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l'fIOMMK nUATERNAIRE IH
Aucun animal ne paraît avoir été Jomosliqné par cnx, pas même le chien *.
4" Outre la chair des animaux, ils utilisaient aussi leurs peaux. On remarque au bas de certaines cornes de renne, là où la peau est très adhérente, les traces des incisions qu'ils y pratiquaient pour l'en détacher. Pour rejoindre ces peaux entre elles, ou pour les façonner en vêtements, ils devaientles coudre. On retrouve leurs aig-uiiles faites aussi de bois de renne et percées pour recevoir le fil de couture. Au bas des os de la jambe de ces mêmes rennes^ d'autres incisions très significatives nous révèlent qu'ils y coupaient les tendons pour les fendre et les diviser en fils, comme le font encore de nos jours les Esquimaux.
5° Leurs objets de parure, leurs ustensiles ornés de façon si diverse et quelquefois avec une régularité symétrique, témoignent de leurs instincts de luxe et d'un certain degré de culture des arts. Leurs dessins et leurs sculptures nous en fournissent une manifestation plus élevée^ par la manière dont ils ont réussi à reproduire la figure des animaux leurs contemporains. L'art de la poterie leur était inconnu ^
6° Ces hommes, comme le prouvent nombre de squelettes, entre autresceux de Cro-Magnon et de Furfooz, avaient la même conformation, la môme taille moyenne que nous, le front élevé portant les indices d'une race forte et intelligente.
7" Le temps pendant lequel les cavernes ont été habitées est difficile à déterminer. Tout ce que nous savons, c'est qu'il prit fin à un moment nettement défini, au moment oii se montrent, avec la pierre polie et les monuments funéraires mégalithiques, les animaux domestiques, le bœuf, le mouton, le chien ^
1. Nous modifierons celte dernière phrase en ajoutant « excepté le renne rjui, chez certaines tribus, était à l'état de domesticité ou au moins de demi-domesticité, comme cliez beaucoup de tribus groenlandaises.
2. Cette assertion est peut-être trop affirmative. Cf. Salomon Reiuach, Deso'iption raisonnée, p. 157.
3. On nous saura gré de mettre en regard des conclusions d'É iouard Lartet le lumineux résumé qu'a consacré à cette question M. Salomon Reinach
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De ces faits, faits incontestables et incontestés, peut-on, comme on l'a fait, conclure que l'habitat dans les cavernes constitue une des phases du développement normal de l'hu-
dans sa Description raisonnée, p. 154. M. Reinach a tout lu et fait l'office de rapporteur ioipartial. Les pages suivantes donneut uue idée exacte de Tétat de la science vingt ans après l'époque où Lartet écrivait son mémoire. Les nouvelles fouilles n'ont eu rien modifié ces résultats généraux, « Mœurs des Troglodytes : Les caractères généraux de la civilisation des cavernes à l'époque quaternaire, en prenant pour types les hommes de la Madelaine et ceux des cavernes de La Lesse, peuvent se résumer brièvement comme il suit, sous la réserve des différences considérables qui devaient exister d'une station à l'autre, suivant les aptitudes des tribus qui les habitaient : 1° rudiments d'organisation sociale, loisir, développement de l'art, rapports généralement pacifiques, quelques relations commerciales. Les occupations principales des hommes sont : la chasse et la pèche; il n'y a pas d'animaux domestiques; le renne supplée à la plupart des besoins. A côté des quadrupèdes tués à la chasse, parmi lesquels on trouve beaucoup de chevaux, les oiseaux et les poissons servent aussi à l'alimentation. Les habitudes d'anthropophagie restent encore douteuses, bien qu'on ait souvent prétendu en fournir la preuve. On produit le feu en battant le briquet sur un rognon de pyrite au moyen d'un silex; les petites parcelles ainsi détachées s'enflamment à l'air. Le même procédé est usité chez les Esquimaux. Les hommes des cavernes ne paraissent avoir cuit leur viande qu'exceptionnellement. Aucun souci de la propreté, ni du confort, mais un goût prononcé pour le luxe personnel, consistant en pendeloques, tatouages, etc. C'est un des caractères du sauvage de passer immédiatement de l'indispensable au superflu; le bienêtre ne préoccupe que l'homme civilisé.
« Aucun usage des métaux. On emploie le silex et d'autres roches taillées par éclats, l'os, la corne, les boyaux, les nerfs et tendons d'animaux, souvent aussi les crins des chevaux; les plantes textiles sont inconnues. Les vêtements sont des peaux d'animaux épilées à l'aide du grattoir; les poinçons servent àfaire des trous pour la couture, on sait fabriquer avec l'os des aiguilles à chas.
'< La connaissance de la poterie est douteuse; tout au plus a-t-elle été le privilège de quelques rares tribus. Comme armes offensives on emploie des javelots plutôt que des flèches. On connaît les harpons barbelés, peut-être aussi les traits empoisonnés. Les bois de renne utilisés sont en grande partie des bois de mue perdus chaque année par ces animaux. » — M. Salomon Reinach a la plus haute idée des talents artistiques de nos nomades. Il caractérise ainsi leur art, p. 168 : « C'est l'imitation naïve, parfois même adroite de la nature. Un réalisme sincère, éloigné de toute interprétation symbolique et conventionnelle qui caractérise l'art des cavernes et le fait contraster si vivement avec tous les arts barbares dérivés d'arts supérieurs, comme celui des bronzes italo-celtes ou des monnaies gauloises. D'autre part, les qualités de précision et de sobriété qu'on y voit paraître le mettent à une grande hauteur au-dessus des gribouillages d'écoliers, des graffites tracés par des oisifs ignorants ou par des sauvages. C'est déjà de l'art proprement dit, parce que c'est un luxe, et ce luxe s'affirme par la décoration dobji,4s dont la décoration n'augmente pas l'utilité. »
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manité et que nos chasseurs de renne, chasseurs ou pasteurs, représentent, après les sauvages du diluvium, la seconde métamorphose de l'homme débarrassé de la forme simienne *. Cette manière de voir rentre dans ce que mon illustre maître Adrien de Long-périer appelait : Le roman préhistorique. L'habitat dans les cavernes est la conséquence de mœurs particulières qui n'appartiennent pas seulement à la dernière période c^e.s temps géologiques, mais qui se retrouvent à toutes les époques de l'histoire et dans tous les pays sous l'intluence de causes identiques. C'est une des mille variétés d'états imposées par la nature aux peuplades sauvages. Les textes à l'appui de ces assertions ne manquent pas; nous en citerons seulement quelques-uns ^
Le trog-lodytisme était parfaitement connu des anciens. L'existence de troglodytes a été également sig-nalée par nombre de voyageurs modernes, sur divers points du globe. Ouvrons Homère'' : « Chez les Cyclopes,pas d'assemblées qui délibèrent, pas de lois. Ils habitent sur le sommet des montagnes, au fond des cavernes. Chacun commande à sa femme et à ses enfants. Les chefs de famille ne s'occupent pas les uns des autres. » Peut-être était-ce ainsi que vivaient nos troglodytes.
On pourrait croire, au premier abord, qu'il s'agit d'êtres fabuleux; YOdijssée est un roman. Un passage de Thucydide *, un autre de Platon % prouvent que ces mœurs étaient peintes d'après nature. L'historien incomparable de la guerre du Péloponnèse mentionne parmi les habitants primitifs de la Sicile, les Cyclopes et les Lestrigons; et Platon, au rapport de Strabon, rappelait que les trois types de sociétés reconnus par les philosophes étaient indiqués dans Homère. Le premier type,
1. Nous maintenons ces paragraphes dans notre 2e édition, bien que le danger de ces doctrines soit bien diminué.
2. Voir la bste plus complète de ces textes dans M. Salomou Heinach, Description raisonnée, p. 160.