Sclireber, Zwjlonie, \>\. CCXLVIII, A, lî, C, D et E
1. Ci's dessins .soiil déposés au Musée Saint-Germain. Voir salle 1, à colé Je 1.1 vdrinr a.
(communes de Tursac et de Tayac). Dans les vallées pyrénéeimes (Ariège, Ilanle-Garonne et Ilaules-Pyrénées) , les grottes d'Alliat, de Massai, d'Aurensan inférieure, de Gourdan et do Lorlet. Les grottes in\ abris de IJruniquel, au nombre de deux, dans le Tarn-et-Garonnc ; celles de La Cbaise (commune de Voulhon ) dans la Charente, de Chaffand dans la Vienne, de Chàtel-Perron dans l'Allier, de Veyrier dans la Haute-Savoie, et enfin de Thaïngen en Suisse'. Je no parle pas des grottes de lîolgiqne où Tari Iroglodylique est beaucoup moins développé.
Le nombre des objets en os ou bois travaillés" qui ont été extraits de ces gi'ottes dépasse cerlainemenl un millier. Le nombre des silex taillés serait incalculable. Cet ensemble do faits est donc digne de la plus sérieuse attention.
Mais il ne faut pas croire que les hommes des cavernes soient arrivés do prime-abord et sans tâtonnement au degré de perfection qu'ils ont atteint comme artistes, permeltoz-moi le mut, car ils méritent celte épilliète. Les cavernes se divisent en deux groupes suffisamment distincts et qu'il est f.icilodereconnaîlreau muséede Saint-Germain, grâce àl'ordro méthodique apporté par M. de Mortiliet dans le classement de la salle de la pierre. Le premier groupe, inconleslablomcnt le plus ancien, renferme des cavernes où le grand ours et le mammouth dominent (c'est l'âge du mammouth de Larlol). Aucun objet en os ou en bois travaillé no s'y roncontre. Los os travaillés n'apparaissent que plus tard '. C'est alors
I. Il conviont fl'.njoulor ii coite, liste los grottos di' Tîizo l'I de L;i (Irouznde Aiiili'i, (le L.'U'zac fAveyron), do la Vaclic (Arirgo), du l'IniMnl cl de Montgaiidlcr Cliarcnipi, du I'ont-du-(lard lOard), dp Durutliy (Landrss du Salrvc. (Sulsso), qui ont rli'' signalrs depuis notre leelure. Arri/ /SS7. — Deiixi'cme rdilion.
i. Nous comiirenons dans ee nonilire les aiguilles à elias, les flèelies et harpons en bois. Nous ne saurions dire quid est le loMulire îles iilijcls sur lesquels ont élr eonstali's des dessins. Ce serait une stalisliiiue ulile à tauc.
.'i. M. de .Mortiliet \('(>ii;/}-eii de livu.n'lles, p. 4.')C) ndiiiel une rpoquo iidrniii'diaire ù laquelle il donne le nom d'i'poque de Solulré : l'exisleiiee di' {•ri[o ('•poque ne tne parait pas encore nettement di'monlivr. Les sile-v dr Soluln'' apparlii'nnent eerfainenjenl ;'i un hpc spt'eial, mais i-.|-cc luic raison pour en faire uni' l'qioque dislinelc .' Il me si'Uilile plus prudinl dr ni' icroimailre jusipi'à nouvel .irdre i[ue ,\f\\\ strandes r|ioqui'S : eillr du -ili'\ ^.in- mélange i\'(>>
spnlpnipnl quo.
dans les grottes du type dit de la Madelaine (Age du renne de Lartet), commencent à se multiplier les tlèches barbelées, les bâtons de commandement sculptés ou gravés, les fines aiguilles en os, les harpons (fig. 16) et poignards ornementés mêlés à des silex (fig. 17). ^lais il est bon de remarquer qu'à celte époque le mammouth, le grand ours, le cerf mégacéros ont disparu depuis longtemps. On n'en trouve plus trace dans les couches qui contiennent les ,\ 1 beaux dessins que je mets sous vos yeux. L'art de lu Madelaine, pour lui donner le nom du groupe auquel il appartient, n'est donc point un art primitif. Il n'apparaît qu'après de longs siècles de tâtonnements, il représente le point culminant auquel les artistes des cavernes ont pu arriver après de longs efforts. Il n'est peut-être pas défendu de croire que cet art ne s'est définitivement développé qu'au contact des hommes de la pierre polie et à une époque où la Gaule méridionale était déjà en rapport avec la civilisation des contrées méditerranéennes. Faudrait-il alléguer, à l'appui de cette
ou bois travaillé avoc présence du niiimmouth et de l'ours des eavenies, et celle du bois travaillé avec prédominance du renne. M. de .Mortillel reconnaît luimême f(u'il y a débat au sujet de l'époque de Solutré. Les deux autres jrrandes époques sont, au contraire, admises par tout le monde. ■< Le travail jjrossier et primitif de l'époque du Moustier, dit M. de Mortillel, se transforme et fait place à Solutré, et dans les cavernes du même type, à un travail de la pierre beaucoup plus perfectionné, tellement iierfei-tionné même (|ue (juclques personnes ont cru ((ue cette époque lievail servir de transitiim entre la pierre taillée et la picirc polie. >l:iis cette siipposilion n'a pas de l'(in(li'iMeiil. »
Ki),'. IG et n. -Harpon et couteai en silex des cavernes.
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hvpolhèse, la stahietto en ivoire trouvéo à Laugerie-Basse, cl qui' nous reproduisons ici (Pig. 18), d'après une photographie'?
En lout cas, les faits dont nous venons de dérouler rapidement le lablcau, et dont le nombre s'accroît tous les jours, ne peuvent être attribués à des jeux du hasard. La coïncidence répétée des mêmes silex avec les mêmes espèces d'animaux sauvages, autour de foyers allumés par l'homme sur des points si distants les uns des autres, en Belgique, en Béarn, en Périgord, en Suisse; l'absence de toute pierre polie, aussi bien que de vases en terre et d'animaux domestiques dans ces mêmes cavernes; l'idenlilé des procédés de gravure ;i Gourdan, h Laugerie-Basse, à Thaïngen ; la conformité des types gravés avec les espèces alors vivantes et dont quelquesunes sont devenues depuis si rares parmi nous, ou même, comme le renne, ont émigré vers le nord; tout cela, ce me semble, doit faire disparaître le doule. Nous donnons plus loin trois spécimens de ces gravures, provenant do Laugerie-Basse, commune de Tayac (Dordogne). Ed. Lartet voyait dans l'une un bouquetin (fig. 20), dans l'autre (fig. 21), la partie postérieure d'un aurochs ou bos primigenius. La figure 22 reproduit une ébauche de manche de poignard sculpté ropréseulanl un renne.
l'i-. is. Fi-,
Sl.iliicllcs on iviiii(
1. Ci'Hc sliitiicllc lie IViiiiiic, l'ii ivoire !i iiioilir [jd!!, l'^iil p.nlio de la CDlIccliou do M. le marquis fin Vibrayo. Note do M. i\o Vibrayc ilaiis les Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. LXI, sraiici' du o spplotiiljic ISti.-i. Tirage à part, avec planche, f. 2. Elle rappelle certaines staliietles éxypiiennes en bois, servant de manche de cuiller. La fig. 1!) représente une statnelte masculine en ivoire de morse des Tulsaginioutes du cap Slel'ens. Norton Souml (.Musée iCcllmograpbie, coll. Piiinrd . l'.llc i->l donnée iri i-dninie pninl de cornii.iiiiisini.
Reste il savoir jusqu'à quelle profondeur nous devons descendre dans la série des couches historiques pour arriver à l'ère où les nomades chasseurs de rennes dominaient dans
nos montagnes et nos vallées.
Celte question est des plus importantes : il nous est impossible de ne pas en dire un mot ici, bien que nous nous soyons interdit tout empiétement sur le terrain de la géologie. Si, en effet, l'époque où les cavernes ont commencé à être habitées
Fi^. 20. — Iiou(|notin? Aliii sous rorho ilo Laiif;orio-P..iss('. cniii. do Tayac (Doi'dogiioi.
en Gaule est indéterminable aujourd'hui par le seul secours de l'archéologie, si c'est même un problème qui nous paraît d'une manière absolue ne pouvoir de longtemps sortir du domaine des hypothèses, dans l'ignorance où nous sommes dos lois météréologiques qui ont présidé aux changemenis de climat et de faune que cette longue période a traversés depuis l'âge du mammouth jusqu'à la fin de l'époque du renne, il est moins audacieux de se demander vers quel siècle ajiproximalivemenl ont jiris lin les habiluiles troglndyliquc>. l'onrnous,
qui n'admollons point d'époque intiM'méiiiairp outre l'Age des cavernes el l'âge do la pierre polie ', la question revient à déterminer le commencement de la grande révolution à laquelle nous devons, avec la pierre polie, l'iulroducliou des ani-
Fif;. 21. — Aurochs (Abri sous roche do Lanf,'''''i''-l'''isso).
maux domestiques dans nos contrées. Or, la sniulion du problème ainsi reldurné devient iieaucdup plus sim|)li'. Il n'est pilus compliqué de toutes ces considérations de niodilications
1. Nous somnips nirmc coiiv.iineu, .'Mijounl hui, i\nr cirliiirns cavi'rnis oui ('Ir liabiti'-cs par les Trogloiljtps et leurs Iroupeauv de rennes assez lonplemps eni-ore apn'--; le eninnieiieiiii 'ni de la eivi'Ualioii d • la |iienT polie.
de faune, de flore, de climat, de retrait ou de retour des glaciers, qui obscurcissent singulièrement la question des cavernes habitées, en ouvrant à l'imagination les perspectives les plus lointaines. Avec la pierre polie, nous nous trouvons dans des conditions difFcrentes. Tout, à celte époque, appartient au monde actuel, à notre nonnde historique. Non seulement nous sommes déjà en présence de groupes humains qui ont pour le moins les plus grands rapports physiques avec les races actuelles de l'Europe ', mais nous savons que ces hommes vivaient avec les mêmes animaux domestiques que nous, qu'ils cultivaient la terre, bâtissaient des monuments funéraires dont quelques-uns subsistent encore aujourd'hui, et offraient l'aspect d'une société régulièrement établie. Bien qu'il semble au premier abord, y avoir, comme on la dit, entre l'époque des cavernes et l'époque de la pierre polie, un immense hiatus, ces deux époques se touchent incontestablement.
Aux silex taillés à éclats, aux lames de couteaux de Gourdan, de la Madelaine ou de Thaïngen, succèdent tout à coup non pas seulement des haches polies en silex, mais en pierre dure, serpentine, chloromélanite, fibrolithe, saussurite, jadéile, et peut-être jade ou néphrite, minéral que nous ne retrouvons plus en Europe '. On rencontre, à cùlé des grossières
1. Los cri'in(>s di'S dolmons et allées couvertes étudiés jiar le Dr Broea el MM. dr Uuatrefapes et Hainy ne laissent aueiin doute à eet ésard.
2. M. de Fellenliern, à qui iM. le D' Gross avait comiiiiiui(|ué si\ liaehes provenant de la station de I^oeras, |{'s détei-niine ainsi :
N" 1. 84o,^Ta grammes.