LE TUMULIIS GALLOIS DE MAG.W-LAMBERT
l'on ferait pouL-êlre mieux d'appeler simplement oriental. Ainsi, dans le tumulus do Grauliolz, tnmulus à noyau de pierres de sept a huit pieds do haut (Bonstetten), on trouva, outre des débris de roues de char placés en dehors du noyau, quatre bracelets de lignite ou de jayet, des fragments de poterie brune, et, près du seau de bronze, « dos grains de collier formés de deux demi-coquilles eu feuille d'or, » les uns à deux, les autres à un seul rang de triangles à six points, avec bordure en grènetis estampés. Le collier se composait de vingt-quatre grains de grosseur différente. Deux petits pendants d'oreilles en feuille d'or complétaient cette parure, qui rappelle le petit disque d'or également estampé avec grènetis de notre tumulus de la Combe à la Boiteuse, et encore plus le beau collier du cimetière de Marzabotto, près do Bologne'. Les analogies entre tous ces monuments se poursuivent donc avec des rapprocliements de plus en plus significatifs. Les objets trouvés à Hallstatt avec les six seaux signalés ne sont pas moins remarquables' : c'est toujours le même counint industriel ; ce sont, ou peu s'en faut, les mêmes mœurs.
Passons aux cistes ou seaux italiens.
1. Gozzadini, /'/ ii/Zeriori srnprrir ne//' nnllcn necro/in/i a Marziiliollo ne/ Bohgnese, pi. XVI.
2. Voir l'album dos fouilk'S du cimotière do Hullstatl, cxpo.so au musôo de Saint-Germain, salle VI, 'vitrine 23 (meuble à volets). Le rapport manuscrit do l'ingénieur Ranisauer est déposé à la Bibliothèque du Musée. Nous y lisons : PI. XXVII, n* ms : Seau de bronze découvert dans la tombe n' 660, avec deux foits bracelets de bronze cannelés, des fragments dagiafcs en spirale et des débris de vases de terre. — Os objets étaient placés sur un corps à moitié incinéré et recouvert de pierres. — PL XIII, n" 863 : Autre seau provenant de la tombe 211. Le corps à demi incinéré était rent'ormé dans un tronc d'arbre. Au-dessus du corps, outre le seau de bronze, étaient une coupe de bronze avec dessins très élégants, un anneau de bronze et une pierre, probablement une amulette. — La tomlie n* 766 contenait une épée de fer avec un grand chaudron de bronze battu et à rivure. — La tombe 262 une nouvelle épée et un nouveau chaudron ; près du chaudron, comme au Monceau-Laurent, était une coupe do même métal. — Tombe .ii(l6, sous une voûte de pierre, iloux bracelets et un chaudron de bronze. Tombe 4'J6, armes de fer avec coupe de bronze. Toutes losépées sont semblables à celles de la Côte-d'Or. Ajoutons que dans ces tombes les libules à spirales sont très nombreuses et que l'or travaillé au repoussé n'y est pas rare. — liemarquonsdaus l'une des lombes un tronc d'arbre servant de cercueil, praticularité dont ou M'a\ai( trouvé jus(|u'ici d'exemple (|u'en Danemark. D'autres vapproclii'inrnls pcjurraii'iil iiinsi être faits entre llallslalt et les iiays du .Nord
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M. lt> comto rrozzaclini nous en doiini' la listp, ot nous no pouvons mieux faire que de suivre un pareil guiile '. On trouvera dans Tinléressant mémoire qu'il a publié sur le cimetière de Marzabotto une descriplion délaillée de chacun des vases que nous ne faisons qu'énnmérer ici. c< Ces cistes, dit 1\1. le comte Gozzadini, destinées, dans le principe, à d'autres usages, revêtirent sur le territoire de l'ancienne Felsina le caractère d'urnes funérailles. Sur les huit cistes sorties du territoire circumpadan, deux seulement, en effet, renfermaient des objets de tnijcde. Six contenaient des ossements brûlés. »
Ces huit cistes sont :
1" Une ciste découverte à Este sur la lin ilu siècle dernier el qui, en 1842, renfermait encoie les cendres qui lui avaient été confiées' ;
2° Une ciste trouvée à Monteveg-lio sur le bord du Samoggia, non loin de Bologne, en 1817, avec anse portant deux caractères étrusques, et un couvercle orné d'arabesques pointiilées de style tout toscan ; elle est conservée au musée universitaire. Celte ciste contenait des ossements brûlés el une œnochoé en terre à figures peintes ;
3° Une troisième fut recueillie à Bagnarola sur le territoire bolonais et décrite par Cavedoni, ([ui la vit entre les mains de son propriétaire, le cavalier Giovanni Moreschi (//i.sY. arch. (le Rome, 1842) ; elle était de dimension plus petite que les autres.
i° La. rjnatrième provient du Modenais. Le lieu précis de la découverte est Castelvelro (année 4841). Celte ciste contenait un miroir avec figures, deux têtes humaines émaillées, im alabastron el dilTérents objets de toilette féminine. Cave-
1. /'/ un finlii'n neoropoli a Marzahulli), olr. l'iu' I'kIi' miiivclli', ciiMiiiniiiinl toutes les cistes découvertes jusqu'en 187i), .1 été donnée diins les Ajinafcs r/c i'In.tlil. lie correxp. arc/i., 18S0, p. 240-2.-1.'). D'autres sont signalées par M. Ilelbig, lliix hùmerisflie Epns, p. 31. Kn 1884, on a trouvé qualorze cisles à cordon à Kurd en Hongrie; c'est la première fois que ces objels se sont rencontrés en nombre au même endroit. Cf. WosinsI<y, llnr/arisc/ie Revue, 1887, p. 309-322.
2. Lne seconde ciste d'Kste a été signalée dans le lluf/elin rie correxp. amln'ul. de 1882, p. 81. [Iieiirlème rdi/ion.)
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doni la décrivit dans le BuUothi dp cnrrefsp. archéol. de 1841 , p. 7S, et 1842, p. 07.
ri" La découverte de la cinquième ciste ne remonte qu'à 1833. Elle fut faite à Toiano, dans le Bolonais. La marquise Bovio en a fait don au musée universitaire. L'anse porte, comme celle de la ciste de Monteveglio, une lettre étrusque.
6° et 7° Deux cistes découvertes dans le cimetière de Marzabotto. La première contenait une œnochoé en terre, une espèce de bouton d'os et une fusaiole en argile noire. La seconde, une petite patère en bronze, des boucles d'oreille en or, des perles de verre et six morceaux d'ambre jaune troués pour servir de pendeloques. Ces deux cistes étaient, d'ailleurs, des urnes cinéraires ;
8° La buitième ciste fat déterrée en 1869 dans le cimetière de Bologne dit la Certosa (la Chartreuse), cimetière regardé généralement comme à peu près contemporain de celui de Marzabotto. Un alabastron y était renfermé avec les cendres du mort. Plusieurs autres trouvées dans les tombes de la Certosa n'ont pu être retirées qu'en débris. M. Gozzadini ne les décrit pas.
Une neuvième ciste, d'après des renseignements nouveaux, a été trouvée à Fraore dans le Parmesan '. Elle se trouve actuellement au musée de Parme.
Ces cistes, malgré des différences de dimension entraînant, nécessairement, une différence dans le nombre des cercles, sont toutes, de l'avis unanime des archéologues italiens, de même nature et de même fabrique. Il est donc inutih\ pour le but que nous nous proposons, de les décrire en détail, et nous renvoyons, à cet égard, aux mémoires spéciaux qui les concernent.
Notre sentiment est que ces vingt-quatre cistes (elles se montent h ce nombre en comptant les débris recueillis à la
1. La rl('couvorto do Fiaoro ost tivs imiiortniito. Avop la ristP de bronze so trouvaient des filmles en or et en argent, de formes très élégantes et rappel.mt les plus belles tlbiiles du eimetière de Villandxa. une O'noeliDi' en Inoiize. mais sans bec, et des débris d'armes en fer.
LES TUMl'LLS GAULOIS DE MAGNY-LAMBERT
Cerlosa ') ne doivent pas être les seules trouvées dans la Cisalpine. M. le comte Gozzadini ne cache pas, en eiïet, qu'il y
Fif;. 8'i. — Priidoloqiii's (Munceau-Liiurent'.
a très peu de temps qu'elles ont paru dignes d'èlre étudiées. M. Schœne, qui en 186G faisait la statistique des cistes étrusques alors connues et qu'il porte à soixante-neuf, ne tenait aucun compte des seaux h côtes de la (lisalpine, dont l'art lui paraissait beaucoup trop barbare el indigne de
1. Les cistes de la Ccitosa sont, d'aiiivs de nouveaux renseignements, bien plus complètes que nous ne le pensions d'abord, et douze ont pu être reconstruites. L'une d'elles a des pendeloques identiques à celles de notre seau du Monceau-Laurent, l'nc autre pendeloque analogue, sinon tout à fait semblable, t'ait partie de la collection (iozzadini. L'identité de fabrique de tous ces seau\ est donc évidente, ])uis(|ue nous retrouvons à Hallstatt l'ornementation en pointillé et en losanges du .Monceau-Laurent et les pendeloques à la Certosa et à Villanova. près de Bologne. — Un certain nombre de cistes analogues ont été signalées au sud des Apennins, à Cumes, dans le pays des Osques, i\ Tarente , en lapygie et en Apulie . Voir Lenormant, Gazette uretu'^ologique, t. VII, p. ();) ; Helbig, (las homerische Epos, p. 34. M. Lenormant fait observer, il est vrai, qu'il existe une certaine différence dans le montage entre les chte a cordoni du midi de la péninsule italienne et celles de l'Etrurie circumpadane. II suppose que le commerce maritime devait apporter de Chalcis le métal de ces cistes à l'état de fi'uilles estampées .au marteau, que les ouvriers indigènes «.«semblaient et montaient dans chaque i)a}s, plutôt qu'à l'étal d'objets enlièrcment terminés. {!) Ileiirieine édition.
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figurer à côté des cistes de Préneste. Leur présence à Marzabotto et dans le cimetière de la Chartreuse de Bologne, ainsi que la découverte dans l'une dos cistes d'un vase étrusque à figures noires, achèvent de classer ces cistes italiennes, comme les seaux gaulois, à une époque qui ne saurait être plus récente que le iV siècle avant l'ère chrétienne. Que nous restions en Gaule ou que nous nous transportions dans les contrées voisines de la mer du Nord, dans la vallée du Danube ou dans celle du Pô, toutes nos observations convergent donc vers une même date à laquelle presque tous les archéologues ont été amenés comme nous, bien que par des voies différentes : le iv" siècle de Rome , l'an 350 environ avant notre ère. C'est l'époque assignée par E. Desor comme limite supérieure au tumulus de Vauroux et des Favargettes, ainsi qu'au cimetière de Hallstatt, appartenant au premier âge du fer. L'étude des deux autres vases de bronze, la coupe et le puisoir ou simpuhim ne font que confirmer cette opinion.