M. LOUIS MARTIN
Au cours de sa longue carrière parlementaire, M. Louis Martin a fait beaucoup de choses. Les projets de loi qu’il a déposés, fort nombreux, attestent une puissance de travail énorme.
Beaucoup ont été adoptés.
C’est grâce à lui que la Provence cultive encore l’olivier ; que les effets de commerce échus un dimanche ne sont payables que le lendemain.
C’est lui qui déposa le projet de loi décidant que si l’enfant adopté est un enfant naturel non reconnu, il pourra prendre purement et simplement le nom de l’adoptant. Il préconisa la fondation des syndicats de communes pour aider à la reconstruction dans les régions libérées.
Il demanda que les noms des morts glorieux fussent inscrits sur le registre déposé au Panthéon.
En 1914, il faisait doter les poilus du casque, cependant qu’il suppliait M. Briand d’agir sur les alliés pour la réalisation de l’unité de commandement et de l’unification des sacrifices.
Défenseur ardent des droits de la femme, il a fait voter la loi permettant à la Française qui épouse un étranger de garder sa nationalité.
Son projet sur le vote des femmes est populaire et a fait couler des flots d’encre.
Ses efforts persévérants sont d’ailleurs récompensés et lui procurent tous les jours de nouveaux adeptes.
Il est difficile de continuer dans une courte biographie toutes les étapes d’une carrière aussi remplie.
M. Louis Martin est le type du parlementaire qui travaille consciencieusement, modestement, poussé par un amour indéfectible pour la République dont il est resté en toutes circonstances le défenseur ardent et convaincu. Et ceci méritait aussi d’être relaté dans ce portrait qui n’a d’autre prétention que d’être sincère.
M. JULES MËLINE
Le nom de M. Jules Méline est un des noms qui a été le plus prononcé depuis l’avènement de la Troisième République.
Passons sur ses débuts à la Commune qui lui ont été tant reprochés. Ses ardeurs juvéniles se calmèrent vite.
Le 12 octobre 1872, les électeurs de Remiremont envoyèrent siéger à la Chambre des Députés le jeune avocat républicain, républicain tout court, à une époque où il y avait quelque mérite à l’être, car les remous d’où est sortie la Constitution de 1875 furent fréquents et il faut dire que M. Méline fut toujours à gauche.
M. Jules Ferry l’appela au Ministère de
l’Agriculture et il détint longtemps ce département où il ne cessa d’apporter des réformes bienfaisantes et de prêcher le retour à la terre.
C’est avec une âme d’apôtre que M. Méline a envisagé sa tâche et il y consacre encore aujourd’hui les restes d’une ardeur qui s’éteint.
Il fut président de la Chambre des Députés et président du Conseil des Ministres : c’est lui qui choisit M. Barthou débutant comme ministre de l’Intérieur.
Ce serait une histoire bien complexe à écrire que celle de sa présidence : il faut lui rendre cet hommage, c’est qu’il a toujours placé au-dessus de tout l’amour et l’intérêt de son pays.
M. Méline fut le chef et le réalisateur du programme protectionniste. Rapporteur général des Douanes, président, il s’applique à faire voter les lois économiques qu’il croyait nécessaires et utiles à l’agriculture française.
Il est encore aujourd’hui président de la Commission de l’Agriculture au Luxem-