‹ Nos origines (volume 3)Chapitre 62 sur 168 · Florus. III, II · texte numérisé non relu

Florus. III, II

rait-on que le roi Pépin au viii« siècle dut agir de même contre ces mêmes Aquitains. Nous le savons par le chroniqueur Kginhard \

Tacite signale des mœurs troglodytiques en Germanie ^ Lucrèce ^ et Juvénal * font allusion aux cavernes habitées par les premiers peuples du Latium.

Traversons quelques siècles. Nous sommes en 1480. Le Vénitien Gadamosto aborde à Ténériffe. Qu'y trouve-t-il? des sauvages semblables à nos sauvages de la Vezère et des Pyrénées, moins le sentiment des arts% « Leurs armes sont des pierres et des espèces de javelots ou lances d'un bois aussi dur que le fer, dont la pointe est armée d'une corne aiguë. Ils sont tout nus, hormis quelques-uns qui sont vêtus de peaux de chèvre par devant et par derrière. Ils ne construisent pas de maisons et n'habitent que les grottes des montagnes ».

Ainsi,à côté de la brillante civilisation hellénique, au temps d'Homère, lorsque la Ghaldée, l'Assyrie et l'Egypte étaient déjà presque en décadence, tant leur civilisation était ancienne, il y avait des troglodytes sur le parcours des vaisseaux phéniciens et grecs. Il y en avait dans le Gaucase et sur les bords de la mer Rouge au temps de Srabon. Au xv^ siècle il y en avait encore dans les îles Ganaries.

Ges troglodytes, d'époques et de contrées si différentes, est-il légitime de les déclarer les représentants attardés de l'homme primitif? Avons-nous le droit, après avoir décrit, àplaisir, leurs mœurs abaissées, de nous écrier : Voilà ce qu'était l'humanité naissante ! On a dit : Voilà l'homme tel qu'il est sorti des mains de la naturel^ Ges affirmations sont-elles applicables à

1. Dom lloiiquet, Recueil des historiens de la Gaule, t. V, p. 201.

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