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M. L’ABBÉ LEMIRE

Vite, M. le Maire-Abbé expédia le souspréfet et annonça qu’il répondait de tout.

Le capitaine des pompiers n’était pas rassuré, la population encore moins.

M. Lemire eut un trait de génie. Il rassembla ses ouailles à la mairie et leur dit : « Mes enfants, faites comme moi, entourez tous votre bras d’un brassard, et les Allemands ne Vous toucheront pas. »

M. Lemire vit encore de ce décret d’inviolabilité qu’il inventa pour rassurer ses concitoyens. Les Allemands d’ailleurs se détournèrent d’Hazebrouck, mais l’abbé Lemire avait sauvé une population affolée.

M. Lemire concilie les sentiments les plus catholiques avec une foi républicaine qu’il ne craint pas de manifester à la tribune.

Combien de fois sur les travées républicaines, M. Lemire a-t-il obtenu de gros succès, cependant qu’à droite on le boudait un peu !

Fort de sa conscience, le député d’Hazebrouck ne transige pas. Il défend la thèse qu’il croit bonne avec chaleur, éloquence et sim-

pîicité, une simplicité évangélique, agrémentée de commentaires spirituels qui conquièrent une assemblée.

En général toutes les interventions parlementaires de M. l’abbé Lemire ont été marquées par des succès et il faut entendre avec quel cœur il défend les habitations à bon marché dont il a doté la classe ouvrière.

Son indépendance lui a attiré quelquefois les froideurs de Rome, mais finalement Rome elle-même a dû reconnaître que le catholicisme de son disciple paraît s’allier au régime républicain.

M. l’abbé Lemire a toujours défendu la cause catholique avec mesure, avec tact et beaucoup d’esprits bien pensants estiment que si ces qualités s’étaient retrouvées chez tous les défenseurs attitrés du trône et de l’autel, il y aurait eu moins d’à-coups entre la France et le Vatican.

On sait que M. Lemire fut une des victimes de la fameuse bombe que l’anarchiste Vaillant jeta dans la salle des séances du Palais-Bourbon. Cet accident n’a pas atté-

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