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CHAPITRE III

Le Pithécanthrope.

Esprit enthousiaste, Hseckel imaginait dès Tannée 1866, dans sa Morphologie générale^ un type hypothétique le Pithécanthrope ou Singe-homme, pour remplir le vide existant alors entre les Anthropoïdes et notre espèce.

II prévoyait, à plus d'un quart de siècle de distance, l'être réel qui, depuis, est venu prendre la place inoccupée. C'est seulement au cours des années 1891 et 1892 que M. Eugène Dubois, professeur de géologie à l'Université d'Amsterdam, découvrit dans l'île de Java, non loin de Trinil, sur un gisement correspondant, semblait-il, à notre Pliocène, quatre fragments : une calotte crânienne^ un fémur et deux molaires paraissant avoir appartenu à un être humain des plus inférieurs. Il laissa à cet ancêtre le nom que par anticipation lui avait donné Haeckel. M. Dubois publia son étude en 1894; les conclusions en furent confirmées d'abord au Congrès international de Zoologie tenue à Leyde en 1895, puis à Paris vers la fin de la même année. Le Pithécanthrope est maintenant trop connu pour qu'il soit utile d'en décrire à nouveau les restes. On a pu voir sa reconstitution en 1900, à l'Exposition universelle de Paris, dans le pavillon des Indes néerlandaises. Cet essai de reconstruction plastique fit l'objet de différentes critiques, notamment de la part de M. Manouvrier. Quoi qu'il en soit, nous savons, grâce à cette découverte, qu'à la fin de l'Ère ter-

;^- tiaire vivait un être de forme ambiguë, offrant un mélange de

dispositions, les unes existant déjà chez les Singes, les autres spéciales à l'Homme. M. Dubois a essayé d'utiliser ces caractères pour dresser le tableau de notre généalogie simienne (Anatomischer Anzeiger, 1896).

Les Races humaines fossiles.

L'Ère quaternaire a été marquée par l'arrivée de notre espèce. Malheureusement, nous ne connaissons les premières races que par les débris de leur industrie, d'ailleurs très développée. Tout à fait au début (Étage Chelléen ou Acheuléen inférieur) on rencontre dans presque toutes les régions du globe : Europe, Asie, Afrique, Amérique du Nord, des pierres taillées qu'il faut nécessairement attribuer à des êtres doués d'une certaine intelligence. Aucun fragment squelettique n'a été observé, jusqu'ici, à ces niveaux anciens.

Immédiatement après, VÉtage Moustiérien, d'aire géographique sensiblement plus restreinte, a livré un assez grand nombre d'ossements indiquant l'existence en Europe d'une race particulière, dite de Néanderthal, peu éloignée, à certains égards, du Pithécanthrope.

Les pièces représentant cette race proviennent des localités suivantes* : Engis (Belgique), 1834; Néanderthal (Prusse rhénane), 1856; Arcy-sur-Gure (Yonne), 1859; Enguisheim (Golmar), 1865; La Naulette (Belgique), 1867; Predmost (Moravie), 1884; Spy (Belgique), 1885; Malarnaud (Ariège), 1888; L'Estelas (Ariège), 1895; Krapina (Croatie), 1899; Le Moustier (Dordogne), 1908; La Chapelle aux-Saints (Corrèze), 1908.

Les étages suivants : Aurignacien, Solutréen, Madeleinien^ possèdent les sépultures qui ont fait connaître les races de Cro-Magnon (aux Eyzies, Dordogne), de Grima Idi (près Menton) et d'autres.

1. J'ai mis à contribution pour donner ces renseignements rérudition si étendue de M. E. Gartailhac,

Cet ensemble témoigne de groupements successifs, distincts, dont révolution suppose une longue 'série de siècles.

Tels sont les renseignements acquis sur les débuts de notre espèce. Le type de Néanderthal est particulièrement intéressant: il s'intercale entre le Pithécanthrope et les races humaines les plus inférieures; à ce titre, il représente le dernier chaînon qui, morphologiquement, nous rattache aux Anthropoïdes (Gope, Schwalbe).

Aux temps Moustiériens la race néanderthalienne a occupé toute l'Europe occidentale. Dans nos régions, ses traces sont abondantes. La plaine qui s'étend de Toulouse aux Pyrénées, notamment, a été longtemps occupée par elle. l\ reste en maints endroits des traces de son industrie, mais les ossements sont des plus rares (abandon des cadavres, inhumation en plein air?). La pièce capitale est la mâchoire découverte en 1889 par F. Régnault et M. Bourret dans la caverne de Malarnaud (Ariège). Elle fut décrite la même année par Henri Filhol dans le Bulletin de la Société Philomathique. Cet auteur concluait en la rapportant à < une race humaine semblable à celle occupant, à la même époque, la Belgique; cette race possédant, comme caractère de variation, d'avoir un menton plus fuyant. Cette dispersion, ajoutait-il, d'une même race humaine sur une si grande étendue de pays, à une époque si reculée, constitue un fait très remarquable. >

Les trouvailles dans les Pyrénées ont été, depuis, moins nombreuses qu'on n'aurait pu l'espérer. F. Régnault a encore décrit en 1895, en collaboration avec M. Roule, un nouveau maxillaire provenant de la grotte de VEstelas (Ariège). Cette pièce appartient à un jeune sujet, âgé d'environ dix ans; elle se rapproche par l'ensemble de ses caractères de la mâchoire (le Malarnaud.

Ailleurs, il y avait surtout pour nous renseigner jusqu'à ces derniers mois, la calotte crânienne de Néanderthal et les deux squelettes trouvés à Spy, près de Namur. Mais les récen-

NOB ORTSINSa ZOOLOOIQUBB.

«ouvertes faites à La ChapeUe-aucc-Saints (Corrèze) par Bardon et Bouyssonie, et dans le gisement même du lier (Dordogne) par M. Hauser sont venues étendre nos ignements.

omme fossile de la Chapelle-aux -Saints, étudié par )ule, a révélé une chose que l'on n'avait pu que soupçonisqu'ici : la 'projection de la face en avant pour constian véritable museau. L'homme du Moustier est venu, 1 près en même temps, confirmer la réalité du fait. es M. Klaatsch, ce dernier, mieux conservé que le prét, se caractérise en outre, par le volume de la tête du • plus considérable que dans aucune des races actuelles courbure très accentuée du radius que l'on n'observe à ce

que chez les Anthropoïdes.

autre fait remarquable est la façon dont ces primilifs it ensevelis. Au Moustier, le corps mieux protégé qu'à la iUe-aux Saints, présentait l'attitude du sommeil. La tète ait sur le bras droit, la joue appuyée sur le coude. Sous 3 se trouvait un oreiller de pierre. Des silex avaient été dus autour du corps; deux d'entre eux protégeaient le le coude droit était soutenu par un autre fragment en } de goutlière.

is pouvons maintenant concevoir avec une certaine exac- ! le type de Néanderthal. La taille atteint environ i°60. te, encore bestiale, offre tout un ensemble de caractères ns. Le crâne est allongé, épais, aplati et déjà grand dant, puisque sa capacité atteint, d'après M. Boule,

centimètres cubes. Il se fait remarquer, en outre, absence de front et le développement excessif des arcades ilières, surmontées d'une large gouttière allant d'une lyse orbitaire à l'antre. La projection de la face en avant former le museau est très accentuée. Le nez, séparé du par une dépression, est court et large. Les membres se ochent par certains cOtés de ceux des Anthropoïdes.

race de Néanderthal a été remplacée après l'époqni

Moustiérienne par les races de Cro-Magnon^ de Grimaldiy etc. Il se peut, toutefois, que la substitution n'ait pas été aussi rapide qu'on est généralement porté à l'admettre. La représentation d'un museau sur diverses images gravées^ l'aspect simiesque des peintures humaines de la grotte de Portel, la découverte qui vient d'être annoncée (mai 1909) à Saint-Hyppoiyte-du-Fort (Gard), d'un crâne du type de Néanderthal au milieu d'ossements et d'objets néolithiques, tendraient à appuyer cette opinion.

Essayer de reconstituer nos ancêtres est chose tentante. Malheureusement, les restitutions exigent, pour être exactes, des conditions nombreuses parfois difficiles à réaliser. Les œuvres d'artistes tels que Gormon, Jamin, Fremiet par exemple, nous transportent dans un inonde émouvant, mais il faut le reconnaître, quelque peu conventionnel. Il est possible de rétablir la taille et les principales masses musculaires de rhomme de Néanderthal; mais les difficultés surgissent quand il faut préciser ses caractères intimes. Etait-il velu et dans quelles proportions ? Allait-il nu ou vêtu ? Se montrait-il doux ou féroce? Avait-il une coquetterie naissante, comme semblent l'indiquer certains objets ensevelis avec lui (parures de Spy, perles d'ivoire avec un enfant à Predmost) ou ignorait-il les soins de sa personne? une religiosité naissante mettait-elle dans ses yeux quelque lueur d'idéal? La tenue du corps, le jeu de la face devraient exprimer tout cela.

On ne peut, en réalité, se faire une idée à peu près juste que des caractères anatoraiques essentiels de la race.

Il a été publié, depuis longtemps déjà, des figures de l'homme de Spy. J'ai cherché pour ma part, en 1905, avec mon ami le professeur Béringuier, à fixer les traits d'un Néanderthalien. Je fis connaître notre esquisse dans une conférence publique donnée à la Faculté des sciences de Toulouse.

Au mois de mars 1908, nous avons relevé, le D"* René Jeannel, F. Régnault et moi, dans la grotte de Portel (Ariège)

NOS OaiGINES ZOOLOGIQUES.

as paiéolithiques, parmi lesquelles les premières petn~ iréseûtant l'Homme qui aient été signalées. On avait avant nous des silhouettes gravées à Marsouias, à , à Font- de- Ga urne, aui Gombarelles, mais nulle part îs sujets peints.

me note communiquée le 18 mars 1908 à la Société 3 naturelle de Toulouse, nous nous exprimions

îrand intérêt des peintures de la grotte de Portel I ce que certaines d'entre elles représentent des profils s en pied. L'un est peint en rouge, mais la partie e do son corps est malheureusement assez efiacée. , un examen attenlif nous a convaincus que le corps sente de face tandis que la tète est de profil, à droite.

est très dolichocéphale, à front bas; la face, prognatre un véritable museau de singe. Une forte saillie

de la roche, cernée de couleur rouge, figure le phalé, et il est bien probable que la forme spéciale de cette cheuse a dû éveiller chez l'artiste préhistorique l'idée

tout autour ce portrait réaliste. Le deuxième profil nous paraît fort douteux; mais nous en avons relevé nt un troisième fort beau tout au fond de la caverne. 3st peint en noir sur une stalactite qui l'a d'ailleurs int recouvert; son profil, également prognathe, est de >rt remarquable. >

intures reproduisent d'une manière frappante le type lerthal.

jcemment, M. Boule a fait représenter l'homme de La aux-Saints. Le sujet est d'un vif intérêt. Il a été exé- Kupka {L'Illustration, 20 février 1909).

: sa perfection, cette figure ne saurait être définitive, latière aussi neuve, où les détails manquent en grand des modifications devront plus d'une fois être nécest apportées. Dans l'esquisse qu'à mon tour je préftains traits ont été introduits d'après les peintures i de la grotte de Portel.

LA FORUE HDMAtNS:.

- Etsai de reconstitution du type Néanderthalien.

La région frontnle a i''i6 ohlenue en revotant un crftne <lo Spy de masses un peu plu9 épaisses que Ih muxcutatiire actuelle. I.a Face a été dessinée en tennnt compte, surtout, des indicntiona fournies parles pûinturoa humaines de la grotte do Portel. La chevelure est forcément conventionnelle. Comme on peut s'en rendre compte, la diversité des documenta employés influe peu sur le rendu de l'enaemble ; seuls lei détails différent, l.c type de Néanderthal semble, dès à présent, pouToir Stre considéré comme connu dans ses traits essentiels.

NOS ORIGINES ZOOLOQIQDES.

Organisme humain actuel.

ganisme humain actuel sont réunis de nombreux valeur inégale, lentemout- surajoutés, somment a dû se produire la transition de la siminie d'une cavité générale aux formes aonelées, de s aux Vers plus spéciaux munis d'une corde dorx-ci à des formes de Poissons voisines de l'Ame ces formes à des êtres assez rapprochés des ! ces êtres aux Dipneustes et aux Batraciens, des en passant un instant par l'état de Reptile, aux , puis aux Marsupiaux, des Marsupiaux aux Pri- Primates ii l'Homme.

rchant dans notre corps les traces de ce passé, un contemporain, Wiederslieim, a dressé le bilan de . Cent sept d'entre eux, ayant leurs homologues en s d'autres groupes, sont passés chez nous à l'état e; dix-sept, encore capables de remplir leurs foncent des signes de décadence; quinze seulement )grès par rapport à leurs similaires des Anthro-

ies expliquent à la fois les dispositions habituelles parties qui composent notre organisme et les nomaccidentels occasionnés par certaines irrégularités t de fonctions. Telle malformation peut provenir, la croissance imprévue d'un organe déjà atrophié; monie physiologique peut dépendre de l'adaptation na imparfaite d'un autre organe à sa fonction.

rudimentaires. — La présence sur l'être humain do imentaires est une des preuves les plus convain- ;on passé animal. Ces phénomènes, qui seraient, l'a fait remarquer souvent, une énigme pour les es s'expliquent sans difQcuilé dans la conception

évolutionniste. Ainsi, notre revète^nent pileux est devenu impropre à protéger la peau contre le refroidissement et les chocs ; il peut même, comme le fait remarquer Metchnikoff, être nuisible à la santé; par les nombreux étuis que forment les follicules d'où sortent les poils, nos téguments constituent, en effet, un milieu très favorable aux développements microbiens. L'enfant est velu dans l'utérus et souvent à sa naissance; les persistances pileuses à l'âge adulte donnent lieu à ces états phénoménaux : Femme à barbe^ Homme chaty Homme chiefij etc., fréquents dans les exhibitions. Le coccyx ou appendice caudal est habituellement réduit à un chapelet de cinq ou six globules aplatis, dissimulés sous la peau; de temps à autre, on signale une croissance inaccoutumée des vertèbres coccygiennes dotant certains individus d'un prolongement externe analogue à celui des autres Vertébrés. Les oreilles sont presque toujours immobiles; divers sujets conservent la faculté de les remuer. D'autres personnes peuvent accidentellement déplacer, comme les Singes et les Anthropoïdes, leur cuir chevelu^ etc.

A l'intérieur, des atrophies existent dans presque tous les organes. Uintestin est muni d'un appendice bien connu à cause de la maladie fréquente dont il est le siège, Vappendicite. Ce prolongement n'est qu'une partie du caecum ayant subi un arrêt de développement. Les organes uro-génitaux présentent de nombreuses parties atrophiées. Les côtes lombaires ont disparu. Le Cerveau contient aussi de nombreux rudiments. La Glande pinéale ou Epiphyse est du nombre. Cet organe, dont Descartes faisait le siège de l'âme raisonnable, est un organe sensoriel impair, dont un homologue est encore bien développé chez quelques Sauriens (Hatteria). A son tour, le lobe cérébral de V Hypophyse est un organe en voie de disparition. € Si l'on considère que sa première ébauche est identique à celle de l'Epiphyse et des Vésicules optiques, qu'elle provient, comme elles, d'un diverticule du Cerveau intermédiaire, on ne peut se défendre d'admettre qu'elle a dû, aussi, être primitivement un organe sensoriel > (Wiedersheim).

- .C'Vi'

62 NOS OHiaiNSS zoologiques.

Organes en voie de décadence. — Les organes en décadence mais capables, toutefois, de jouer un rôle physiologique sont, à leur tour, intéressants à étudier.

Les Orteils manquent, à de rares exceptions près, de propriétés préhensiles. Pour acquérir l'attitude bipède, nos ancêtres ont dû^ en effet, abandonner les mœurs arboricoles et s'habituer à vivre sur le sol. Anthony démontre, dans une étude récente (19024904), comment l'adaptation progressive à la marche a éloigné peu à peu le pied humain du type anthropoïde. De nos jours, les habitudes introduites par la civilisation déterminent de nouveaux changements. < La chaussure bombée qui annule les orteils et réduit les muscles moteurs, tend à arquer le squelette ; nous marchons vers un type cambré avec amoindrissement du rOIe des orteils et de leurs muscles. > (Gharpy.) La simplification des muscles de la jambe est de même bien connue. Le muscle pyramidal^ important chez les Marsupiaux (voyez page 43) est en voie de disparition; souvent il fait défaut; son rôle des plus restreints se borne à renforcer les muscles de l'abdomen. La tendance à disparaître des onzième et douzième paires de côtes est également un fait observé. Le système dentaire oflVe, à son tour, des signes évidents de réduction. Il suffit de citer le petit volume de canines^ l'évolution tardive et si variable des quatre dents de sagesse. € Chez les Européens on compte environ 10 % d'individus n'ayant, durant leur vie entière, que vingt huit dents. Chez les autres, les quatre dernières molaires apparaissent tardivement, et il n'est pas rare de les voir pousser à l'âge de trente ans et même après; elles sont toujours de qualité inférieure; leur carie est proportionnellement plus fréquente que celle des autres dents > (Metchnikoff).

Le cœcum^ ce segment du gros intestin que termine l'appendice, serait aussi en voie de régression. On le trouve, en effet, dans la période embryonnaire, proportionnellement plus développé qu'à l'âge adulte, et, comme son volume est très considérable chez les herbivores, nous devons admettre que cette cavité s est véritablement réduite en même temps qu'au

Là forme HÛMiimE. 6S

régime végétarien se substituait le régime mixte actuel. Metchnikoff est allé jusqu'à soutenir que le gros intestin tout entier est un organe superflu dont la suppression ne pourrait donner que des résultats heureux. Au point de vue digestif, cette partie du tube intestinal ne joue, en effet, qu'un rôle minime. Par contre, elle a une fonction comparable à celle de la vessie urînaire : de même que cette dernière collecte l'urine, le gros intestin réunit les déchets de la digestion. A ce titre, il prend place parmi les organes nuisibles; il n'est plus qu'un espace où se putréfient les résidus nutritifs et les produits de cette décomposition peuvent devenir le siège de maladies dangereuses, telles par exemple que la dyssenterie. On sait enfin qu'il est le lieu de prédilection de tumeurs graves.

On s'explique aisément que les organes digestifs fournissent

tant d'exemples de parties inutiles ou nuisibles. « Nos ancêtres

étaient des animaux qui ne pouvaient se nourrir qu'avec des

aliments crus et grossiers, tels que plantes sauvages et chair

non préparée. L'homme a su cultiver des plantes facilement

digestibles et a appris à accommoder sa nourriture de façon à

ce qu'elle soit assimilée par l'organisme avec de grandes ftici-

lités. Les organes adaptés aux conditions de vie des animaux

préhumains sont donc devenus en grande partie superflus pour

Thommo. Beaucoup d'espèces animales ont flnî par perdre

leurs organes digestifs d'une façon plus ou moins complète.

Tels sont les animaux parasites dont quelques-uns, comme les

Ténias, baignés dans les intestins humains par un liquide tout

préparé pour leur nutrition» ont complètement perdu leur

propre tube intestinal. Chez l'Homme, cette évolution ne s'est

pas accomplie et il a conservé dans son gros intestin une

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