‹ Nos originesChapitre 40 sur 188 · I. Anli'/naire^ de l''riiiiti\ IS:|li, |j · texte numérisé non relu

I. Anli'/naire^ de l''riiiiti\ IS:|li, |j

H 2 LES MOMMliMS DITS CKI.TInUES

la haule Allemagne, en Thrace et en Asie-Mineure, oi'i il n'y en a point '.

Or, s'il est vrai jusqu à un certain point qu'on renciinlre uu peu partout, en Europe, en Asie, et même en Afrique et en Amérique, soit des pierres debout et des pierres branlantes, soit des enceintes et des cercles de pierres, soit des tumulus, soit des enceintes en terre, c'est-à-dire quelqu'une des espèces de monuments dits celtiques, sauf toutefois des dolmens' — comme il est loin d'être prouvé que tous ces monuments appartiennent à une seule et même époque, à une seule et même race, à une seule et même civilisation; comme il n'est point prouvé qu'ils puissent tous rentrer légitimement dans une seule et même catégorie, et être légitimement compris sous une seule et même dénomination — la proposition générale est fausse, et il faut dire seulement : Dans certaines contrées se trouvent des menhirs, des dolmens, des cromlechs, des tumulus; dans d'autres, des menhirs et des tumulus seulement; dans d'autres, des tumulus sans menhirs, ni dolmens; dans d'autres enlin, des pierres branlantes, ou simplement même des blocs de pierres consacrées par la superstition populaire; dans d'autres enfin des enceintes en terre seulement — sans pouvoir affirmer qu'il y ait une corrélation nécessaire entre ces divers monuments. Le contraire est même, d'après les faits observés, beaucoup plus vraisemblable. Il n'est pas douteux, par exemple, que les tumulus où se trouve du fer ne soient tout à fait indépendants de la civilisation qui a élevé les dolmens : ce qui retranche d'un seul coup, dans la Gaule seule, du domaine que l'on a assigné aux monuments dits celtiques, un tiers ou au moins un quart du pays.

.\ous croyons donc qu'il serait temps de cesser de confondre sous une même appellation des monuments d'ordre sensiblement différent, et de prêter ainsi un point d'appui il des raisonnements erronés, et. par suite, à des théories

1. On siiil, loulofois, qu'il y ii ili' iioiiilucuv doliiiPiis en Algérie, on Tunisie ot .'ui Maroc. Voir plus loin r.ii'ticlc sur les Muiiihih'dIs tlils Ce/lir/iies de In pro-

rinrt' lit' l''Ht.slffrt/inc .

LKS MO.NfMl'A-TS DUS CKI/nnrKS 113

qui conduisent aux appréciations iiisloriqucs les plus fausses. L'on ne s'expose pas ainsi seulement à attribuer aux Celles des monuments qu'ils n'ont jamais élevés; on s'enlève la possibilité de reconnaître ceux qui leur appartiennent réellement, et, par là, le moyen de constater peut-èlre les points de l'Europe où ces grands dominateurs des cnnliées de l'Ouest ont primitivement séjourné.

iivi'uruEsios l'Ali ricLLUiiiLS

La nuijcurc partie de ces hypothèses ne sauraient ètie discutées ; ce sont des affirmations sans preuves, ou qui se fondent sur quelques faits isolés, mal observés le plus souvent, ou sur des textes vagues et acceptés sans critique. On ne peut faire (ju'une chose, opposer ce qui existe réellement à ce qui n'existe que dans l'imagination de certains archéologues. — Telles sont les propositions 1, 2, .3, 4, S, concernant les menhirs, pierres branlantes et pierres à bassins. Ces opinions n'ont point eu assez de retentissement et s'appuient sur des raisons trop peu solides pour que nous nous fassions un devoir de les combattre en détail. Nous laissons parler les faits.

SixiKMii iiYPoiHiibi:. Les dohiiejis su/tt des autels : on ij sacrifiait des victimes Inanaines.

Divisons la proposition : Les dolmens sunl des autels. — Les faits observés démontrent que cette proposition, dans sa généralité, est fausse. De nombreuses fouilles ont mis hors de doute que la majorité des dolmens élaienl des tombeaux.

l'eut-on dire lnutcfois (|ui'. parmi Irs tailles de pierres, quelques-unes ii'onl jias eu le caractère d'autels? Ce serait aller beaucoup trop loin cl dépasser, par une généralisation anticipée, les conclusions qui ressortent naUirellouicnt des observations recueillies jusqu'ici. Il est, en elfel, des dolmens qui, élevés sur des tumulus coniques, sont dans une situation ï. I. 8

lli LES MONUMlî.NTS DITS CELTlnUES

telle (ju ils n'ont jamais pu être recouverts de lerie, ni même facilement fermés d'une manière quelconque : il est peu probable que ceux-là fussent des tombeaux: ils eussent été tout au plus des cénotaphes : pourquoi ne seraient-ils pas des autels dressés sur des lombes? Une étude plus attentive des caractères particuliers de ces dolmens et des conditions dans lesquelles ils se rencontrent d'ordinaire, serait nécessaire pour arriver à la solution de ce problème. Les monuments de ce genre sont en assez grand nombre pour (]ue cette étude soit facile '.

Quant à l'opinion qui veut que l'on ait sacrifié sur les dolmens des victimes humaines, elle doit être défmitivemenl abandonnée. Quelques tables creusées par les ravages du temps, ou très exceptionnellement, s'il y en a même de telles, par la main des hommes, sans qu'il soit possible de savoir à quelle époque; quelques z'igoles, quelques trous pratiqués dans les supports de la chambre intérieure, exceptions qui, sur douze ou quinze cents monuments connus en France, ne montent pas à plus d'une douzaine, sont des faits tout à fait insuffisants pour servir de base à une affirmation aussi grave.

Les arguments tirés de quelques textes de la Bible, où il est parlé d'autels de pierres brutes, ne prouvent pas que l'on sacrifiât des victimes humaines sur nos dolmens.

On a d'ailleurs fait justement remarquer que la forme bombée et inégale de beaucoup de tables, plus unies à leur partie inférieure qu'à leur partie supérieure, rendait tout à fait improbable que l'on y ail jamais étendu des victimes pour les égorger.

Skptièmi: MYi'oi iiÈsii. Les fioni/lns apparùcimciil cii ijénvral à l'ère celtique.

Celle hypothèse est erronée à deux égards : i° en ce

1. .Vui'un f;iil nouveau n'a été signalû, .jusqu'ici, qui poi-ti' à considérer ocn inonuini'uts comiiK^ îles luilols. La question reste où clli' en était en 18B1. — Dcu.riême cdition.

qu'elle généralise un fail qui n'est vrai que dans certaines limites, à savoir que les lumulus appartiennent à Tàge antéromain ; 2'' en ce qu'elle affirme que les tumulus ont été élevés par les Celtes, ce qui n'est prouvé d'une manière certaine que pour un bien petit nombre de ces monuments.

Tout ce qu'on peut dire comme proposition générale, c'est que les tumulus sont en majorité des tombeaux, les mis de l'époque où l'on ensevelissait avec des objets de bronze presque exclusivement, les autres de l'époque où l'on ensevelissait avec des objets de bronze en majeure partie, mais aussi avec des objets de fer.

IlLiniiME n-iPOTHÈSE. Lts corps auiit c/isevc/is sous les dolmens, incinères sous les tumulus.

Cette opinion, soutenue et propagée par les archéologues du iNord ', est contredite par la majorité des faits observés en France, où l'incinération, sous les tunmlus comme sous les dolmens, est l'exception. En supposant même que les observations aient été mal faites et soient incomplètes, et qu'il y ait plus de monuments k incinération que nos statistiques ne nous conduisent à le supposer, le fait contraire, la présence d'inhumatiuns nombreuses sous les tumulus, n'en resterait pas moins un fait acquis et qui ruine, dans ce qu'elle a de trop général, la théorie des archéologues du Nord '.

Nei:vu'l,\h; uvpotuèse. Lis lumulus ont <'lé en </rnériil élevés par les populations maritimes du Nord.

Une opinion qui a été reçue avec quelque faveur est celle qui attribue la majeure partie des lumulus de la Gaule à des populations septentrionales qui, à diverses époques, ont en-

1. Li' fail est Mai, on cMVI, iimir lis pavs scaiidiiiaM-s ; mais il ne iiriil s'appliquer à la Gaule.

2. Quelques cimetières à inciiiéraliuii oui étù euuslalrs en liaulo, parlieulli'rcmcut dans les contrées sous-pyrénéennes, mais ils forment toujours, pour Vépogue anlé-romaine, une exception relativement aux eimelicrcs ù inluimali(jn. — Deuxième édition.

IKl LES MONLJIENTS DITS CELTInUES

valii nos côles, et parlicalièrement aux Saxons, aux Danois et aux Normands.

Lliabilude d'ensevelir sous des tumulus, conservée en Danemark et en Suède jusqu'au x'' siècle, rendait celte hypothèse vraisemblable. Il est possible, en efl'et, que sur les côtes de Normandie, en Bretagne et jusqu'en Saintonge, se rencontrent quelques tumulus de celte époque; mais le fait ne saurait être général. Les objets trouvés dans les chambres des tombelles fouillées jusqu'ici ne permetlenl pas de supposer que ces monuments soient en général d'un âge aussi rapproché de nous.

En tout cas, les cent quarante et quelques mille tumulus de la Côtc-d'Or, des Vosges, du Rhin (Haut et Bas), du Doubs, du Jura et de l'Ain, seraient tout à fait en dehors de cette classification, dans laquelle, d'un autre cùlé, ne sauraient rentrer, comme nous venons de le dire, une grande partie des tumulus de l'Ouest eux-mêmes.

Dixième nvpoxiiÈSE. Les turnuUts agglomérés sont sur des emplacements de grandes batailles.

Il y a un an à peine, cette affirmation était considérée presque comme un axiome. Les partisans de VAlesia franccomtoise faisaient de la présence des nombreux tumulus signalés autour d'Alaise un de leurs principaux arguments. L'existence de quelques centaines de tumulus sur les Chaumes d'Auvenay paraissait une confirmation de l'opinion de Sauinaise, qui plaçait à Cussy-la-('olonne le champ de bataille oii César délit les Helvètes.

Nous avons là un exemple de plus de la facilité avec laquelle certaines opinions non prouvées, mais carrément affirmées, se propagent sans qu'on songe à les contredire. Les faits en clfet, aussi bien que le bon sens, sont en complète contradiction avec cette hypothèse.

Et d'abord y a-t-il des tumulus là où se sont données les plus grandes balailles dont l'histoire a conservé le souvenir? Y en a-t-il dans la plaine d'Aix, où Marins défit les Cimbres?

LES MONUMENTS DITS CELTIOrKS I | /

y en a-t-il à Ilaulmont, où César anéantit les Nerviens? y on a-t-il dans la forêt de Compiègne, où Corrcus et les Bellovaques furent exterminés? y en a-t-il enfin à Alise, où périrent les derniers défenseurs de la (iaule indépendante? Nous ne citons que les champs de bataille dont remplacement nous paraît incontestable.

Par quel hasard les seuls emplacements de grandes batailles que nous connaissions avec certitude n'ont-ils point de tumulus ? On n'en élevait donc habituellement, ni à l'époque de Marias, ni à l'époque de César, après les grandes batailles.

Mais il est une raison bien plus décisive, c'est le mode de construction des tumulus, c'est le nombre immense de morts qu'il faut supposer avoir été ensevelis en même temps, et tous avec un soin^ une régularité dans l'arrangement intérieur drs lombelle.s incompatibles avec la précipitation qui suit un combat sanglant; car comment croire que les vainqueurs aient enseveli les vaincus avec cette pieuse sollicitude, leur laissant leurs ornements et quelquefois leurs armes ; et si ce sont les vaincus qui ont enseveli leurs frères, comment étaient-ils encore si nombreux et si tranquilles après un désastre?

D'ailleurs, comment expliquer cette superposition régulière (le deux ou trois couches de corps dans un même tumulus, avec une symétrie qui devait rendre une telle cérémonie bieu longue, si ce ne sont pas là des ensevelissements successifs de plusieurs personnages dans une même tombe de famille?

Enfin, quoique la ligne des tumulus accumulés, que nous avons indiquée en l'accentuant follement sur notre quatrième carte', marque une des routes natincllcs des grandes invasions, comment s'expliquer celte succession de batailles meurtrières, àllarjuenau à Salinn, et ce redoublement de luttes se perpétuant jusque sous les empereurs autour d'Amaiicey et d'Alaise, où l'on a trouvé sous quelques tumulus des monnaies romaines, tandis que les plaines du Nord, aussi ouvertes aux barbares, les rives de la Saône, où durent se rencontrer

1. Ci'llf cai-lc, (jui :i ligurr l\ l'Exposition iiilriniitioinilc du (■l'oni^l'liii' Jf l'aris (if I8"5, est déposée aiijounl liiii au Musée de Saint-Germain,

IJ8 LES MONUMENTS DITS rELTIOfKS

si souvent les Séquanes et les Édiiens, le Bourbonnais, qui touchait à la fois aux Eduens et aux Arvernes, ces éternels ennemis, n'ont conservé aucune trace de ces luttes d'autant plus acharnées qu'elles étaient fratricides?

Mais les Ibères et les Celtes, du côté de l'Aquitaine, n'ontils donc eu jamais leurs journées de grandes batailles? — On ne peut sortir de toutes ces difficultés qu'en admettant, ce qui nous paraît évident, que les grandes agglomérations de tumulus dans l'est de la Gaule sont les cimetières de populations dont le caractère devra être déterminé ultérieurement, mais qui ont dû habiter nos contrées à une époque où le fer y était déjà en plein usage, et où il semble que dans l'Ouest ou n'ensevelissait plus sous des tombelles, puisque les tombelles de cette région ne renferment presque exclusivement que du bronze '.

Onzième hypothèse. 1° Lef: oirpintei^ en terre soi)t généralement des camps romains,

Nous répondrons à cette hypothèse par les faits. — Sur quatre cent une enceintes en terre qui nous ont été signalées (m que nous connaissons personnellement, soixante seulement ont présenté des traces plus ou moins nombreuses de l'époque romaine ; ce qui ne prouve pas encore qu'elles soient dos camps romains.

2" Ces enceintes saicent en e/énéral les voies romaines. — Nous n'avons pu achever le placement des camps sur la carte de la Gaule, mais le commencement de ce travail, que nous avons entrepris, nous permet d'affirmer que cette hypothèse s'appuie sur un très petit nombre d'observations ; le plus grand nombre des faits lui est contraire.

Ou ne remarque pas davantage que la majorité des camps .sii;nalés défendent les frontières de la Gaule. Il serait plus vrai (le dire qu'un certain nombre ont été dirigés contre les pirates '.

l. Coltc discussion, qui parailni oiscuso aujouririuii. v{:\\[ (oui li l'ait m'ccss.-iiro et oppoiiuuci en 1S61. — A. B., i"' Irvi-ior 1S76. L'. Los faits sm1)S('i|mc'iiIs ont ronlirnir ces conjoi'Iui'cs. — A. I!.

I,ES MONI'MENTS HITS l'ELTIorES 119

RYPOTHKSKS PT.fS RN ItAPPOIVI WEC hTS FAITS

11 est quelques hypnlhèses plus imi rapport avec les faits.

1° Les dolmens sont des tombeaux; ils apparlieiinent h l'Age de pierre ;

2° Les tumulus sont des lombeaux: ils appartiennent à l'âge de bronze;

3° On ensevelissait sous les premiers; on brûlait les corps sous les seconds;

4° Les uns sont précelliques ; les autres sont celtiques;

0° Les dolmens se groupent sur les côtes et sur les parcours des grandes rivières ; ils appartiennent probablement à la population aborigène, refoulée par une invasion.

Cette tbéorie est beaucoup plus en rapport avec les faits ; elle nous vient des archéologues du Nord. M. Worsaae y a attaché son nom; M. Mérimée s'en est fait l'interprète chez nous, tout en ne l'acceptant qu'avec réserve.

Nous no savons pas, nous ne pouvons pas savoir jusqu'à quel point les faits observés en Danemark justifient la théorie de M. Worsaae, puisque nous n'avons eu aucun moyen de contrôler ses assertions'; mais nous pouvons dire que les faits observés en France ne la justifient qu'en partie. Toutefois cette théorie est, comme ensemble, incontestablement supérieure à tout ce qui a été dit ou écrit à ce sujet par les archéologues qui soutiennent la cause aujourd'hui perdue de Cambrv et de son école.

M. Worsaae a raison quand il dit que les dolmens sont des tombeaux et qu'on y a généralement enseveli et non brûlé les corps. Il ;i raison quand il soutient que ces tombeaux apparlienncnl à une civilisation particulière dans laijiiclli- on se servait presque exclusivement d'armes et d'instruments en pierre; il a raison quand il remarque r|ue les dolmens se

1. .Nous avons im, ili'|)uis, en ilcux voyages siipcossifs rn Siiéilf ft on Danfmark, contrôler ees assertions. Klles sont parfailenieni exarlos pour le Danemark.-— Deiijcième cciiliou.

trouvent siulmil dans les contrées maritimes, généralement assez près do la mer et à proximité de rivières navigables : mais il va trop loin quand il affirme que les dolmens appartiennent exclusivement à Tàge de la pierre et qu'ils sont toujours des tombeaux '.

Nous avons vu en effet qu'en Gaule quelques dolmens contiennent du bronze, d'autres du fer. Il est même certain que plusieurs ont encore servi de tombeaux à l'époque romaine.

(Juant aux tumulus, il a raison également de les considérer comme des tombeaux. Mais^ en France, ces tombeaux, dont la chambre intérieure est souvent un dolmen auquel on parvient par une allée couverte, contiennent, comme les dolmens, en majorité des corps non brûlés; et si le bronze y domine, on y trouve cependant encore des armes en pierre en quantité assez notable, et le for y apparaît quelquefois. Le passage d'une période à l'autre ne parait donc chez nous ni aussi tranché, ni aussi net que dans les pays du Nord, et nous n'avons aucunement le droit d'affirmer que ce soit là le fait d'une invasion subito dont la conséquence ait été l'extermination des premiers habitants et l'introduction immédiate d'une civilisation notivelle^. Nous serions plutôt porté à croire que les nouveaux arts ont pénétré lentement et successive- Mieiil au milieu des anciens habitants, comme cela arrive quand des tribus moins civilisées se trouvent en contact plus ou moins inuuédiat avec des tribus plus civilisées qu'elles. Ces nouvelles trilms seraient les Celles.

Nous croyons toutefois que la formule qui classe les dolmens parmi les monuments préccltiques, et les tumulus parmi les monuments celtiques est trop absolue. 11 est plus jirudent de dire seulement que les dolmens et les tumulus de

1. M. \\i)is;i;ir ii'.illinii:iil que poiir Ir l),inrrii:irl( cl l;i Sili'ilc. Ses afllrmalions sont, dons ces liiiiili's, ])iiif.iil{'iiioiil jiistirn'os. Co sont rcn\ i[iii ont api)li- ((ui'' à la (ianlc dos olisorvations laites ilans le iNord ((ni ont lait un fan\ raisonnement. — \. I!., Vt lévrier lS7li.

2. L'opinion des arehéolognes dn Nord est anjonrd'luii éf;aleininl eontraire à la doetrino d'nne invasion \iolenli> dan>; les ICIals sramlinaves, à répoi|ni' du bronze. — 1" février 1S70.

LES MONUMENTS DITS CEI.TIOll.S 121

l'Ouest sont un fait particulier ;i ces contrées de la France, sur l'origine duquel les données que nous possédons ne nous permettent pas encore de nous prononcer. Mais tout ceci, plus ou moins vrai des contrées situées à l'ouest du Rhône et de la Saône, ne s'applique plus aux contrées de l'est, où les tumulus ont un tout autre caractère et ne peuvent aucunement rentrer dans la théorie de M. Worsaae.

or E.N EST LA OUESTHJN EN I-UXNC.E

De tout ce qui précède, il est permis de conclure que l'on s'est beaucoup trop h;'ité de donner le nom de celtique à l'ensemble des monuments connus sous ce nom. Cet ensemble en effet se compose de plusieurs groupes très distincts, et à supposer, ce qui n'est aucunement prouvé, que l'un de ces groupes soit l'œuvre des Celtes, il m est que l'on ne saurai! en aucune façon leur attribuer.

La qualification de monuments celtiques, acquise à ces monuments par un long- usage, doit donc être abandonnée ; à plus forte raison celle de moinmients druidiques, que l'on applique d'ordinaire à ceux des monuments dits celtiques qui sont le moins celtiques de tous, aux dolmens et allées couvertes.

Si l'on considère à part chacun des groupes dont se composent les monuments dits celliques, on trouve que sur cinq groupes, dans lesquels on peut les faire naturellement rentrer, trois sont à la fois trop mal étudiés et formés d'éléments trop divers pour qu'on puisse, dans l'état actuel de nos connaissances, formuler aucune afiirmalion générale à leur égard. (Jes groupes sont : 1° les monolithes que nous avons désignés sous le nom de menhirs ; 2" les enceintes ou cercles de piei'res : 3" les enceintes en terre. Les éléments de classification de ces monuments manquent complètement. Ou ne pcul affiimer qu'une chose, c'est qii'aiinin di' ces g-roupes ne se com-

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