‹ Nos originesChapitre 112 sur 188 · I-R TIIMULtlS r.AL'LOIS BF. M VflNY-I. UHÎKUT Hl · texte numérisé non relu

I-R TIIMULtlS r.AL'LOIS BF. M VflNY-I. UHÎKUT Hl

ItMi" 1200 (le la pl.XIdugrand Alhiimmanuscril deRamsaiior '. Ces dessins ne peuvent laisser aucun doute sur la frappaulr analogie qui existe entre ces deux ustensiles et ceux qui proviennent de nos découvertes. Je crois donc inutile d'insister davantage ; d'ailleurs, la question des vases à rivures exige trop de développements pour être traitée incidemment : elle nécessitera un travail à part. Constatons seulement aujourd'hui que nos seaux semblent apportés en Gaule par le grand courant métallurgique, si je puis m'exprimer ainsi, qui, cinq ou six siècles avant notre ère, plus tôt peut-être, a inondé do ses produits la plus grande partie des contrées occidentales du monde connu des anciens. Ce ne sont point des vases étrusques.

OnJETS DE PROVENANCE ÉTRANGÈRE MAL DÉTERMINÉE, MAIS EN TOIT CAS TRi;S RARES EN GALLE,

Les objets qui nous restent à examiner rentrant, sans aucun effort, dans la même classification, appartiennent à une civilisation du même ordre et, scdon toute vraisemblance, à la même période historique. Ce sont :

Les deux anneaux k enroulements, la rondelle en feuille d'or repoussé, la perle de verre -.

Les anneaux à enroulements. — Nous ne connaissons en Gaule que trois anneaux à enroulements qui paraissent, comme le nôtre, des anneaux de jambes "'.Deux de ces anneaux appartiennent au musée de Mayence. L'un a été découvert près Sarrelouis, l'autre près Blrulesheim. Le troisième est la propriété du D' L. Marchand, de Dijon. (<el anneau a, paraît-il, été trouvé dans la Saône. I.,e 1)' Lindenschmit, (t. 11, t'" liv..

\. Voir cet album ;iii rmisrr rli' Saiiit-lîciniiiin, sallo VI.

i. Voir la ri'iin'sonlation do ces objets dans les Mi'm. de la f^on'rlr i/ex Anliq. lie Frtinre, t. XXXIV, ot IfS ]ilani"Iios annoxi'os à no niôriiniro. — Losobji'ls sont au niusôo do Sainl-(iorrnain, sallo VI. (['Urine G.)

"i. Dos annoan\ somblaldos ont ôti; signalés dopiiis à Cliainiii(;iiy (Aiibo) ot sur (|iiol(iiios pnjnis ilo la rivo droito du liliin ; mais nou< uo ponsons pas que nos ooiiobisioiis )iiiissciil oiiolri' moililii'os.

3i6 LE TdMULUS fiATLOlS DE MAGNV-LAMBEIiT

pi. II, fig. 1), en reproduit un quatrième déposé au musée de Wiesbaden. Nos notes, ne nous apprennent pas autre chose. Ce que nous croyons pouvoir affirmer, c'est que ces anneaux ne se sont rencontrés ni dans les tumulus de FAlsace fouillés par M. Max. de Ring, ni dans les tombelles d'Alaise. Enfin, aucun anneau de ce genre n'était entré au musée do Saint- Germain avant celui du Monceau-Laurent. Nous avons donc tout lieu de croire que nous sommes là en présence d'un ornement d'origine étrangère au territoire de la Gaule proprement dite. Nous dirons la mémo chose du grand cercle aux extrémités enroulées, qui nous semble non un collier, mais une sorte de diadème. Mais ce n'est pas seulement l'anneau de jambe ou le diadème à appendices enroulés qui est rare en Gaule, c'est le motif d'ornementation lui-même. La spil'ale ne se rencontre chez nous que sur des fibules ou bracelets d'un caractère tout spécial et dont le gisement principal, si l'on peut me permettre cette expression, paraît devoir être cherché dans les contrées danubi(mnes et septentrionales d'un côté, dans la vieille Etrurie de l'autre. « La spirale, dit notre éminent confrère Adrien de Longpérier [Congrh de Paris, 1867, p. 2S1), ne se voit pas sur les monuments de Phénicie. C'est peut-être le seul ornement que l'on n'y rencontre pas. Inconnu dans le sud de l'Italie, on le retrouve en Étrurio et sur les vases à bec relevé [de caractère tout étrusque] que l'on a recueillis en Gaule »'. Adrien de Longpérier aurait pu ajouter qu'il est très fréquent dans les monuments de l'âge du bronze ou du premier âge du fer en Hanovre, en Mecklembourg et particulièrement k IlailstatI, où ce genre d'ornementalion se présente avec une abondance que nous ne retrouvons nulle part ailleurs ^ Une s'est montré, au contraire, ni à Yiilanuva, ni à Marzabollo, mais il reparaît dans l'Etrurie centrale ' et

i. \oiv ('onr/rèx (le l'ari.i, p. iHi.

2. Le musée de Vienne (Autriche) contient, iirovenant ilu einictière île Ilullsliitt, plus lie ti'ois cents filniles de ce genre. On en a trouyé aussi un certain nombre dans les différentes vallées du Tj roi. C'était évidemment à une certaine époque un ornement d'usage trts commun dans ces contrées.

3. On en trouve, du moins en certain nombre, dans les musées de ces con-

LES TLMILIS GAILOIS DE MAGNV-LAMIiERT 317

est commun eu Danrmailc. en Suède et en Irlande. Il a donc à peu près la même étendue géographique que les cistes à côles et plus généralement les vases en feuille de bronze battu, ^'ous n'en connaissons aucun exemple dans l'ouest de la France, où les vases en feuille de bronze et les grandes épées en fer font également défaut. C'est un fait sur lequel je ne saurais trop insister. J'ajouterai, ce qui ne paraîtra peut-être pas une remarque inditférenle, que celte ligne de démarcation entre l'est et l'ouest de la France semble se confondre avec la ligne qui, dans notre travail sur les Monuments dits celtiques de la Gaule, y marque la limite orientale des dolmens et le commencement des lumulus à chambres non mégalithiques et à objets en métal. Les objets dont le présent mémoire s'occupe spécialement n'ont jusqu^ici, sur aucun point, franchi cette limite. Nous invitons nos confrères de province à vérifier le fait '.

Rondelle ou feuille d'or estampée. — Les feuilles d'or estampées sont un peu moins rares en Gaule. On les a trouvées sur plusieurs points de notre territoire, tantôt roulées en grains de collier, tantôt étendues sur des étoffes ou servant de revêtement à des poignées ou fourreaux d'épées et à des coffrets. Nous avons vu que le tumulus de Grauholz, près Berne, contenait, outre un seau en bronze, vingt-quatre grains de collier d'or estampé'. Plusieurs tumulus de la vallée delà Saar, entre Trêves et Mayence, en ont offert (h^ remarquables spé-

tn'cs. Mais presque tous sont .sans provonanci's connues. Les renseignements (|ue J'ai pris à cet égard sont positifs. Si bien que j'ai au.jouid'liui des doutes si'ririi\ sur la fréquence de ces fibules dans les tombeaux étrusques : le point ceiitial de leur règne, s'il est piTiuis de s'exprimer ainsi, me semble être bien plutôt les Alpes et les cliaiiies alpestres du Tyrol aulricliieu.

1. Depuis (|ue ces lignes ont été é(-rites, M. L Oalles a découvert un de ce* vases à rivure, identique à ceux de Hallstat, dans un tunudus de la commune de Plougoumelen, village du Rocher, près Vatmes. Cf. IJi'coiiverle de si'/ni/' liires lit; rr]jij(jiif du bronze au liiirher en P/oiigoutne/en, par L. Galles, bi'ocli" de 7 pages et 4 planches. Vamies, tS"8. C'esl jusqu'ici l'unique exception que nous connaissions à la ri'gle posée iiliis haut, mais il ne faut pas oublii'r (|ue ce vase €-1 été trouvé dans une contrée maritime de tout temps en iap|i(irt avee les pays du .Nord où ces vases abondent. • Deuxième rdil/on.)

2. Bonsfetten, Suiip/émenl nu llei-uei/ d'inilii/uilfy suisses, pi. \IV, M" 1 à o.

318 LE TUMULI'S OAILOIS DE MAflNV-LAMnEUT

cimens'. La tombe d Eygenbilsen avait, aussi, avec la ciste à côtes en tôle île bronze, un bandeau ou lame d'or ornée au repoussé et un fragment d'anneau en bronze revêtu d'une fine lamelle d'or -. La présence d'une boucle d'oreille d'or en feuille estampée a été signalée dans un des tumulus de la forêt d'Heidolsheim". E. Desor possédait un bijou semblable recueilli dans la station lacustre d'Auvernier (lac de Neuchâtel) , et plusieurs autres se trouvent dans la collection de M. l'ingénieur Ritter à Berne. On ne peut méconnaître là les traditions d'une même industrie. Les beaux bracelets et boucles doreilles du tumulus de Sainte-Colombe, près Cliâtillon-sur-Seine, sont un des plus remarquables produits de cet art*. Mais il faut reconnaître, d'un autre côté, que cet art n'est pas exclusivement gaulois, et fait penser aux objets analogues sortis de certains tombeaux étrusques °, ainsi que de tombeaux rliodiens et chypriotes ^ Il semble que ce travail tout oriental appartienne aux époques historiques les plus reculées. Ce sont les tombes les plus anciennes, les tombes dites archaïques qui, en Italie et dans les îles de la Grèce, en ont od'ert le plus d'exemples. On retrouve ces lames ou feuilles d'or, avec une ornementation peu diiïérente et les marques d'une fabrication identique, en Crimée d'abord", puis eu Danemark et en Irlande, avec une profusion dont il est difficile de se faire une idée quand on n'a pas visité les musées de Copenhague et de Dublin. D'ailleurs, même remarque que pour les cistes à côtes, les grandes épées de fer à soie plate et les anneaux et diadèmes à enroulements : absence complète de ces bijoux dans l'ouest de la France. Il faut aussi se souvenir que ces lames d'or estampées appartiennent, en Danemark et en

1. Dr L. Lindensdiniit, t. Il, fasc. II, j)!. I, 1. .'i, il, fie.

2. Schuermans, Objets élrusc/ues découmis en llf/gi(juc, 1S72. .3. M. de Ring, Tombes ce/ligues, II, pi. III, f. 7.

4. Voir ces magnifiqiips bijoux au musi'o dp Saiiit-Cormiiiu.

Page 1