M. ARISTIDE BRIAND
patriotisme autant que son habileté politique.
Au Quai d’Orsay, il fit figure de Talleyrand, fixant et renforçant nos alliances, donnant un appui sans réserves aux chefs militaires de Verdun.
1917 ! Il résigne le pouvoir, avec une douleur évidente. C’était au lendemain des propositions de Lancken. Son rêve de paix se volatilisait.
Après Clemenceau, Millerand « régnante », il revient au pouvoir.
Tâche difficile : Briand flotta un tantinet entre la politique de la « main au collet » et celle des ménagements de Wirth et Rathenau.
La fameuse partie de golf de Cannes, l’intervention de l’Elysée, la nervosité du Parlement l’obligèrent à résigner de nouveau le pouvoir. Mais cette fois, il glissa bien « à gauche ». Il s’y est maintenu.
Le discours de Carcassonne fut un peu, beaucoup le programme du Cartel dont il est devenu l’ami et le conseiller quasi indispensable.
Que réserve l’avenir à M. Aristide Briand ?
Point n’est besoin qu une mystérieuse gitane lise dans sa main comme dans celle de « Gastounet » pour lui prédire ses hautes destinées.
11 suffit d’avoir été bercé par les accents caressants de sa voix magique ; il suffit de l’avoir vu manier les Parlements avec cette maîtrise unique, pour affirmer que son étoile, momentanément voilée, deviendra plus scintillante que jamais.
Un jour, par le fait du hasard ou des événements, fatalement, logiquement, il remplacera les camarades qu’il seconde aujourd’hui en toute loyauté ; et, dans un moment de lassitude qu’il faut toujours prévoir avec lui, après nous avoir charmés et ravis, il redescendra à nouveau du pouvoir, afin de se faire regretter.
Coquetterie ! me direz-vous. Peut-être.
Que voulez-vous !
C’est Briand... C’est la vie !