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Sclilipiiiann, llias, édit. l'nmraise, passim

3. S(;lili('niann, AUm den anlitjtiitcs Iroijennes, pi. XXVII, n* 732 et passim.

l. Conzn, Zitr Geschichie der Anf.enf/c der r/riechisi:hen Kunsl (Wicii, 1870, pi. IV, V et V(.)

2iG ArPENDICE

vertes dont nous venons de nous occuper semblent se rattacher très intimement à ce que nous appellerons, pour nous servir d'une expression suffisamment compréliensive, le cycle teiicrie» ou pélasgo-celtiqiie\ Elles n'ont, au contraire, qu'un rapport très éloigné avec le mouvement de civilisation vraiment étrusque. Il suffit d'ouvrir les vieux annalistes de Rome pour se convaincre que l'archéologie est ici d'accord avec la tradition et l'histoire.

Saint-Or-niiniii. 11 mars )S74

Les reclierches exécutées depuis quelques années, tant dans la réfiion pyrénéenne qu'en Bretagne, ont accru nos connaissances sur l'inlroduclion des métaux en Gaule, sur les rapports qui existent enlie ce l'ail et la modification des coulumes funéraires, sur la coexislence des anciennes populations néolitliiques avec les nouvelles poiJulations immigrées. Les lignes suivantes, où nous avons résumé les travaux de M. le colonel Polhier et de M. P. du Cliatellier, sont extraites de notre Rapport sur le concours des antiquités de ta France, présenté en 1884 à l'Académie des Inscriplimis.

1. It n'est pas in\ililo de faire remarquer que les Teucriens sont cités par Strahon avec les Ga/ales au nombre des peiqjles qui ont joué dans l'histoire im grand rôle par leurs conquêtes ou leurs migrations lointaines. « Voulons-nous juger avec calme les choses de ce monde... il faul avoir toujours iiréseuls i"i l'esprit, non seulement les changements physiques du globe, mais les migrations (les peuples... Plusieurs de ces faits ne seraient pas nouveaux pour la plupart do nos lecteurs, mais les migrations des Cariens, des Trères (Cinnnél'iens), des Teucriens el des (ia/ales... ne sont pas si généralement comiues. u (Strahon, iiv. I, p. Gt.) — J'ajouterai à propos de Ciere un fait ciuieux, également rapporté par Strabon : ce sont les r.jeréléens (pii, après la prise de Home [lar les Gaulois, avaient sauvé •■ aviT les Vestales le feu sacré. » (Strabon, Iiv. V, p. 220.) Cela semble indiquer à Ca>re la persistance de vieux rites pélasgi([ues. Ce caractèi'o pélasgicfuc des Ca'rétéens a déj:\ été signalé par divers archéologues. On lit dans les notes de la traduction de Strabon par La Porte du Theil (t. II, p. I;i0, note 1) : « Les habitants d'Agylla, sous le nom de (;a>retani, furent peut-être (de toute l'Étrurie) ceux qui conservèrent le plus longtemps des traces marciuées des mœurs, des coutumes et de la religion des Pélasges. « Il y a évidemment là une piste à suivre.

TUMLLVS DE LIER 2i7

I. — Le colonel Potliier est directeur de l'Ecole d'artillerie deTarbes. Il ne s'était jamais occupé d'archéologie, ([uand, en 1879, il reçut l'ordre d'établir, sur le plateau de Ger, di>s abris blindés d'où les officiers pussent observer, sans danger, les résultais du tir des bouches à feu. Pour établir ces abris, il lui fallut détruire quelques tertres composés de terres rapportées. Des pierres symétriquement rangées à la base de ces tertres, des débris d'ossements humains quelquefois calcinés, de nombreux fragments de vases en terre grossière, des morceaux de bronze et de fer lui firent conjecturer que ces tertres étaient des sépultures. Le colonel donna ordre que tout objet découvert fût soigneusement recueilli et déposé à l'École d'artillerie.

En 1880, notre regretté confrère Henri Marlin passe à Tarbcs, voit la collection naissante, en saisit d'un coup d'œil l'intérêt, encourage le colonel et lui promet son appui. Le colonel Pothier recevait, en elFcl, quelques semaines après, l'autorisation de comprendre les objets recueillis sur le plateau de Ger dans l'inventaire du matériel de l'État, L'intéressant petit musée de l'École d'artillerie de Tarbes était fondé.

Cette initiative, cette fondation sont déjà un mérite. Un mérite bien plus sérieux du colonel est, dès qu'il fut averli de l'intérêt que les hommes de science y attachaient, d'avoir organisé les fouilles méthodiquement, de les avoir conduites et poursuivies, pendant quatre ans, avec une intelligence et un soin dignes d'être proposés pour modèle.

Le colonel, nous l'avons dit, n'élait pas archéologue. Les divisions et subdivisions quelque peu arbitraires de nos antiquités nationales en âge de la pierre, âge du bronze, âge du fer lui étaient inconnues. Sans idées préconçues, libre de toute attache d'école, il fouille et observe en homme de science. Les résultats de ses observations, consignés dans quatre gros cahiers accompagnés de plans, coupes, photographies et cartes, ont été des plus féconds. Les conclusions, présentées avec réserve, sont nelles et claires.

En comparant entre eux les documents recueillis on est amené, dit la colonel Pothier. à diviser les tombelles en deux catégories bien distinctes. D'un côté les (ombelles à inhumation avec chambre mégalitliii[ue et mobilier funéraire en pierre polie, sans mélange de métaux. Des vases en terre cuite de forme gracieuse, ornés, parfois, d'élégants dessins à la pointe, sont déposés près du mort. D'un aulre côté, des sépultures à inctnération recouvertes des mêmes tertres, mais sans chambres mégalithiques et avec mobilier funérain; non plus île iiieire polie, mais de bronze et de fer souvent artisliciucnieut travaillé. La céramique, au contraire, y est très grossière.

Des ditlërences aussi sensibles dans le mode de sépulture et le caractère des rites funéraires sont nécessairement l'indice de dillérences notables dans l'état social des tribus qui ont élevé ces monuments, et cependant ces tribus semblent avoir vécu côte à côte : elles ont occupé la cimlrée à la môme époque ou il des époques immédiatement voisines. Los ingénieuses observalion*; du rolotiel Pothier r.e pcrnifttenl aucun doule à cet égard.

Il Mes observalions. ûcrit-il, me portent ;i ndniollre que nous avons là l'indice d'une transformation subite dans les mœurs de la contrée, transformation devant avoir pour origine l'arrivée d'un groupe nouveau de population qui ne s'est pas immédiatement mêlé aux indigènes. »

La géographie des fumulus de la seconde série permet même d'entrevoir quelle a été la ligne d'invasion. Nous rencontrons les mêmes tumulus à incinération, accompagnés du môme mobilier funéraire caractéristique, en dehors des Hautes-Pyrénées et des Landes, dans la Haute-Garonne, le Tarn, le Cantal, pour les retrouver dans le Doubs et dans l'Ain. Nous saisissons ainsi les premiers éléments de l'histoire de l'une des migrations qui nous a apporté les m.étaux, en même temps qu'elle introduisait dans le pays de nouveaux usages relatifs au culte des morts.

L'importance de ces premiers résultats ne peut échapper à personne. La civilisation n'a point pénétré en Gaule d'un seul coup, ne s'est point développée partout sous une même influence. Les rapports des nouveaux venus avec les indigènes n'ont point été partout les mêmes. Des travaux tels que ceux du colonel Pothier font éclater cette vérité à nos yeux. Le sentiment de la réalité se substitue aussi aux théories vagues ; un jour nouveau est jeté sur ces antiques et primitives révolutions sociales auxquelles nous devons porter d'autant plus d'intérêt qu'il est probable que plusieurs de ces groupes exercent encore dans quelques-unes de nos provinces une influence sensible.

H. — Comme le colonel Pothier, M. P. Du Chàtellier est un explorateur heureux de monuments gaulois, un observateur sagace. Il envoie au concours, à côté d'un mémoire publié en 1883 : les Sépultures de l'époque du bronze en Bretagne, une série de brochures antérieures dont le nombre ne s'élève pas à moins de dix-huit. Le mémoire de 1883 est comme un résumé de ces longues et patientes recherches. C'est à cet ensemble de travaux que la Commission a décerné la seconde mention honorable.

Si M. Du Chalellier avait pris le temps de condenser son œuvre en un seul volume, en lui donnant plus d'unili'', il eût certainement disputé une di's médailles.

M. Du Chalellier, dans ses conclusions appuyées sur des fouilles nombreuses, nous montre en Bretagne, et particulièrement dans le Finistère et les Cùtes-du-Nord, une époque où les rites funéraires de l'âge de la pierre et ceux de la période caractérisée par l'introduction des métaux et particulièrement du bronze, se confondent et se mêlent pour ainsi dire. H ressort des faits observés par l'auteur que l'on s'est trop hâté d'assigner aux sépullui'es des deux époques des caractères absolument tranchés. Il y a eu au moins une époque de transition assez jirolongée. Ce résultat est des [iliis importants.

M. P. Du Chàtellier fait très bien voir que si l'inhumatiou était pratiquée en Bretagne comme dans le noid de l'Kurope, comme dans le reste de la Gaule, d'une manière générale, à ré|ioquc de la pierre polie, l'incinération prit place de bonne heure dans les habitiEdcs de ces primitives

TUMULUS AnSIOnTCAINS

populations. Dans le Finislère, co rite prétloniina très vile. Il pi'nélra plus lentement, ce semble, dans le Morbihan. Jus(iu"à quel point cette révolution religieuse est-elle liée à l'iiistoirc de l'introduclioa des métaux en Occident ? On n'est point encore en mesure de le dire, bien que les deux faits paraissent connexes. Ce qui semble mieux démontré, c'est qu'en Armorique les introducteurs des métaux, au lieu de se tenir à l'écart des populations du rite mégalitbiijue, comme dans les Pyrénées, ont plutôt l'ail alliance avec elles ou se les sont assimilées en acceptant au moins une partie des usages antérieurement consacrés.

Fis. CO. — Tlnlinnabuliiin (le Viuidrovanges (cf. p. 222).

PREMIÈRES TRIBUS CELTIQUES CONNUES DES GRECS CNofc liio :'i la Sorit'lr d'antliropologio do Paris.)

PRÉAMBULE

Les questions celtiques ont toujours été classées au nombre des plus difnciles et des plus obscures. Cette obscurité qui les enveloppe ne tieiil pas seulement à Téloignement des temps et à l'étendue géographique des pays où l'influence celtique s'est fait sentir. Elle tient surtout à ce que le problème a toujours été mal posé.

On a établi en principe, par exemple, que la Gaule tout entière avait été de très bonne heure couverte de populations celtiques et que tous les monuments primitifs de notre pays étaient également celtiques. Cette (puililîeation leur est encore généralement donnée. Or, nous avons démonlré que les soi-disant monuments celtiques appartiennent à une population, à une civilisation antérieure aux Celles. Le docteur Pruner-Bey cl le docteur Broca, d'un autre côté, ont prouvé que dès les temps les plus reculés plusieurs races très distinctes occupaient notre pays et se trouvent mêlées dans les monuments funéraires des Pyrénées aux Alpes, de la Méditerranée à l'Océan. Mais ces causes de confusion n'étaient pas les seules. Il en est une plus générale. Quant on songe à l'impossibililé où depuis deux cents ans les esprits les plus distingués, les plus sagaces, se sont Irouvés de résoudre d'une manière satisfaisante aucune des questions relatives aux populations primitives tant de la Gaule (pie de la Grèce et de l'Italie, on est bien tenté de croire qu'il y a au fond de celle impuissance un défaut de méthode. 11 ne suffit pas de raisonner juste pour arriver à la solution d'un problème, il faut que les termes en soient bien posés et surtout qu'ils soient réduits à cet état de simplicilé ipii écarte toute cause d'ambiguïté dans la série des syllogismes dont Uuili' opération intellectuelle se compose. Bien définir les ternies d'une question, telle est la première condition, la condition indispensable du succès.

S"esl-on jamais demandé, avant d'entreprendre de pareilles recherclies, quels sens successifs, précis ou conventionnels, les anciens avaient attachés aux ethniques Celles, Gahitcs, Pclnsgr.^, Tyrrhmiens, Étrusques, Ombriens, Ligures, el tant d'autres semblables, 76rcM, Cimim'riens, Ilyperhoréens et Scythes ? Non. Ces termes ont été acceptés presque sans discussion comme des termes simples. On leur a prêté une signification précise et définie qu'ils n'ont pas. Faut-il s'étonner qu'après avoir léuni les éléments divers et variés qui se cachent sous chacune de ces appellations on soit arrivé à des contradictions, il des impossibilités? Pouvait-on aboutir k un autre résultat en essayant d'assembler ainsi en faisceau des éléments forcément disparates? La condition même de ces dénominations ethniques appliquées à d'immenses territoires n'est-cllc pas de couvrir sous leur apparente unité les diversités les plus grandes ?

Si l'on avait tenu un compte suffisant d'une vérité aussi simple, on se serait évité bien des labeurs, bien des anxiétés. Un nom commun peut être légitimement attribué à un groupe d'êtres à beaucoup d'égards dissemblables. 11 suffit que ces êtres se rattachent les uns aux autres par une qualité commune. Les termes Francs, Chrétiens, Musulmans. Bouddhistes, ne prêtent point à la critique ; comment répondre cependant à qui demanderait, s'il s'agit du terme Franc par exemple, au sens où l'emploient encore aujourd'hui les Orientaux : Les Francs sont-ils blonds ou noirs? grands ou petits? quelle langue parlent-ils? h quelle contrée particulière de l'Kurope appartiennent-ils ? de quel pays sont-ils originaires ? Et de même pour les chrétiens, les musulmans, les bouddhistes? — Vous n'auriez pas obtenu une réponse plus nette si, au temps de Strabon, vous aviez fait les mêmes questions au sujet des Éthiopiens, des Scythes ou des Indiens d'Éphore. De quel droit supposons-nous que la question est plus simple quand il s'agit des Celtes, des Pélasges ou des Tyrrhéiiiens? La persuasion où l'on est que chacun de ces groupes parlait une même langue, fait illusion. Mais, d'abord, est-on bien sûr de ce fait? et quand même les Pélasges, les Tyrrhéniens et les Celtes auraient parlé un même idiome indo-enropéen, en résulterait-il que chacun do ces groupes n'était pas composé d'éléments d'ailleurs divers? Les Espagnols parlent de nos jours une langue néo-latine ; en sont-ils moins pour cela des Ibères mêlés à des Celtes ? Evidemment, la première question à poser, avant d'aborder un problème de cet ordre, est celle-ci : Jusqu'à quel point le groupe à examiner est-il homogène ? dans quelles limites et dans quel sens? Cette (juestion, je me la suis adressée du jour où j'ai abordé l'étude des populations gauloises. J'ai cru reconnaître d'abord, ainsi (|ue je l'ai publié déjà, la dualité des Calâtes et des Celtes. Je crois plus f(;i moment que jamais à cette dualité. La question des Celtes, môme déhairassée de celle des Galates, m'a paru également devoir être divisée. Je me suis, en conséquence, posé les interrogations suivantes :

1» Quelles sont les pi-einières tribus celliiiues avec lesquelles les Grecs ont été en rapport ?

2° Que nous apprennoni sur ces li-ibus los lexles, les légendes, l'aichéologie et Faiilliropologie?

3* D'où venaient ces tribus primitives : 1" eell(>s de la Gaule méiidioiialc ; 2- celles d'Italie?

■'i° A quelle date les Grecs ont-ils commencé à connailrc d'autres Iriiius que les tribus de la Narboniiaise et de la Cisalpine ?

!)° A quelle date apparaissent les Galates, et que nous apprennent sur les Galates les textes et rarcliéologie ?

C" D'où venaient les Galates : i' ceux de la Gaule ; 2° ceux d'Italie ?

7° A quelle émigration peut s'appli(|uer le récit de Tile-Livo : 1" A une émigration celtique ; 2° a. une émigration galatique ; 3° à une émigration mixte de Celtes et de Galates réunis ?

Peut-on déterminer le centre do cette émigration ?

Ne faut-il pas y voir simplement une légende où les faits, comme dans toutes les légendes, sont confondus sans clironologie et sans géographie précise ?

8° Les textes postérieurs à César conlrediscnt-ils les textes antérieurs et particulièrement les asserlions de Polybe '?

J'ai l'intention d'entretenir aujourd'hui la Société de la première de ces questions spéciales.

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