‹ Nos origines zoologiquesChapitre 12 sur 13 · partie qui ne lui est que nuisible. > (Metchnikofl", Etudes sur · texte numérisé non relu

partie qui ne lui est que nuisible. > (Metchnikofl", Etudes sur

la nature humaine,)

De ce qui précède, il résulte que l'harmonie est loin d'être parfaite entre les dispositions présentées par nos organes et le rôle qu'ils ont à remplir, soit que ceux-ci aient survécu à des fonctions supprimées, soit au contraire qu'ils n'aient pu qu'imparfaitement s'adapter à des emplois nouveaux. On a vu que

NOS ORIfllNES XOÛLOGIQOES.

eim n'a pu trouver dans le corps humain que quinze în progrès considérable sur leurs similaires des ides. En acceptant ce chiffre, nous sommes conduils ir que dans notre économie huit organes sur neuf ont art, dans le règne animal, des homologues dont Tétat si est meilleur.

3 BupérieuTB à ceux des autres animaux. — L'étude ;ères dont notre supériorité dépend se trouve ainsi sinint localisée. La discussion n'est que plus ardente en iche leur mode d'apparition. La théorie de l'évoluque l'ont posée Lamarckct Darwin, rend compte de 3 des transformations animales, mais elle n'a pu touaut le reconnaître, préciser le mécanisme au moyen le espèce peut être changée en une autre espèce. Les le de Vries sont venus montrer récemment que des juvelles peuvent apparaître par mutation brusque. tendre ces conclusions exactes pour des cas particutotalité du monde organique, il n'y avait qu'un pas, anchi par des esprits inconsidérément généralisa-

)le imprudente essaye, en ce moment, d'opposer à la i transformisme la théorie nouvelle des mutations. )rouvera, sans aucun doute, que les phénomènes sur

'appuient les promoteurs du système ne représentent yen rentrant à cO té des autres procédés connus, dans ion générale évolulionniste.

sition de l'attitude verticale eut pour notre espèce quences décisives. Dans une étude récente, M. Ed. montré comment à dû se produire ce changement voit sa cause essentielle dans l'intelligence en éveil, jserver, entendre et voir à de grandes distances. redressant, l'être humain a rendu antérieure son

La forme humaine.

ancienne région inférieure et postérieure la partie du précédemment dirigée vers le liaut. L'une a été peu mo( l'autre a pris des formes en rapport avec l'acte accc celtes-ci donnent au corps ses caractères initiaux de not Les muscles les plus signiflcatifs de la région postériet corps sont les muscles fessiers. Peu importants chez les mifères quadrupèdes elles Singes, ces muscles n'ont tout puissance que dans notre espèce. Leur développement pa lier a été considéré avec raison comme une des preuves le concluantes que l'on puisse invoquer en faveur de la de tioQ de l'Homme à l'altitude bipède. (Sappey.)Ge même loppement a l'ait dire à Spiegel que les muscles fessiers élé donnés à l'Homme pour qu'étant commodément asi puisse se livrer à son aise à l'étude des choses divines ». surtout du cûté inférieur qu'ils s'étendent; ils recot l'ischion laissé à découvert chez les Singes et refoulent fessier de manière à le rendre horizontal. Ce mouvi déplace et précise la limite inférieure^du tronc. Ainsi I; nion de plis fessiers sensiblement horizontaux et de m proéminents au-dessus d'eux constitue l'un des caractèr plus typiques de ia forme humaine.

Les muscles qui servent à étendre le membre infériei accentué par leur augmentation de volume les courbes i rant la cuisse et la jambe. La saillie du mollet est pour espèce aussi caractéristique que celle de la croupe. Plusi tuée dans la race blanche que dans la noire, elle manqui tous les animaux.

Le développement en largeur des os du bassin et du se sont également des conséquences de l'adaption à Tattitud ticale. n existe, d'après Gbarpy, deux types|de bassin, l'un Vautre évasé, qui se rencontrent également dans les deux s « On peut concevoir des organismes de force, dont le postérieur puissant comporte une large masse fessière bassin évasé, avec, comme conséquence, une démarcht lente mais plus stable, une assiette solide, et des orgai de vitesse, où dominent les muscles verticaux, paraît

u corps, le bassin droit et ie ventre resserré, et qui sont appropriés îi l'élan et à la souplesse des mouvements, lercule opposé à Achille et Vénus à Diane. »

inflexions de la colonne vertébrale (convexités de la et du dos, concavités des reins et de la nuque) trouvent incipale cause dans le besoin pour les différentes parties îte : ventre, poitrine^ cou et tête, de s'équilibrer par t à la verticale passant par le point d'appui de Taxe al sur le bassin. Cette nécessité est particulièrement nte au niveau des épaules. Les viscères de la poitrine et poumons) sollicitent en avant la colonne vertébrale. àagir, celle-ci s'infléchit en arrière, donnant lieu ft l'im- .c courbure compensatrice du dos. Mais l'eflort est insuf- U se produit alors, pour reporter plus en arrière encore Is des viscères thoraciques, une voussure postérieure «s; ces lames s'incurvent de plus en plus de chaque !8 vertèbres en formant des proéminences symétriques. le constitue le sillon médian longitudinal qui donne aux s une si grande élégance.

.itude verticale entraîne, également, sur l'axe vertébral, wbures latérales dérivant de l'inégalité d'action des noitiés du corps. Dans le même ordre de phénomènes se enfin Vasymétrie bilatérale du squelette et des formes lurestcrfine, mains, visage, etc. Les quadrupèdes, le enfant ne présentent point ces difl'érences. On comprend Il soit ainsi, les adolescents et les adultes de notre espèce euls soumis à des travaux qui nécessitent des efforts inéles deux moitiés du corps. Vasymétrie bilatérale cons- )ar suite, l'un des caractères spécifiques de l'être humain ppé.

été est remaniée de toutes parts. En équilibre sur l'ex- ; de la colonne vertébrale, elle tend, dans son ensemble, pprocher de la forme globuleuse. Elle est enveloppée de iB peauciers dont certains ont subi une atrophie partielle es de l'oreille par exemple), tandis que ceux qui entou- 18 yenx et la bouche ont acquis un baut degré de diffé-

LA FORME HUMAINB!. 67

renciatîon. En se contractant ou se dilatant ils sont la source de l'infinie variété d'expressions que peut rendre la tête humaine.

La face, avec les sens de Vodorat et du goût^ est surtout affectée à la nutrition. L'acquisition de la station debout a eu pour résultat de libérer les mains. Celles-ci, en devenant indépendantes, ont acquis plus de dextérité et pris l'habitude de mieux saisir le corps ; puis, en portant les aliments à la bouche, elles ont enlevé aux mâchoires leur rôle préhenseur ; ces der^ nières se sont alors raccourcies pour prendre leur forme actuelle.

Le crâne contient le cerveau et porte les ouvertures qui le font communiquer avec le dehors par les sens de la vtie et de Vouïe. La réduction du pavillon de l'oreille devenu à peu près immobile, l'agrandissement des yeux et leur disposition parallèle favorisant la formation d'images stéréoscopiques, Tampleur du front en rapport avec le développement du cerveau constituent ses principaux caractères.

Le redressement du corps a produit sur les organes internes des effets tout aussi remarquables. On conçoit que ce changement déterminant une nouvelle orientation des organes, de nouveaux rapports se soient établis entre eux. Dans cet ordre d'idées, Tun des effets les plus importants est la position nou velle que prend Vappareil respiratoire par rapport à la cage thoracique. Tandis que chez les quadrupèdes les poumons s'appuient sur la région squelettique ventrale, chez les Mammifères à station droite ces viscères^ se trouvent seulement suspendus, ainsi que des battants de cloche, au sommet de la poitrine. Gomme conséquence, la paroi thoracique libérée du rôle de soutien qu'elle remplissait jusque-là, prend les dispositions d'une simple enveloppe maintenue ouverte par les arcs costaux et suspendue librement autour de l'appareil pulmonaire. En cet état, elle va pouvoir participer d'une façon plus active à l'acte respiratoire.

L'appareil costal subit des déplacements antérieurs et latéraux

Nos ORIGINES ZOOLOQIQUES.

mie partie à la contraction lies muscles scalènes qui les cOles supérieures aux vertèbres du cou, et des ercostauicsuperficielsqui relient les côtes entre elles. ; plus graiitie de ces déplacements produit dons le ir mis en Jeu des variations plus considérables. 1 modifiant l'état de la colonne gazeuse renfermée ;hée, vont servira diversifier les sons; les qualités iers dépendant de l'état de perfection plus ou moins irynx.

sitions se retrouvent chez tous les Primates; mais actères de l'Homme est d'avoir acquis la parole, la possibilité de transformer en mots les sons issus Jn tel perfectionnement résulte d'une différenciation î survenue dans ce dernier organe, jointe à l'emploi la langue, des lèvres et des dénis.

ige articulé a permis aux Hommes d'entrer en ion d'idées et de multiplier à l'inflni leurs inves-

leraent exceptionnel du cerveau est le trait le plus [ue de notre espèce.

do l'être humain doit être recherché dans le consiste entre son infériorité physique et sa puissance D. Par son ingéniosité, il est arrivé à atténuer ses inperfections. Il a su non seulement se nourrir, se encore transformer ses bras en outils multiples,

ses membres, organes de locomotion médiocres, 3 pouvant le déplacer avec aisance, et donner à ses îyen d'instruments appropriés, une puissance de de plus en plus étendue.

ilté de s'adjoindre des annexes empruntées au 'ieur, de perfectionner artificiellement les organes, lorlant motif d'activité. Celle-ci s'est encore accrue :ice de nouveaux facteurs. Si l'intelligence humaine fauts matériels du corps, elle cherche également

LA FORME HDMAING.

au-dessus de lui la perfection à atteindre, idéal est, sans aucun doute, le déterminar plus à élever notre espèce.

Il n'y a donc, dans le corps humain, ne d sèment exceptionnel des centres nerceux, q tiens supérieures à celles des autres anima reafermo de nombreux organes atrophiés et ceptibles tout au plus de réapparaître po diverses mal forma lions ; fjue d'autres, cons( sont en désharmonie avec les fonctions qu'il traits caraclérisliques de notre espèce se quelques particularités : acquisition déflnitiv ticale, dont l'efiFet le plus immédiat a été I contours actuels du corps, changement de suivie de l'établissement de la face qui a p plus grand fini d'expression, perfectionnerai phonation, rendant possible le langage artic

Notre organisme représente, en dernièrear d'éléments le plus souvent imparfaits, dirig nerveux d'un développement supérieur.

RÉSUMÉ

On vient de voir les liens étroits qui rattachent rHorame au règne animal.

Des êtres lointains figurant dans notre lignée se ramènent à cette unité élémentaire, le zoonite, dont A. Moquin-Tandon a signalé le rôle fondamental.

La propriété, commune à tous les animaux inférieurs, de produire des bourgeons restant généralement accolés, rend compte des premières complications : des chaînes de zoonites se sont formées et d'elles sont nés les Vers annelés.

Soumis à des « remanlments > divers, ceux-ci, à leur tour, sont devenus le point de départ de séries plus complexes (Ed. Perrier). L'une dont nous faisons partie, se caractérise par un changement d'attitude qui a renversa l'orientation du corps, et par la formation concomitante d'un axe de soutien interne ou corde dorsale.

Différents Vers présentant ces phénomènes sont actuellement épars dans la nature. Leur dispersion autorise plusieurs hypothèses, celle, notamment, d'ébauches de Cordés distinctes, ayant inégalement abouti.

La souche dont est sorti l'Amphioxus, a également donné les Poissons qui ont pris, en passant sur le sol, la forme de Batraciens desquels sont nés les Vertébrés terrestres,

Cet enchaînement offre des conséquence portée intéressant, à la fois, la morpholo et la pathologie.

Conséquences morphologiques. — 11 n précédentes, que notre corps .est une formi se superposent des caractères de Vers, de ] ciens et de Vertébrés terrestres.

L'un des traits primordiaux de l'organisr dans la présence du cœlome. Cet espace, d de la paroi du corps, isole le tube digestif ï nisme et devient le premier appareil circula

L'état segmen taire de nombreux organ humain, de la colonne vertébrale et de 1:

chez l'adulte, est une suite de la forme zt

L'axe de soutien interne ou corde dorsal où certains Vers annelés ont transformé en un diverticule du tube digestif.

"L'appareil branchial avec ses dérivés, le mentaires spécialisées en dents, plusieurs rielles, etc., datent seulement des Poissons.

Les glandes cutanées, Vappareil pvlmonc locomotion terrestre, sont un legs plus ciens.

A ces apports, s'ajoutent les dispositifs î miers Mammifères : po(7s, poches de plus t nées pour la protection du fœtus, mamel tions introduites par les Primates : tendanc< du corps, dentition de frugivore, membres % les améliorations qui ont isolé notre espèce, développement exceptionnel des centres ner

Les premiers temps de la vie nous mont:

73 NOS ORIOINBS ZOOLOQIQUEB.

comme un animal quadrupède ignorant la parole et incapable de suffire à son entretien. Le passage de la première à la seconde enfance marque son adaptation à la vie véritablement humaine : attitude verticale et ses conséquences, usage de la parole, fonctionnement cérébral.

L'Homme, comme tout animal, traverse au début de sa vie une série de phases qui le conduisent de la forme unicellutaire à sa structure définitive. Les dispositions qu'il offre, successivement, dans celte période ne font que reproduire, en raccourci, les aspects généraux qui viennent d'être indiqués.

Puisque tous les documents s'accordent à démontrer que la forme de notre corps n'est que le dernier terme des états présentés, tour à tour, par nos ancêtres, il est rationne! que nous cherchions à connaître ces derniers et à établir leur histoire précise. C'est elle, en effet, qui, dans l'avenir, servira de base à toute conception rationnelle de ta morphologie humaine.

Conséquences physiologiques. — S'il nous était donné de connaître notre filiation exacte, nous pourrions, de même, enchaîner par des relations de cause à effet toutes les fonctions de la vie.

Les cellules animales passent leur existence dans un milieu salin que l'on essaye d'imiter par des sérums artificiels. Ce plasma peut être considéré comme le résultat de l'appropriation dn milieu marin originel à notre état physiologique.

Claude Bernard a montré, le premier, l'importance des milieux organiques; nos connaissances actuelles nous permettent d'élargir cette idée fondamentale et d'en interpréter la signification. Cet éminent physiologiste distingue, chez les êtres vivants, deux milieux essentiels : le milieu extérieur oa extra-organique et le milieu intérieur ou intra-organique. Or, les êtres unicellulaires (Protozoaires) et pluricellulaires inférieurs {Spongiaires el Cœlentérés) ont tous leurs éléments

RÉSUMÉ. 73

en communication directe avec le milieu extérieur; aussi sontils incapables d'exister en dehors de lui. C'est, seulement, grâce à la formation d'un cœlome que les organismes plus élevés ont pu acquérir un milieu intérieur. Ce dernier, seul en rapport immédiat avec les manifestations vitales des cellules, s'est spécialisé et isolé de plus en plus du milieu ambiant. Par ce moyen est devenue possible la sortie des organismes supérieurs du milieu liquide primitif.

Le zoonite, tel que l'a conçu A. Moquin-Tandon, est l'organisme le plus simple dans lequel se trouve réalisé ce milieu intérieur.

La vie générale d'une chaîne de zoonites (Vers annelés) peut se ramener à la somme des vies^particulières de chaque zoonite; l'unité étant entretenue par les cordons de communication qui relient les différents centres nerveux.

Chez les Vertébrés, par le fait du remanîment et de la fusion plus ou moins complète des zoonites, la vie générale domine les vies particulières et donne à l'être un caractère d'unité plus parfaite.

Il n'est pas jusqu'aux i)hénomènes psychiques qui ne paraissent se ressentir de nos commencements. Certaines manifestations s'expliquent, peut-être, par des affinités de début. C'est ainsi que les organisations sociales se sont formées aux extrémités supérieures des séries où, bien qu'établie sur des plans difl'érents, la division segmentaire se trouve le plus marquée (Arthropodes : Termites, Abeilles, Fourmis; Cordas : divers Oiseaux et Mammifères, Homme), On peut se demander si nos tendances au rapprochement, nos sentiments de sympathie, de solidarité, d'entr'aide, ne dérivent pas, sous une forme agrandie et épurée, du besoin ressenti, dès l'origine, par les êtres zoonites, de maintenir l'union entre les individus élémentaires qui les constituent.

A un autre point de vue, la connaissance de notre lignée est appelée à fournir de précieux avantages. Non seulement elle

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permettra d'expliquer l'existence et le fonctionnement de notre économie, mais encore de faire des animaux un meilleur emploi. Ceux-ci représentent, en eflfet, de vraies cornues vivantes où s'élaborent d'utiles substances (vaccins et sérums). On a vu qu'en partant de l'idée d'un lien étroit entre les Anthropoïdes et l'Homme, Roux et Metchnikoff ont déjà réalisé la syphilis sur le Chimpanzé, indiquant, peut-être ainsi, un moyen de nous immuniser contre ce fléau. Le même principe est destiné à fournir de nombreux résultats analogues.

Conséquences pathologiques. — Le médecin trouve, aussi, dans la préhistoire de l'organisme, l'explication de faits journaliers qui le touchent : désharmonies entre l'organisation et les fonctions de certains de nos appareils; anomalies et monstruosités; maladies inflammatoires ou néoplasiques frappant les organes dégénérés ; aberrations isolées ou collectives de nos instincts, en particulier des instincts social et sexuel.

Les animaux ont préparé Uétat réalisé, aujourcThui, par notre organisme, et nous ne faisons, souvent, qu'enregistrer ou mettre en œuvre ce que leur énergie a créé.

Vu : Vu :

Le Doyen, Le Président de la thèse,

JEANNEL. CHARPY.

Vu ET PEBMIS d'imprimer :

Toulouse, le 17 juin 1909.

Pour le Recteur, président du Conseil de V Université,

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