‹ Nos originesChapitre 137 sur 188 · LE CASQUE DE BERRL · texte numérisé non relu

LE CASQUE DE BERRL

belles civilisalions de la haute Asie, auxquelles les Etrusques eux-mêmes ont tant emprunté.

C'est là un problème des plus importants pour la France, et qui mérite toute notre attention. Ce problème, vous ne vous attendez pas à ce que je l'aborde ici dans son ensemble ; c'est un des plus graves que puisse soulever un archéologue s'intéressant à l'histoire de hi Gaule indépendante et aux origines de notre civilisation nationale. Si, en effet, l'art dévoilé par les cimetières de la Marne se distingue nettement de l'art dit gallo-romain qui lui succède chronologiquement et dont nous devons l'épanouissement aux conquêtes de César, s'il ne rappelle pas davantage l'influence hellénique de Marseille, il est d'un autre côté aussi incontestablement distinct de ce que l'on est convenu d'appeler l'art celtique, je veux parler de cet art dont les spécimens sont si répandus dans diverses contrées de l'Europe, à commencer par la Gaule, de cet art qui ne connaissait guère comme matière de travail que le bronze, d'où tout motif d'ornementation représentant la nature animée ou même végétale était sévèrement proscrit, et dont les ressources se bornaient à ce que peuvent fournir à l'artiste la ligne droite, le cercle, le losange, et les diverses combinaisons de dessins géométriques.

L'art gaulois auquel se rattache le casque de Berru sort d'une inspiration toute différente : c'est comme un intermédiaire entre l'art dit celtique et l'art gallo-romain, sans qu'il soit possible de prétendre que ces styles différents procèdent en quoi que ce soit les uns des autres. Est-il besoin d'insister sur les conséquences probables découlant de pareils faits, et dont la première et non la moindre est le fractionnement de la grande unité celtique déjà si compromise à tant d'égards — la constatation, dans les éléments dont se composait la civilisation gauloise à l'époque de César, de deux courants fort différents^ le courant celtique d'un côté, le courant gaulois de l'autre '.distincts à lafois d'époque, de tendance et d'origine.

Mais revenons à la tombe de Berru. Nous avons dit que le

i. Voir plus loin noire article l'iciiihis.

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chef enseveli dans cette tombe y était couché sur son char. Ce n'est pas une conjecture ni un fait sans précédents. Le fait s'appuie non seulement sur le fragment de roue de char, malheureusement détruit aujourd'hui, dont nous avons déjàparlé, mais sur une étude attentive de la tombe elle-même, que nous avons fait ouvrir à nouveau par M. Abel Maître et où les ornières des roues ont élé retrouvées très nettement marquées dans la craie, comme cela avait été constaté dans d'autres tombes analogues. Nous connaissons en ell'et déjà, et sans avoir fait à cet égard aucune enquête spéciale , trente-six tombes présentant la même particularité dans la zone de cimetières et tumulus précédemment indiquée par nous, savoir :

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