‹ Nos originesChapitre 64 sur 188 · Nilssoii, /. c, pagr · texte numérisé non relu

Nilssoii, /. c, pagr

2. Unr/ersof/e/se-Heixe li// (lsl/,-i/\-/fim/ Gnini/niu/ :\(. .M. A. (ii-aali. Kioliciiliavii.

SUR l'oBIiUNE des DOL:\rENS ET ALXÉES COrVERTES 187

liolles supporlcnl un treillage on bois do plus pclilo dimension, sur lequel sont jetées de la brnyiîre el des branches de genévrier surmontées de mottes do gazon et d'une épaisse couche di' terre. Au milieu do l'une des longues murailles et du coté du soleil (orient ou midi) se trouve la galerie, également couverte. Elle mesure de 6 iï f) mètres de longueur sur une largeur de 0™,74 ii(r,89. Elle présente parfois une légère courbe et elle est le plus souvent si basse que l'on y entre à [leu près en rampant sur les genoux et sur les coudes. L'intérieur de la chambre est plus haut, mais il ne mesure toutefois que de l"','t8 à 1"',78 du plancher au plafond. Pour ce qui regarde raménagement intra-muros, les habitants de la chambre n'étant assis ou couchés que le long des parois, celles-ci sont garnies de bancs et la pièce est parfois divisée on cellules ou compartiments assez analogues aux stalles do certaines écuries. (Iliaque famille occupe une do ces cellules. » Que l'on veuille bien, ajoute Nilsson, comparer avec cette description d'une habitation d'hiver groénlandaise la description dnnnéo par nous des sépultures primitives de la Scandinavie méridionale : tout n'est-il pas essentiellement semblable, la forme, les proportions, la hauteur, la grandeur, l'orientation de l'étroite et longue galerie latérale, la divison de la chambre en cellules le long dos parois?

.Scorosby le jeune' trouva dans la terre de Jameson, sous le 71' degré de latitude septentrionale (côte est du Groenland), des demeures abandonnées, au nombre de neuf ou dix, qui di lieraient très peu de celles que nous venons de décrire. La ilianibre était ronde au lieu d'être un carré long (ce qui conslilne un rapport do plus avec quelques-unes de nos allées couvertes), mais la galerie existait el était « si basse qu'il fallait ramper sur les genoux et sur les mains pour pénétrer dans linlérieur ><. » La toiture dos liabitalions, continue Scoresby, ne présente qu'un faible relief au-dessus tlu sol environnant, el lorsqu'elle est revêtue de molles de terre sui- losquelk's

1. \V. Srores:fii/s //. ./. Tiii/t'huclt ei/ter fieise tnif ilem \Vtt///l\<-h/'(iitf/. ji. 2.'Ï4^ r,ir. Mil.

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végète de la mousse ou de riiorbo, elle ressemble si parfaitement au reste du terrain qu'il esl difficile de l'en distinguer. » Qui ne croirait, reprend Nilson, à qui nous empruntons encore cette citation, qui ne croirait voir décrites dans les lignes précédentes nos sépultures à galeries cachées sous leurs monticules de terre? Et, fait également bien remarquable, deux ou trois de ces habitations, les plus anciennes, paraît-il. avaient servi de lieu de sépulture. On y trouva des squelettes ensevelis avec leurs instrument de pèche et autres ustensiles pour la vie future.

Nous ne pousserons pas plus loin ces rapprochements. Nous renvoyons pour plus de détails à l'excellent ouvrage que nous venons de citer. Nous rappellerons seulement encore que Nilsson (p. 185) est convaincu qu'une partie des constructions à galerie de la Suède méridionale elle-même sont des ruines d'habitations. L'opinion d'un homme si compétent est à prendre en grande considération, et nous paraît vraisemblable. Les remarques sur lesquelles il s"appuie m'ont beaucoup frappé : 1° ces galeries n'ont jamais de toit ; le toit des habitations étant en bois, devait, en effet, naturellement disparaître avec le temps; 2" on n'y rencontre jamais de squelettes ; 3" si on y rencontre des fragments de poterie, qui y sont souvent nombreux, ce sont toujours des fragments isolés ne pouvant constituer, en les réunissant, un vase brisé, mais les débris de vases déjà hors de service; 4" enfin. (Ui y constate des foyers qui prouvent que ces constructions ont été habitées. Il nous semble prouvé que l'allée couverte, dont le dolmen n'est qu'un diminutif, est bien réellement une habitation souterraine à l'usage des morts, faite à l'imitation de l'habitation des vivants, mais en matériaux plus durables. Or, les peuples qui habitaient des demeures souterraines semblables à celles des Groënlaiidais doivent avoir été des populations des contrées septentrionales du haut Caucase, ou de pays analogues situés plus ta l'orient. On ne peut chercher de telles mœurs chez h's populatiniis du midi de l'Europe. La civilisation de la piei're p(die est donc nécessairement, si notre laisoiiiieineiit

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osl juste, une civilisation liyperboréeniuï, comme nous l'avons répété en plusieurs circonstances. L'hypothèse de M. Desor, qui aurait fait volontiers venir cette civilisation du midi, croule ainsi par sa base. Il n'en résulterait pas, d'ailleurs, que la race alors dominante en Danemark ou en Gaule fût en rien apparentée à la race à laquelle appartiennent les Lapons ou les Groënlandais. Les Groénlandais auraient simplement conservé jusqu'à nos jours des habitudes qui, après avoir été générales en Europe ù une certaine période de l'histoire, auraient partout disparu, sauf dans l'extrême noid, devant la double influence de migrations nouvelles et d'idées religieuses dillérentes où l'incinération remplaçait l'inhumation.

La présence de nombreuses haches en néphrite, en jadéilc el même en jade oriental, soit sous nos monuments mégalithiques, soil dans nos stations lacustres, avait déjà fait supposer que les populations de la pierre polie s'étaient trouvées en rapport intime avec l'extrême Orient. Les considérations que nous venons de développer nous invitent à touiiu'r nos regards vers le nord, dans une direction analogue, si nous voulons cherchiT l'origine des premiers constructeurs de dolmens. Il y a là deux faits (jui s'accordent et qui sont de grande valeur à nos yeux. Nous sommes, en cfTel, convaincu aujourd'hui que si, au lieu de voir dans la civilisation de la pierre et spécialement de la pierre polie un Age du développement de l'humanité devant se retrouver en tout pays, à l'origine, ou s'était contenté d'y constater un phénomène particulier aux contiées hyperborécnncs et occidentales de rEur(q)C, on serait bien plus près de la vérité. En tout cas, quel que soit le parti qu'on en puisse tirer, il nous a paru utile de signaler, à la suite de ÎNilsson, l'analogie frappante existant entre les habitations des Esquimaux anciennes et récentes et nos sépultures à galeries.

Siiiii(-(ii'iiiiiiiii, JO ri'M'iLT 18711.

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Fi^. 13.— Tiiiuulus de Kciyonfals (Morbihan,). Coiiiie et OlONaliou.

l'if;, iî. — Tiirniiliis do Kcrponlals. Plan.

V\g. 'iS. — Allûo cuiivcilc de Koirado (MorliiliaiiV

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