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ENCORE UN PAPIER-NOUVELLE

Le peu de succès qu'ont eu dans cette province, les publications de ce genre, ne peut qu’'intimider ceux qui voudraient s’y appliquer. Les rédacteurs de ces feuilles éphémères, dont la chüûte a suivi de

(1) Le premier numéro du Courrier ne parut que le 3 janvier 1807, imprimé et publié pour les Editeurs à la Nouvelle Imprimerie, No 19, Rue Buade. Format 5 p. X 8. On remarquera que ce prospectus fut publié quinze jours avant celui du Canadien. Le Canadien, cependant, devait paraître plus d’un mois avant le Courrier.

si près la naissance, en rejettent probablement la faute sur le public. Quelques messieurs canadiens, d’une opinion contraire, et persuadés que le faible qu’avaient les éditeurs de ces papiers publics pour leur langue maternelle, sont (sic) la vraie cause de leur peu de réussite, ont dessein, si l'on veut bien encourager leurs efforts, d'entreprendre une nouvelle publication.

Le but de ces papiers nouvelles doit être d’être entendus de ceux pour qui on les écrit, et voilà pourquoi LE COURRIER DE QUÉBEC sera toùt en français, et dans un style à la portée de tous les habitans de cette province. Il y a longtemps que l’on désire un semblable ouvrage, et c'est ce qui fait espérer à ceux qui se proposent de rédiger cette feuille, qu'elle sera reçue avec empressement, si elle peut répondre aux désirs de ceux pour qui ils l’entreprennent.

Les nouvelles politiques, étrangères et locales, les nouvelles littéraires, des recherches sur l’histoire de notre pays, en général, tout ce qui sera cru devoir intéresser, seront les matières du COURRIER DE QUÉBEC.

Cette feuille étant aussi entreprise dans le dessein de donner aux personnes qui aiment à écrire un véhicule pour leurs compositions; les éditeurs recevront toujours avec une parfaite reconnaissance, tout ce qu'on leur adressera et qui méritera d'y être inséré. Ils prient même d'avance ceux qui auront quelque moment de loisir, de vouloir bien leur communiquer ce qu'ils croiront devoir contribuer au succès de ce papier.

Pour ne pas ennuyer les lecteurs par une longue suite de pièces originales et mal digérées, comme il arrive souvent, les éditeurs s’appliqueront à ne donner qu'une idée des nouvelles rapportées dans les papiers étrangers, à les

comparer, et à en tirer quelques conclusions certaines ou probables. Ils prennent aussi avec le public l'engagement formel de ne rien insérer, dans leur publication, de contraire aux principes religieux, au bien de l’état, ou aux intérêts des particuliers ; en un mot ils se feront un devoir, de prendre pour modèle, le journaliste dont le Duc de Nivernois nous trace ainsi le portrait ; «Le {journaliste exerce une sorte de ministère public Get légal ; c'est un rapporteur, qui après avoir fait «le dépouillement des matériaux dont il extrait la «substance, ne peut sans prévention rien déguiser, «rien exagérer, ni rien omettre ; ses fonctions sont «de rigueur, il doit être impassible comme la loi. QI] est coupable, si l’esprit de satire ou celui de «partialité lui font publier ou aggraver des fautes ; «s’il s'attache malignement à relever des défauts, «ou si, entraîné par quelque affection particulière, «il ne s'occupe qu à faire valoir les beautés. Mais «celui qui ne perdant jamais de vue ses devoirs et «la dignité de son emploi, n'offre au lecteur que «des analyses exactes et précises, des résultats «clairs et légitimes, des conclusions judicieuses et «impartiales, celui là mérite la reconnaissance des «auteurs, des lecteurs et de la république des «lettres.»

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