Pomponius .Mêla. 2, I
6. Strabou pp. 225, 50G, 776, traduct. Tardieii, t. Il, p. 47, 416, 417; t. III, p. o76, 456.
l'homme OIIATKUNAIUE 115
Persiqiie. « Les habitants de la Sardaigne, dit ce grand et scrupuleux géographe, sont partagés en quatre peuples: les Parâtes, les Sossinates, les Balans et les Aconiles qui demeurent dans des cavernes. Sur les flancs du Caucase, dit-il ailleurs, ou rencontre quelques tribus de troglodytes. Ils demeurent dans des cavernes,, à cause du froid. Le climat cependant est assez tempéré pour que le blé y pousse. » Ce qu'il rapporte des troglodytes de Dardanie est curieux. « Quoiqu'ils soient assez sauvages pour habiter des grottes, au milieu d'un tas de fumier, ils font usage d'instruments à vent et à cordes. » Voilà des troglodytes musiciens. « Les troglodytes d'Ethiopie forment un véritable peuple, quoique nomades. La communauté des femmes el des enfants y est établie, sauf pour les chefs. »
Parlerai-je des troglodytes ichthyophages des côtes de Carmanie el de Gedrosie, décrits par Diodore de Sicile? « dont les habitations étaient établies au voisinage de la mer, dans des rochers remplis de cavernes. Ils se nourrissent de poissons que la mer rejette dans les anfractuosités de ces rochers et qu'ils ont l'habileté d'y emprisonner »'.
Mais au temps de Diodore, on n'avait pas besoin d'aller en Asie, au Caucase ou en Ethiopie pour trouver des troglodytes. 11 en existait alors à la porte de la Gaule. « Les habitants des îles Baléares, dit ce géographe, habitent le creux des rochers ou le sommet fortifié des montagnes. Ils vivent de leur chasse 2. »
Ne savons-nous pas que les Aquitains, au rapport de Florus, avaient conservé jusqu'au temps de César l'habitude de tirer partie des cavernes en cas de guerre, comme leurs ancêtres. « Les Aquitains, race astucieuse, se réfugiaient dans les cavernes. César les y fit enfermer. Aquitani, callidum genus, in speluncas se recipiebant ; [Cœsar] jussit includi^. » Croi-