes habitées provenaient d'animaux sauvages de celte espèce que les anciens habitants de notre pays auraient tués à la chasse, pour en utiliser le bois, la peau, la chair et certains os ou le contenu de ces os. On ne saurait nier, en effet, qu'il ait existé dans nos contrées, pendant l'époque quaternaire proprement dite, c'est-à-dire pendant l'époque où s'est déposé le diluvium, des rennes à l'état libre et indépendants de l'homme. Mais les temps pendant lesquels il ont vécu ont une date plus reculée et remontent à l'époque diluvienne. Les os de ces premiers rennes ne montrent aucune trace de la main de l'homme; ils sont d'ailleurs, rares, et parfois différent de l'espèce de ceux dont nous parlons. Les rennes dont les débris sont associés à ceux de l'industrie humaine et qui ont été eux-mêmes les instruments de cette industrie, ne me paraissent avoir été ni sauvages ni entièrement libres, comme on l'a supposé. Je suis plus portée admettre qu'ils étaient dans un état de domesticité comparable à celui sous lequel nous trouvons de nos jours les rennes qu'emploient les Lapons et les Groenlandais, et qu'après avoir rendu pendant leur vie des services analogues à ceux que les hommes de race hyperboréenne tirent encore à présent de leur espèce, ils étaient utilisés delà même manière après leur mort par les anciens habitants de l'Europe centrale que leur race^, ainsi que leurs mœurs, peuvent faire comparer aux Hyperboréen et aux Touraniens. Un
i. T. T, p. 123. Voir plus haut, p. 107, note 2.
2. Paul Gervais, membre de Tlustitut, professeur à la Faculté des sciences, dans le Dictionnaire des sciences médicales du D"" Dechambre.
3. Paul Gervais paraît adopter l'opluion de Pruuer-Bey qui faisait de la majeure partie des hommes des cavernes des mongoloïdes.
fait considérable peut être invoqué à l'appui de cette manière de voir, c'est la grande analogie que les instrumenls, les dessins sur pierre et os et les autres objets travaillés, laissés par les hommes primitifs, montrent avec les produits de l'art et de l'industrie rudimentaire des peuples les pins septentrionaux. »
Il est lin dernier argument qui n'est pas sans valeur. M. Ed. Dupont a remarqué, nous l'avons vu ', qu'en Belg"ique, les chasseurs de gros gibier, ours, cerfs, bœufs, ne transportaient dans leurs refuges que les parties comestibles de l'animal. Il en était autrement du renne dans le Périgord. Ed. Lartet a retrouvé bien souvent dans les stations qu'il a explorées toutes les parties du squelette. Le renne devait être tué à proximité de l'habitation. Enfin comment les sauvages de l'âge du renne auraient-ils eu tant de loisirs si des troupeaux suffisant amplement à tous leurs besoins n'avaient été à leur portée.
En résumé, on peut admettre, ce nous semble, sans aucun scrupule les propositions suivantes : ce sont les conclusions d'Edouard Lartet.
1" Une race humaine aborigène * ou non à vécu en Gaule en même temps que le renne, Taurochs, le bouquetin, le chamois, etc., animaux, aujourd'hui, émigrés ou réfugiés dans les hautes vallées de nos montagnes.
2° Ces peuplades ne connaissaient pas l'emploi des métaux ; leurs armes et leurs outils étaient tantôt en pierre simplement taillée et non polie, tantôt en os ou en cornes solides d'animaux façonnées pour divers usages.
3» Ils vivaient des produits de la chasse et de la pêche. Ils mangeaient les mammifères que nous venons do citer comme leurs contemporains^ et aussi le cheval qui paraît avoir été pour quelques-uns d'entre eux un animal alimentaire de prédilection. La chair des oiseaux et des poissons entrait également dans leur iiourrilure. . .