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LK CAScjUK DE BICURU 3tH

sont identiques ou ne diffèrent que par l'habileté du travail et la richesse de l'ornonientation. Le Musée de Saint- Germain ne possède pas moins de quatre cents et quelques vases, autant de bracelets, cent cinquante- deux torques, deux cent cinquante (ibulcs et quatre-vingt-quinze épéos ou poignards de cette provenance, sans compter les pointes de lances en fer, les ceintures en bronze, les chaînes et chaînettes, les couteaux, les timho de boucliers, les roues de char, les mors de bride, les boutons, appliques et pendeloques, et nombre d'autres menus objets fournissant de précieux renseignements sur l'armement et le costume de nos pères. Les fig;ures 97 à 102 donnent la forme typique des épées, des fibules et des lances, en regard d'épées, fibules et lances semblables découvertes dans le cimetière de Marzabotto, près Bologne (Italie). Il y a donc là un champ d'exploration ayant donné et promettant pour l'avenir d'abondantes moissons. Le casque de Berru emprunte à cet ensemble de faits une très grande valeur historique.

Cette valeur historique du casque de Berru augmentera encore à vos yeux si vous êtes convaincus, comme moi, que cet ensemble de cimetières appartient à une période dont nous pouvons fixer les limites approximatives entre les années 200 et 330 avant J.-C. Ces cimetières paraissent, en effet, antérieurs à l'introduction de la monnaie en Gaule, postérieurs à l'usage général des armes de bronze'. On y a rencontré des objets de travail italien, notamment une coupe étrusque classée par les meilleurs juges au iu'= ou au conmi:'ncement du n" siècle avant notre ère '. Or ces dates nous transportent au cœur même des mouvements tumultueux qui ont rendu Gaulois et Galales si redoutables et si célèbres en Europe et en Asie à la fois. Les sépultures de la Marne peuvent donc, à bon droit, être considérés comme un com-

1. L'nR Sf-'uliî rpûede bronze a l'ié trouvrc jusqu'ici ilaiis les terrains explorés, et encore la tombe qui la contenait était d'un ordre tout spécial et ne paraît pas faire partie de la même catégorie de sépultures.

2. Voir plus baut, p. .'il.'), fig. 86, le dessin do cotte coupe.

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mcntaire d'une aulhonticité indiscutable concernant les rites funéraires, le costume et l'industrie de certaines tribus ou cités gauloises, pour me servir de l'expression de César, ayant pu prendre part soit à la prise de Rome, soit au pillage de Delphes, soit aux conquêtes en Asie-Mineure. C'est là, on le voit, un sujet national impossible à traiter en quelques mots. Revenons donc au casque lui-même. Et d'abord^ rappelons les circonstances au milieu desquelles les fragments de ce casque ont été recueillis.

(< C'est, dit M. Edouard de Barthélémy, au lieu dit le Terrage, à 3 kilomètres sud-ouest environ du village de Berru, dans la plaine, qu'au mois de septembre 1872 un cultivateur découvrit la sépulture que nous décrivons. Au milieu d'un cercle formé par un sillon qui indiquait peut-être la base d'un tumulus détruit par les travaux agricoles, était une fosse carrée, à 0",90 de profondeur. Cette fosse, orientée du nord-ouest au sud-est, mesurait 3", 90 de longueur sur 2", 64 de largeur. Nous y avons constaté la présence d'un squelette d'homme enseveli dans la force de l'âge, sans trace de cercueil '. A sa gauche étaient déposés, dans l'angle de la fosse, assez loin du corps, sept vases de formes diverses plus ou moins brisés par la pression des terres; deu.x autres vases, on forme de coupe au pied élevé, reposaient auprès de la main gauche. »

Vers les pieds du squelette se trouvaient les objets en métal suivants :

1° Deux anneaux en fer ;

2» Divers débris d'un torques en bronze creux ;

3° Un coutelas en fer ;

40 Un second couteau plus grand ou petit poignard;

5° Six disques en bronze de dimensions variées et diversement ornés ;

6° Un mors de cheval ;

7" Trois agrafes en bronze ;

8" Quatre clous ou boutons en bronze ;

i. Nous verrons plus loin quo le mort t'Iail (■■tondu tout h.iliilli' sur sonder. M. E. tlo liartlirloniy n néfi'i?'' d'insister sur eette i-ireonslanee iniporlanle.

LE CASQUE DE BElilU' 363

9° Une fibule en bronze ;

10" Deux espèces d'aiguillettes en bronze ;

11° Une applique en bronze découpée à jour et ornée de trois perles en pâte de verre opaque ou corail ;

12° Un fragment de chaînette en bronze ;

13° Trois espèces d'anses ou poignées en bronze ;

14° Trois grandes appliques creuses en forme de fer à cheval allongé, deux en bronze, une en fer, ayant fait partie de l'ornementation d'un bouclier ou du harnachement du cheval ;

15° Enfin, un casque de bronze.

(( De nombreux débris de fer, ajoute l'auteur de la note, ont été recueillis dans la tombe. Une quantité assez considérable est tombée en poussière dès qu'elle a été mise à l'air. Dans l'angle à droite de la tète du squelette était un fragment de cercle de roue en fer qui n'a pu être conservé. »

La sépulture de Berru, comme on le voit, n'appartient pas seulement à un grand ensemble homogène d'une époque particulièrement intéressante pour nous, c'est encore dans ce milieu curieux une sépulture exceptionnellement riche, une de celles où le mort était enseveli, couché sur son char de guerre ou do parade'. Nous ajouterons que les objets sont d'un travail très fin et d'un type caractéristique spécial à toute une période de notre histoire, dans laquelle rentrent les tumulus do Châtillon-sur-Seine et de la Côte-dOr en généraP, certains tumulus de la Suisse, les nombreux cimetières signalés dans le département de la Marne, et le cimetière de Chassemy dans le département de l'Aisne. Il y a là les indices bien marqués d'une civilisation à part, qui n'est ni la civilisation romaine, ni la civilisation grecque, ni la civilisation étrusque, bien que ce soit avec cette dernière qu'elle ait le plus de rapports. Cette civilisation, sous sa barbarie apparente, est encore comme tout imprégnée du souvenir des

\. Voir ])liis haut l'.irlir-lp Gr.rr/.-ui//, y. ^28 cl siiivaiilcs.

2. Voir notfp niriiiDiri' iiililiilr : l.i'i Tinniilus riii.)tli>is i/c ta commune de Marjny-Lamhert.

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