M. L.-L. KLOTZ
M. L.-L. Klotz est un grand parlementaire et son nom depuis vingt ans est prononcé lors de toutes les crises ministérielles.
Avocat, journaliste, ancien directeur du Voltaire, président du Conseil général de la Somme, M. Klotz est un arriviste assez correct. 11 lui arrive, naturellement, de changer souvent son fusil d’épaule, mais il a pour cela des exemples illustres, et ma foi, un portefeuille vaut bien un lâchage.
M. L.-L. Klotz a été l’ami et l’adversaire tour à tour de tous les hommes d’Etat qui se sont succédé au pouvoir. Il n’y a que deux hommes dans sa vie politique qu’il s’est complu à servir utilement : Paul Doumer et Georges Clemenceau. Le Tigre avait pour lui
une confiance affectueuse qui ne s’est pas démentie. On n’a jamais su pourquoi, car M. Klotz n’a jamais été, en somme, un financier de premier ordre.
Quand il est au pouvoir, il sait s’y maintenir et dès qu’il rentre dans le rang, il n’est pas de manœuvrier plus dangereux pour affaiblir ses adversaires par des bruits de couloirs habilement répandus et qui se traduisent par un dépôt à la tribune d’un ordre du jour à double sens, capable de renverser un Gouvernement.
Le Parti radical et radical-socialiste où il est inscrit depuis son entrée dans la vie politique, lui a souvent tenu rigueur de ses défaillances, mais M. L.-L. Klotz n’est pas homme à se laisser exécuter, et il trouve toujours le moyen de se faire pardonner les fautes les plus évidentes contre la discipline.
L’avènement du ministère Herriot n’a pas précisément converti le conspirateur. On assistera souvent à des dépôts en dernière heure d’ordres du jour subtils susceptibles