‹ Nos originesChapitre 37 sur 188 · W3,GG0 .3. i:!S · texte numérisé non relu

W3,GG0 .3. i:!S

Il ajonte ; « Quoique le nombre des liacliettes de jadéite et dr néphrite recueillies dans nos lacs soit petit, comparativement i\ celui des haches façonnées avec des pierres indiKènes, leur présence ne dénote pas moins, selon moi, uni' immigration de peuples ayant aiiporlé ces objets avec eux. Car la néphrite n'est connue comme indigène qu'en Turkeslan et en Sibérie, auv environs du lac ISaïkal. La jadéite vient de la (^.liine, de la province de Kiang-Si, au sud de Nankin." {Les luibilations /aciislres du lac de llieiine, itnv le D' (iross, p. S, 1873.)

den:

.ladéite.

Né]ihrile.

Ui

LK RENNE DE TIlAÏNdEN 91

rondelles en coquillage, des grains de colliers en calais, espèce de turquoise qu'il faudrait aller aujourd'hui chercher au moins dans le Caucase. Voici onze haches en néphrite ou jadéite (quatre en néphrite, sept en jadéite) appartenant, l'une au musée de Saint-Germain, les autres à la collection du D' Gross, de Neuveville (Suisse), qui a eu la gracieuseté de me les confier; toutes proviennent des stations de la pierre polie du lac de Bienne, Locras et Gérofm'. On peut juger,

l. M. Damournous a conimiiniqii''' à i-o snjcl la noli> suivanle, qiio nous sommes litMiroiix (linsérer ici :

i< Je n'ai pas cru devoir recommencer les analyses que M. (le Fellenl^erg a l)ul)Iiées sur les haches en néphrite et en jadéite trouvées en Suisse. Chacun connaît les méthodes précises et l'esprit consciencieux du savant professeur à l'L'niversité de Berne : on ne saurait donc élever le moindre doute sur l'exactitude du résultat qu'il a obtenu.

« J'ai décrit dans plusieurs notes insérées aux CDinptcs rendus de l'Académie des Sciences les principaux caractères des jades, des jadéites et chloromélanites; cette dernière peut être considérée comme une simple variété de jadéite qui serait mêlée de chlorite et de sulfure de fer.

" On connaît des gisements de néphrite dans la Siliérie orientale, dans la Mandchourie, la Chine, et dans quelques îles de l'Océanie. La jadéite se rencontre en galets arrondis, plus ou moins volumineux, dans les conti'ées voisines des hautes montagnes du Thibet; c'est le seul gile que l'on ait constaté jusqu'à 00 jour. Cette matière minérale doit iloiic pailiriilirremenl .illirer l'attention des archéologues.

'< Je crois cependant qu'il serait prématuré d'admettre, dès à présent, que les objets en jadéite trouvés en Europe dans les cavernes, les dolmens, les habitations lacustres et les terrains quaternaires, proviennent véritablement du continent asiatique. Il est d'abord à remarquer que la jadéite des haches et des autres objets que l'on découvre en Europe n'a i)as au même degré la pureté, la translucidité, le pwies rainéralogique de celle qui nous vient de l'Inde et de la Chine. Sa teinte verte plus ou moins foncée est généralement assez terne et ne montre jamais celle belle nuance vert-émeriiinle (|iii doinie un si haut i)rix à certains échantillons de jadéite de l'.Vsie.

« Si cette matière minérale a été importée en Kuropi' |iar des émigi'anls cl'.\sie, il nous semble qu'on devrait en rencontrer des éi-jianlillons épars sur le longparcours que les peuplades asiatiques ont suivi pour arriver jusqu'à l'extrême occident. (Jr ceci ne paraît pas avoir été coTistalé jus([u'àce moment. On trouve en France un assez grand nombre de haches en jadéite réparties sur au moins trente-cinq départenK^nls, principalement sur ceux qui avoisineni les Alpes et ceux qui représentent l'ancienne .Vrmorique. On en voit .lussi dans le nord de l'Italie, en Suisse, dans l'.XIIemagne centrale et en Espagne, .le n'en connais pas qui proviennent île r.\ngleterre, du Danemark, de la Norvège^ ni ilr la Suède. Il nous parait donc prudent, avant de se prononcer sur le point iinpoitant de la provenance des haches et autres objets en jadéite, d'attendre qu'on ait fait de plus complètes recherches sur tous les lieux qu'ont dil ]>arcourir les tribus émigrées du fond de l'Asie. Il y a aussi à ri'chercher d .1 nciieilllr sur

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par ces spécimens, de la distance qui sépare, sous le rapport du travail de la pierre, les populations de l'âge du renne de celles de l'âge de la pierre polie. D'un autre côté, la distribution géographique des monuments (dolmens et allées couvertes) qui caractérisent cette seconde époque de la pierre,

If confinent asiatique les objets fabriqués, avec cette même matière. aii\ époques préhistoriques, pour les comparer à ceux que nous fi'ouvons eu Europe dans les cavernes, les dolmens, etc.; c'est alors qu'on en pourra tirer des inductions plus décisives.

" Malgré l'insuccès des reclierclies faites .jusqu'à ce momeul pour trouver uu gisement de jadéile et même de néphrite, soit ilans les .\lpes, soit dans quelqu'autre terrain de roches cristallines en Europe, on ne saurait affirmer encore que ces matières n'y existent pas ou n'y aient .jamais été rencontrées. 11 est possible, en effet, que les gites iiutrefois exploités en nos contrées par lis hommes du temps de la pierre polie, aient été épuisés, ou bien recouverts, par suite délioulis, ou par des alluvions plus modernes. A ces époques reculées dont l'histoire ne fixe pas avec précision la date, les matières minérales employées à la fabrication des divers instruments ou des objets de parure ont dû être recueillies à l'état de galets, sur le bord des cours d'eau, des lacs, sur les moraines des glaciers, ou à la surface des terrains d'alluvion. Il eut été trop diflicile alors, faute d'engins suffisants, d'attaquer les masses de roches dures et J'y suivre un filon comme on le fait de nos jours dans l'exploitation des mines. On voit sur les haches en néphrite que nos marins rapportent actuellement des îles de l'Océanie, que ces objets, dont la forme est souvent peu régulière et dont les contours arrondis paraissent avoir été usés par le roulis des eaux, ont été confectionnés avec de simples galets et ((u'il a suffi de les user et de les affûter sur un de leurs bords pour obtenir une partie tranchante. Il a dû en être de mènie i^our beaucoup de haches en jadéite et en néphrite des temps de la pierre iiolie; mais ou doit reconnaître aussi que les hommes de ces époques reculées melfaient plus de soin et de coquetterie dans la confection de leurs instruments en pierre dure, que ne le font les sauvages de nos jours. On en voit en effet qui ne laissent rien à désirer, tant sous le rappori de l'élégance des formes que pour la netteté de leur poli.

« Au Mexique et sur quelques points de l'Amérique du Sud, on trouve également des haches, des idoles, des amulettes, des grains de colliers et autres objets en jadéite. Dans ces contrées, la matière est plus belle, plus translucide et se rapproche davantage de celle de l'.Vsie (pie la jadéite de nos haches trouvées en Europe. Il esl fort à présumer que les .uiciens peuples du cniiliuent américain ont trouvé cette matière minérale sur leur propre sol et eu oui recueilli avec soin les plus minces échantillons, .le suis 1res porté à croiri' que la substance minérale décrile par M. de La Condamiue sous le nom de l'ierre des Amazones doil être rapportée à la jadéite. Voici ce qu'en dit ce célèbre savant :

« C'est chez les Topityos qu'on Irouve aiijiiurdbiii plus aisément cjue pailnut '1 ailleuis, de ces pierres vertes connues sous le ucuii de l'ierre des Amazones '. dont on ignore l'origine et qui ont été fort ri'cherchées aulrefois à cause des .. vertus qu'on leur adribuait de guérir de la pierre, de la coli(|ue néphréti(pie '. et de l'épilepsie. . . Elles ne dill'èrenl ni eu couleur, ni en dureté ilu ja<le orii'U-

LE ItliN.Ni; DE TllAÏNGEX 93

flilu époque néolH/t/f/iie, on opposition à la première, celle des cavernes, dite paléolitliiqae, est loule dillérenle, comme la carie des dolmens, comparée à la carte des cavernes, le démontre amplement '. Enfin, les objets et animaux associés à la pierre polie sont, comme je l'ai dil plus haut, tout autres que ceux des cavernes à l'époque du renne.

11 y a doue bien là, dans la marche di' la civilisation eu Gaule, ctuiime plusii'Uis naturalistes l'ont remarqué, une ligne de démarcalimi hirn tranchée constiluaul deux époques distinctes-. Il y a là deux civilisations superposées; s'il y a progrès de l'une à l'autre, c'est un progrès subit et à un certain moment, pour ainsi dire, instantané. P(uu'l.int li'S drnx époques se touchent et se péuèlrent sans qu il soit possible de placer entre elles aucune période inlrnnérliaiie. Des faits, des faits hors de toute contestation, prouvent, en elfet, que toutes les fois qu'il y a coïncidence dans les stations des deux époques, la pierre polie se trouve diiectement et sans intermédiaire superposée et quelquefois mêlée aux débris de l'âge du renne. MM. Piette et Larlet me

•■ tiil; elles l'ésisti'iit M la lime el on irimii;;iiii' iJiis |i:ii' fuiel artifico les aiieiens •1 .Vinéi'icajiis ont pu li s liiiller et leur ilonuer diverses ligures (i'aiiiiuaiiv. >. (Itf/alion d'un voyarje en Amiirique.)

" yuel([ues searahées égjiilieiis, assez rares du resle. ont été sculplés ilaus une jiierre \ert-souil)ro, dont les caractères de dureté et de densité m'ont paru SB ra|iporter iTiliérement à ceux (pie ]irési'nle la.jadéite des haches préhistoricpies. .le M'en ai pas l'ail d'analyse parci' ipi'il iiiiiail ralln les entamer et par consé- (|Ueid les eudommaf;er heancoup : on sail aM'c ipiel religieux respect learchéologues conservent ces précieux olijils ilaulicpiilé l'I li' haut prix (pi'il-. ; atlachenl.

« En résumé, je suis il'avis (piaN.ml de liaurliei l.i (pif'slion ili' I ori^;uie asialiipie des olijels en jadéil(' el en riéplirile r]uc l'on rencontre dans nos cavernes el nos dulmi'ns, il y a lieu de conlinuer les ivcherclies, sur les points du pail'ours [irésiMué des rai'es asiatiques ayant éinif;ré eu Kurope, et de poursuivre I eX|iloiati(jn di'S terrains crislallins. éiaiplils, elc. ili' nos contrées ipii pourraient receler encore les nialiéres minérales meniioum'es dans cidie noie. » lil noveinlirc 1877. — 2' (■dilinn.)

1. Les minutes de ces cartes soni déiiosées au Musée de Sainl-IJennain où on peut les consulter. — Voir [dus loin l'articli' M(jiiiiiiienls pi-iinilifs ilc lu <iiiu/e el les cartes des dolmens et des cavernes qui accomp:i^,'uenl le .'.'^ fascicule du liiclioiiiiaire aiT/ico/or/ir/iie de ta Gitii/i' (époque celli(pM').

2. (^uelipies esiirits aventureux ont même été jusqu'à i)rélendi'e qn'enire ces di'ux époipjes, pendant uni' assez loui;ne période, la liaule méridionale avait di'i elre inhahitéi'. Ce sont l.'i de> li; polhéscs sans aucun londement.

94 1,13 RliNNIi DE TIIAÏNdKN

paraissent avoir parfailumcnl démonlré celle véiité par rie iiombieux exemples tirés de leurs propres i'oiiilles '.

Mais n'y a-t-il pas, de cette lacune apparente dans la marche de la civilisation en Gaule, une explication bien simple et conforme aux données générales de l'histoire? C'est que les popula lions de l'âge de la pierre polie étaient des populations nouvelles et distinctes de nos Troglodytes, populations venues du nord-rsl en particulier, selon nous, mais aussi, quoi(]u'en moindre nombre, du Caucase, par la vallée du Danube. Ces populations apportaient avec elles des industries inconnues jusque-là, les animaux domestiques, l'art de l'élève du bétail, des habitudes agricoles et sédentaires en opp(.)silion complète avec les habitudes plus nomades des chasseuis de rennes. Cela ne doit point nous étonner. L'hisloire nous montre que partout aux populations les plus anciennes, que les Grecs auraient nommées aiitochthones, ont succédé des populations venues d'Orient.

Mais l'âge de la pierre polie, tout lend à le démontrer ^ lut de très bonne heure pénétré par l'invasion restreinte d'abord, puis bientôt très sensible du bronze oriental. Or, ces objets de bronze, que nous recueillons, que nous touchons, dont nous pouvons analyser le métal et étudier les formes, nous les retrouvons identiques' dans les îles de la Grèce, sur les bords de la Baltique, dans les Iles Britanniques, en Suisse, en France et en llalir. Nous pouvons déterminer approximativement la date initiale de cette importation des métaux en Europe. Cette date ne peut guère dépasser, pour les contrées helléniques, le xx'^ siècle avant noire ère, dix-neuf cents ans environ avant Jésus-Christ*. Elle doit descendre au xn", sinim au x"= siècle pour la Gaule.

1. E. l'iC'lU', la Gralle de (loiirc/rtii, \i. 18 tt suivaiilcs.

2. Voir, au Jlusôe de Saiiit-Gciinaiii, la \itriiieconlcnaii( li> )>riiiiirrs Ijionzcs trouvés sous li'S iIdImicus, en coiniiaraul rcs olyels aux objets siniilaiies déposés dans la viliino de l'ilc de Chypre. Voir aussi l'intéressant travail de M. le D' Prunières sur les Do/mens de la Lozère, public dans la Revue d'Anthropologie du Dr liroca (1873).

.'!. Voir plus loin la Noie sur les ISiu/tzes Iraitsal/iius.

■4. (yi'Sl là la dali' à la(|ui'l!c |in'>(|iic tous ei'U\ ipii se sont oeeupés de ces

LE RliN.Nlî Dli TIIAÏMIEN 95

Acciiiiluiis il la pierre polie, période à laquelle personne n'assigne une liés longue duiée, quinze cents ans d'existence, cela nous reporterait à peine à l'époque du second empire égyptien. L'âge de la pierre pidie aurait donc commencé, en (jaule, longtemps après Mènes et n'aurait pris fin qu'à peu près à l'époque de Salomon. Ne sommes-iKuis pas là en pleine histoire, et n'est-ce pas trop isoler la Gaule du reste du monde que de donner à ces temps ridativement si rapprochés de nous le nom de temps antéhisloriqiies'l Pourquoi l'étude de ces temps relèverait-elle plutôt des naturalistes que des crudits? Non, ces études, dès que l'on sort des époijues dikniennes, dès que l'on a dépassé l'âge du mammouth et du grand cerf, dès que l'on atteint la fin de l'âge du renne, sont pleinement du domaine des érudits; elle leur appailienntuit de droit. Les géologues et les naturalistes peuvent signaler des faits nouveaux : c'est aux érudits, aux historiens à les interpréter et à les mettre en œuvre. On ne sait pas assez quels trésors historiques renferme la mythologie hien comprise, comhien de faits réels cachent les vieilles épopées, ce que l'élude de l'ornementation seule des vases et ustensiles des temps primitifs contient de renseignements précieux. La hranche nouvelle de la science qui se développe aujourd'hui est sans doute surtout, ainsi qu'on l'a dit spirituellement, extra-littéraire; on a tort de la ([ualitier A'untéhistoriqiie. Les faits nouveaux, révélés depuis une vingtaine d'années, apportent un accroissement notalde à l'histoire; ils ne sont pas, si ce n'est pour l'époque diluvienne, en dehors de l'histoire. On ne saurait trop répéter ces vérités qui, méconnues, pourraient jeter l'archéologie nouvelle dans les voies les plus fausses.

L'époque des cavernes se lattachc elle-même élioitement à cette chaîne indissoluhle des temps historiques. Les troglodytes n'ont point, en effet, disparu avec l'avènement de la

questions soril Hiii\i''8, Ipicii qui' |i.'ii' di'S Miics li-rs ilidt-reiitfts. C'csl en |i.iiljculicr 1,1 date assi^'néi' par M. Koiunir aux ûrniiliDns volcaniques de S.intoiiii, qui seinlj|(-nt inarciuer liour la (Irèee l'âge de transition de la pierre au hroiize, Voji- l''iiiii|ué, Ai-i/iici'.s i/l's niinxi'ins, 2'-' sél'ie. t. IV (IStilj.

yb Lie liENNli DE IllAlMiEN

pieiTC pnlio. Les anciens ti'ignoi'aienlpoiul l'exislence de celte pliase obscure iiu'avaient traversée certains groupes humains. Ouvrez IMine, vous y lisez celte phrase : « Lalcrarias acdomos constiluerunt primi Euiyalus et Ilyperliius tVatres Athcnis. A)itea speciis crant pro domibiis '. »

Diodore de Sicile n'avait-il pas dit avant Pline, » que les piemiers hommes menaient une vie misérable, qu'ils étaient sans abri et se réfugiaient l'hiver dans les cavernes- »? Et Strabon ne nous apprend-il pas que de son temps « les Parali, les Sossinati, les Balari et les Aconiles do Sardaigne, vivaient dans des grottes ^? » Je rappellerai encore la fameuse phrase de Florus touchant les Aquitains; elle a été citée par tous ceux qui se sont occupés des cavernes : n Aquitani, callidum genus, in speluncas se recipiebant, [CœsarJ jussit includi; » et celle de Tacite, touchant les Germains, « qui solehujit subterraneos specus ape?ire suffugium hiemi et receplaculum frugibus '. » 11 est bien permis de voir là des restes d'anciennes habitudes troglodytiques.

Au xV siècle, une partie des îles Canaries était habitée par des troglodytes : a Les hommes ne construisent point de maisons, dit Cadamosto, ils n'habitent que les grottes des montagnes, leurs armes sont des pierres et des espèces de javelots ou lances de bois aussi dur que le fer et dont la pointe est armée d'une corne aiguë et durcie au feu '. )> Ne se croirait-on pas au milieu de nos hommes des cavernes de l'âge du renne? C'est ainsi ijue le passé se relie au présent et que

1. l'Ihii', ///.s/. ,i(il.. Ii\. VII. c. Lvii, 4, nlil. IJIIiv, t. I, p. 311. " Kiirviliis et Il\ |ii'i'liiiis Irori's l'tiililirciil les pix'micrs i'i .Vdii'iics les l'aliriciucs iW. Iirj(|iii's et les iiiiiisoiis : Jiiipiiroviint, c'étaient les ea\enies uni .servaient de denieuj'es. ••

-. Diod. Sic, 1, 8, « *Ex oè toO xa-u' oXiyov itiih xr,; ireipa; 5ioa'7xo[JLévou; sî; tÎ iTtriXaia xataçeuvecv èv Tm 5(£i|xwvt x.t. X. " Uiodoi'e, liv. 111, c. lii, jiade de tl'Otîlodytes \ivant encore de mm tenais antuur lUi nolte .Vrabique. Il va même jusqu'à donner à l'une de ces eontiéesle nom île Ti(i(;lodyti((ue. " llîp'iôî twv èOvwv -ô)V xXTOtxrj'jVTWv Tr|V T£ Tcocpa/.îav ToO 'ApafiixoO xô/Tirju xa'i 'rpoyXooUTixriV. "

;i. Stial)., liv. V, p. 22.^: '■ IlipaTOt, looaivKTOi, BàXapoi, 'Axiovit:;, Iv aizr-

/OtCOtÇ ûîxOÛVTt;. ■'

■i. Tac, deriji., rli. \vi.

o. Mviiioirps i/f lu Siic'u'lr iriClluioluijh', t. 1 if' [lal'tie , ji. 137. .Mémoire de .M. Sahin lîeitlielot.

1 i: llEN.Nli DE ÏIIAÏM.EN 97

nous pouvons éludier les Ages primitifs, non seulement dans les nouveaux musées' qui se fondent partout en Europe, mais dans les textes que nous ont transmis les auteurs anciens cl dans les relations des voyageurs modernes.

Les découvertes de la nature de celle qui vient d'èlre faile en Suisse sont donc du plus grand intérêt liisloi'i(}ue, sans être appelées pour cela à bouleverser en rien r(''Conomic générale de l'histoire. Elles sont un accroissement, un cuniplénieiil. ([uelquefois une éelalanle coiifnmatinn de la tradition écrilr ou clianlér : elles ne sont point en conlradiclion avec elle.

En somme, il est prouvé que l'Iionime a vécu en Gaule après les temps quaternaires, à une époque où le renne sauvage ou domestique errait en troupes, libre ou domestique, dans le midi de la France. Les cavernes étaient alors sa principale habitation, et il ne rompit avec ces habitudes troglodytiques que quand de nouvelles populations venues de l'csl, apportant avec elles la vie pastorale et agricole, le translurnièreul ou le chassèrent du pays.

Dans mon voyage en Danemark^ pendant le Congrès international de 1868, j'entendais dire que, suivant une croyance des hommes du nord de la Norvège, là où la vache avait brouté, le renne ne broutait plus; qu'il y avait incompatibilité absolue entre cet utile mais sauvage animal et nos animaux domestiques. Les zoologistes nous apprendront un joursi le fait de l'apparition des races domestiques en Gaule suffit pour v expliquer la disparition du renne à l'époque de la pierre polie ; les archéologues, les érudils et les historiens se contenteront, jusqu'à nouvel ordre, de constater un fait indiscutable, à savoir que, quelque icculé que puisse être dans le passé le moment où les populations troglodytiques ont apparu en Gaule, elles y ont vécu progressant tonjonis, mais dans un ceicle tri's étroit,

I. Des iiiiiM''rs ili' <'!' ^l'IJi'i' i>\isli'ii( .'illjijui'd'ljiii, |iiim' rir parli'i' rjuc ili'> priiii'iiJiuix, à (loïK'nliiiKUc, Stockliuliii, Hanovre, .Scliwcrin. Majonci', Ziiiicli. l'cnic, >lihin, l'ariiic. ItcKKin, liolonnc, Klorcnrc, l'éroiisi' cl lluinc. Le iMiisér ilr Sninl-ficniiMin, fînicc ;'i dr tioinlu'riix iiimiliigcs, n'tinjl les iiiiiicipam s|ircinirn< CKiilciiiis ilarjs cis ilivrisr> l'iillci'liuris.

l.K liKN'NK DE THAl.NGKN

jusqu'au momeut où elles ont élé chassées ou civilisées par

les peuplades de la pierre polie, époque qui est loin de se perdre dans la nuit des temps et qui touche, au con- Iraire, par les rapports de ces populations avec les pays où la métallurgie est née, aux temps absolument historiques.

Sur un seul point les populations ti'uglodytiques paraissent avoir montré une merveilleuse vocation : les arts du dessin, qu'elles ont poussés dans un sens réaliste très remarquable à un degré assez avancé pour faire, aujourd'hui encore, notre étonnement. Il est à croire que, à tous les autres égards, elles seraient restées statioimaires comme les populations des îles du Sud et même des îles Canaries, si la lumière ne leur était pas venue du dehors.

On pourrait faire une remarque analogue relativement aux hommes de la pierre polie. Les hommes de celle période, bien supérieure à la précédente ', ne surent point, par la seule

fig. 22. - Jlaiichr ,!.■ i.niL;ii;

rciircsciilaut un reiiiir.

1. Toiilol'ois, il laul luilv.v qw l'ail du ili'ssiii (ii>iiaiail avoc l'ànc ilc la piiM'ii' iiolif pour ne iciiaïaUro (|u'à l'éiioiiui' dv l'iulroiluctiLm ilu IVr l'ii (laulr. Il

LE BENNE DE THAÏNGEN fl'J

vertu de leurs propres forces, sortir du cercle étroit où ils étaient renfermés. Ce sont des étrangers qui leur apportèrent les métaux et une nouvelle organisation sociale.

Des philosophes théoriciens ont prétendu que l'homme avait été partout condamné à passer successivement de l'état de chasseur nomade à celui de pasteur, puis d'agriculteur, avant d'arriver à l'état social parfait. Jus(]u'ici les faits démentent CCS théories, du moins pour l'Europe. Les premières générations d'hommes livrées à elles-mêmes n'ont nulle jiart. dans nos contrées, su dépasser une certaine limite assignée par la nature au développement de leurs facultés isolées. A deux reprises diticrentes, en Gaule, ce sont de nouveaux groupes humains (jui ont fait sortir de leur sommeil les populations antérieures avec les(|ueIlos elles semblent ensuite s'être fondues, leur communiquant, mais peut-être aussi leur empruntant, des aptitudes nouvelles.

Il semble que la loi jirovidenli.-ilc du progrès obéisse k la doctrine économique de la division du travail. Chaque groupe humain, à mesure qu'il se constitue, parait avoir son rôle tout tracé. 11 apporte ainsi sa part au trésor qui, s'accumulant de siè.cle en siècle, devient le patrimoine inaliénable de l'humanité.

Sain(-(HTiii.iili, le I'''' Mi.ii'- ISVi.

V a lii un tait qui p;ii"ii( tenir i' des doelrines religieuses. On sait que certain* peuples, encore au.iijurd'liiii, regardent comme une profanation la reproduction d'êtres aiijniés par le dessin mi la <i-iil|ilure.

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