‹ Nos petites coloniesChapitre 15 sur 44 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Grand-Bassam. — Assinîe. — Daboa. — Topographie. — Jack- . Jacks. — Abandon de nos établissements. — Une lettre instructive.

La Côte-d^Or comprend la partie occidentale du littoral africain située entre la rivière Volta et la rivière Assinie. Les Anglais y possèdent les comptoirs dUAcra, Cap Coast Castle, et Axim. C'est là que se trouve notre établissement d' Assinîe.

La Côte-éC Ivoire se prolonge à l'ouest de la Côted'Oo sur une longueur de 540 kilomètres, jusqu'au cap Palxnas ; elle comprend Grand-Bassam et Dabou.

Grand-Bassam s'élève sur le bord d'une langue marécageuse de sables, située par 5° 11' 40" de latitude nord et 6° 3' 4" de longitude ouest, à la pointe ouest do la rivière Costa, plwB généralement connue sons le nom de rivière de Grand-Bassam. A son embouchure, elle ne mesure pas plus de deux cent à deux cent cinquante mètres de largeur. Son entrée est défendue par une barre qui lui constitue une profondeur variant entre dix et quinze pieds. Cette barre est excessivement dangereuse, surtout pendant les mois de juin, juillet et août ; ce n'est guère qu'en décembre et janvier que les navires à voiles, ne callant pas plus de trois mètres cinquante d'eau, peuvent la franchir, non sans danger encore, et en prenant mille précautions.

Après cette élévation du fond, la rivière subit tout à

coap une dépression et tombe alors jasqu^à hait ou dix mètres de profondeur ; en même temps, elle s'élargit considérablement et devient parfaitement navigable jusqu'au barrage d' Alepe. A un mille environ de son emboacharCi s^élève l'île Bouet^ qui divise son cours en deux bras. Dn peu au delà de Tîle, s'ouvre une vaste lagune, immense étendue d'eau sans courant, qui, se dirigeant d'abord au nord* ouest, tourne brusquement à l'ouest, pour se prolonger dans cette direction, en suivant exactement la côte de la mer^ jusqu'à la rivière Lahou.

La rivière Costa, à partir de l'îlot, tourne à Test et quitte son nom pour prendre celui à^Alcba ; elle traverse le pays d'Aka dans toute son étendue et le sépare du Potou.

A deux milles environ de la barre, sur la rive droite et en face d'Akba, s'élève le grand village indigène qui sert de résidence au roi des Bassamans.

Au delà de ce vi lage, dont l'étendue est consi* dérable, la lagune se divise en deux bras ; le plus important remonte au nord vers le paj'-s de Potou, qu'il sépare de celui d'Ebrié. L autre bras va rejoindre la lagune de Touest; il est parsemé d'un certain nombre d*îles, qui toutes sont habitées et dépendent de Grand-Bassam.

La lagune de l'ouest, ainsi que les deux bras dont nous venons de parler, sont navigables pour les bâtiments d'un petit tirant d'eau. La langue de terre qui sépare la grande lagune de l'Océan, est habitée par les Jack-Jacks; ils y possèdent un grand nombre dé villages.

Dabou se trouve sur la rive droite de la lagune, à

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cinquante milles à Tonesi de Grand- Bassam, au fond d'une jolie baie qui porte son nom. Le comptoir et le village sont situés sur un monticule élevé, qui commande la baie et domine plusieurs villages disséminés sur les flancs du mamelon.

A Test de Grand-Bassam,lacôte se prolonge sablonneuse et haute, formant une crête boisée d'arbres fort beaux,elle atteint jusqu'à trente et trente-cinq mètres. C'est à l'extrémité de cette côte que se trouve la rivière d'Assinie, sorte de chenal étroit, long de quelques milles seulement, par lequel les eaux des lagunes d'Ahy et d'Eyhiré s'écoulent dans la mer.

L'embouchure de la rivière, fort peu large, est défendue par une barre tournante très dangereuse, qu'en aucun temps les navires à voiles ne peuvent franchir, bien qu'elle ait parfois jusqu'à trois mètres de profondeur. Les petits bâtiments à vapeur de vingt à trente chevaux peuvent seuls s'aventurer à la traverser.

Notre établissement est situé à neuf milles de la rivière Assinie, sur sa rive droite et sur une pointe qui forme le commencement du lac Ahy ; celui-ci n'a pas moins de quinze milles de long sur neuf ou dix de large.

Plusieurs rivières encore viennent apporter leurs eanx aux lacs. Les plus remarquables sont le JTnn- ;a5%,ou Bia^ et le Tance ; toutes deux prennent leur source vers le nord, dans un pays boisé et montagneux, qu'elles mettent en communication avec notre établissement. A vingt-quatre milles an nord du lac Ahy, sur la rive gauche de la rivière Krinjabo, s'élève le village du même nom, résidence du roi. Son territoire s'étend sur deux cents milles du nord au sud et nnarante-cinq à soixante de l'est à l'ouest.

On comprend que dans le voisinage de ces lagunes immenses^ aux eaux stagnantes et sans courant, noétablissements doivent être entourés d'une atlnnosphère humide et malsaine. Les bords de ces lagunes sont des terrains sablonneux et des marécages, d'où se décrsLcrent des miasmes pestilentiels. Près de la mer la brise les combat en renouvelant sans cosse cet air empoisonné; mais, dans l'intérieur, le brouillard règne sans interruption sur les lacs, avec une épaisseur telle que les rayons du soleil ont peine à le dissiper aux plus chaudes heures du jour. Aux environs de la mer, Teau douce fait presque absolument défaut; la seule que l'on puisse se procurer, en creusant le sable à quelques pieda de profondeur , est mauvaise et malsaine.

Il n'y a que deux saisons: la saison sèche et la saison des pluies. Cette dernière se divise en deux périodes : la première, qui est la moins longue, et que l'on nomme «saison des fièvres», commence en octobre, pour se terminer en décembre. Jusqu'à la fin de janvier, la température s'élève progresM*vement, et dans les deux mois suivants, la chaleur atteint son maximum : le thermomètre marque généralement 30 à 32** centigrades à l'ombre, et 66^^ au soleil; la végétation se dessèche, la terre se crevasse par endroits, l'humidité des nuits cesse complètement, et avec elle disparaît la fraîcheur, qui serait si nécessaire après ces journées torrides. C'est ce qu'on appelle la belle saison. Arrive ensuite la deuxième période pluvieuse, époque des raz de marée, des tornades violentes, des orages continuels , accompagnés d'une pluie qui, depuis juillet înpnn'/» ^'»*"obrp d'^"i'»Tit tr>:."*ntîell#*. ?t

OBAVD-BASSAM. — DABOU. — ASSINIE. 169»

pendant laquelle le thermomètre se tient aux environ de 25^

Deux grandes races, très distinctes, habitent la région voisine de nos établissements. La première, qui occupe le territoire d'Assinie, otfre cette particularité exceptionnelle chez les races noires, que le fils hérite de son père. Tous les hommes sont circoncis.

Dans la seconde, qui habite sur la côte d'Ivoire, nous retrouvons, comme chez les peuples du Gabon^ l'hérédité transmise par la ligne des femmes; l'I éritage du père passe au iils aîné de sa sœur, ou, à défaut de celui-ci, à son propre frère ; les hommes ne sont pas circoncis.

La grande famille qui peuple la côte d'Or com» prend : les Achantis, qui habitent l'intérieur, les Fantis et les Achantas. Les naturels d'Assinie sont ,des Wœssaws et desDenkeras; ils sont peu nombreux.

Grands, bien pris, ils ont une grande vigueur, mais leurs traits sont grossiers, leurs nez épatés et leurs lèvres lippues. Cependant, leur peau est le pins souvent très fine et d'un beau noir. Quelques-uns, parleur teinte cuivrée, rappellent absolument les Pèuls du Sénégal, ce qui ferait supposer qu'ils peuvent^ par l'intérieur, être en communication avec les Bamba- • ras, habitant le haut Niger.

Au moral, ils possèdent tous les vices ordinaires de.

leur race;il3 sont faux, perfides, astucieux etvoleurs ;j

on les dit même anthropophages. i

Fétichistes ardents, ils sont restés rebelles aux ten- . raiives de conversion, et les missionnaires ont dû» abandonner tout espoir de les catéchiser.

Les Jack- Jacks semblent former une race à part, absolument étrangèrei Ils ont su s'élever par leur intelligenp/e et leur industrie au-dessus des populations qui les entourent. Nous les avons déjà vus, courtiers du littoral, tremblant pour leur monopole, lever contre nous l'étendard de la révolte et inciter à la rébellion les peuplades productrices de Tintérieur ; mais depuis la rude leçon qui leur fut infligée, ils ont compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer de leurs bons rapports fivec nos nationaux, et sont devenus pour nous des auxiliaires dévoués.

Grand Jack est leur bourg principal. Il occupe sur la plage une étendue de plus de huit cents mètres; les cases, fort nombreuses et bien construites, sont disposées par groupes réguliers entourés de palissades de bambous. Leurs villages, en général^ quoique absolument semblables à ceux des autres nègres, respirent cependant un air d'aisance qui les distingue entre tous.

A part l'igname et le manioc qui, avec le poisson sec^ constituent la nourriture ordinaire des naturels, les indigènes ne cultivent rien ; cependant le bananier, l'oranger, l'ananas, le riz et même les légumes d'Europe poussent admirablement dans le pays. L*hnile de palme est le grand produit de cette région ; elle est préparée par les femmes des tribus de l'intérieur, qui l'apportent aux villages des lagunes, où ce produit est l'objet d'un trafic assez actif.

Ij'ivoiré arrive en abondance du pays des Acliantis, et Assinie est le grani marché de la poudre d'or. Il serait aisé^ en mettant nos comptoirs en communication directe avec l'intérieur, d'augmenter considérablement l'importance de ce centre.

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Mais à quoi bon caresser des projets pour nos établissements de la Côte-d'Or? Déjà Dabou n'existe plus.

En 1872y Assinieet Grand-Bassam ont été abandonnés, sous réserve de tous nos droits.

En janvier 1874, Grand-Bassam a été livré à la maison Verdier, de la Rochelle, et Assinie, avec son fort et ses vieux canons, à la maison Swanzi, de Londres. Situation humiliante pour la France, dont il faudrait sortir au plus vite, si nous voulons conserver notre prestige parmi les populations si mobiles et si impressionnables de la côte de Guinée.

Et comme si ce n'était pas assez d'avoir abandonné nos établissements, n'a-t-il pas été question en 1875, et tout dernièrement encore^ d'un échange avec l'Angleterre, qui nous aurait abandonné la Gambie contre nos deux petites colonies de Grand-Bassam et d'Assinie, plus notre comptoir du Gabon ?

Nous pensons utile de reproduire ici l'opinion du capitaine Burton, le célèbre voyageur anglais; il est curieux d'étudier la naïveté des raisons qu'il invoque en faveur de cet échange.

« J'ai quitté Bathurst, dit-il, plus convaincu que jamais que plus tôt nous serions débarrassés de cette misérable station si mal à propos nommée une colonie, mieux cela vaudrait. Elle fait surtout le commerce des peaux venant de l'intérieur, de l'ivoire, de la cire d'abeilles et aussi d'un peu d'or. On trouve le métal précieux, dit-on, dans les collines argileuses rouges, près de Tile Macarthy ; mais la qualité n'en est pas pure, et la quantité non plus n'est pas suffisante pour payer le travail d'extraction.

« Maïs le principal commerce d'exportation do Bathurst, neuf dixièmes du reste du total, consiste en arachides et pistaches. C'est la meilleure qualité connue de l'Afrique occidentale, et depuis une cinquantaine d'années on en expédie des quantités considérables à Marseille pour faire de l'huile à manger.

« Pourquoi cette Imile d olive n'est-elle pas fabriquée aussi sur une grande échelle en Angleterre ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que les Français' ont accaparé le commerce de la Gambie, où ils ont cinq maisons de commerce. Les trois factoreries anglaises exportent leurs produits par bateaux français pour des ports franç-ais.

<ï De plus, le traité de 1845, par lequel les hautes puissances contractantes s'engageaient à s'abstenir de tout agrandissement territorial (ce qui équivalait à défendre à un jeune garçon de grandir), a été aboli en \^bb. Depuis ce temps-là, tandis que nous nous sommes abstenus de supprimer cette plaie des guerres continuelles entre les différentes tribus, nos très actifs voisins se sont annexé la rivière de Cazamance, avec les beaux territoires producteurs de café s'étendant à y>artir de Rio-Narrez au sud jusqu'à Rio-Pongo, et ont fait tout ce qu'ils ont pu pour s'emparer bravement de Matacong, situé à quelques milles au nord de Sierra Leone.

« Tandis que la Gambie anglaise est accaparée par les Français, le Gabon français est ou plutôt était aux mains des Anglais. Depuis une vingtaine d'années, les gens de bonne foi se sont demandé avec raison : pourquoi ne pas faire l'échange?

€ D'après l'avis des gens les plus compétents, on

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pourrait cëder avec avantage tonte la côte d^Afrique occidentale qui se trouve an norddb Sierra- Leone, aux Français, à la condition que nous prendrions posses* sion du .Gabon, et des régions de la côte et des iks, excepté sur les points où le territoire appartient aux Portugais ou aux Espagnols. Il y a quelques années, on a fait un effort énergique pour effectuer cet échange, mais il a échoué par suite de considérations sentimentales et de propagande de missionnaires.

« Si la question vient de nouveau à être discutée, j'espère que nous assurerons par un traité ou un achat une occupation exclusivement anglaise de Grand-Bassam et de la vallée de TAssinie, qui ne sont que de simples prolongements de ncitre protectorat sur la Côte-d'Or. Notre politique exige cette mesure. Actuellement, ces deux stations sont occupées par des maisons ou des compagnies françaises,qui réclameront des indemnités^ et qui peuvent en toute justice les demander, (l) »

N'est-ce pas le meilleur argument à invoquer pour prouver tout le parti que la France pourrait tirer de ses possessions de la Côte-d*Or ?

N'avons-nous pas l'exemple de ce qu'a pu faire l'industrie privée là où le gouvernement a échoué? D'importantes maisons françaises, et notamment les Régis frères, les Cyprien Fabre, les Daumas-Lartiguede Marseille, ont créé sur le littoral de vraies principautés.

Dans le royaume de Porto-Novo^k Kotonou,k Wydali^ dans tout le pays des Minas j à Abomey et à Godomey^

(1) Extrait d'une lettre pabliôe par le Petit JournaL

DOA factoreries sont florissantes. N'avons-nons pas là nne occasion de fonder nn ^rand établissement? Ce ne sera jamais^ nous le savons, nne colonie penplëe d^Enropëens ; mais ce serait nn centre dVù nous pourrions rayonner an loin et peut-être pénétrer jas^ qu'au cœur du grand continent africain.

Situation. — Climat. — Acquisition d*Obock. — Son ayenir.

Obock estsitué an fond du golfe d'Aden,par 10<» 57' de latiînde nord, et iV de longitude est; son port offre un mouillage parfaitement abrité.

Voici, do reste, la description que nous en trouvons dans une notice publiée par M. Goltdammer, qui a résidé longtemps dans ces parages et en a fait une étude approfondie :

« Le port d'Obock est entouré de hautes falaises, qui le protègent presque complètement des vents de Touest et du nord. Il offre deux mouillacres distincts, bien abrités par les bancs de corail qui s'étendent de Pest à Tonest.

^ Ces deux mouillages^ dont la profondeur (nojenne pendant la basse mer varie entre dix et trente mètres, communiquent entre eux par un chenal d'une profondeur de dix à quinze mètres. Chacun de ces mouillages communique lui-même séparément avec la haute ' mer.

J « Le port a donc deux entrées, et, par tous les vents, les navires y peuvent pénétrer.

« Une plaine semée d'arbres s'étend autour de la baie, et on y trouve de Teau douce d'excellente qualité. Les palmiers et la flore de l'Afrique équatorîale

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fi^y rencontrent abondamment, ainsi qne la pierre calcairo, Targile à potier, l'ocre ronge et le sonfre.

<r Si Ton s^avance à quatre on cinq kilomètres dans Tintérienr des terres, le pays s'accidente et devient montagneux. Ces hauteurs , d'origine volcaniqne , font partie de la chaîne qui court le long du littoral, depuis Massaouah jusqu'au cap Guardafni. Lesyallées alors deviennent fertiles, et les montagnes sont convertes de forêts, surtout dans la partie nid; la nature du sol se modifie ; on y trouve des mëtanx et du charbon. Du reste, les sommets de cette chaîné sont pou élevés. Ce n'est, à proprement parler, qa^un vaste plateau. Le passage est facile, et les caravanes apportant à la côte les produits de l'intérieur, le franchissent sans difRculté. De ce plateau descendent des torrents qui arrosent la plaine. Beaucoup sont à sec une partie de l'année, mais les puits et les citernes fournissent une bonne eau pour les habitants et les bestiaux.

c La population du pays est composée en partie d* Arabes, de Danakiles et de Gallas. Us vivent par tribus à la recherche des pâturages. Ce sont des peuples guerriers et pasteurs (1). »

Nous ne saurions oublier de mentionner encore les Sômalisqui, sous différentes dénominations^ peuplent cette côte d'Afrique. Ces gens à la peau bistrée, au caractère doux, malgré la réputation de férocité qu^un leur a faite, forment une race qui n'a rien de commun avec les nègres d'Ethiopie. Ils n'ont ni le front déprimé, ni les lèvres épaisses ; mais au contraire un

(i) Goltdammer, Notice sur Ohock, p. 4.

angle facial largement oavert, des traits harmonieux, un regard intelligent, et quelques-uns présentent, à la couleur près, le type eaucasique.

Les femmes sont belles et bien faites. Bien n'est pittoresque comme la vue de ces femmes se rendant aux puits; les petits enfants, retenus dans un filet^ pendent en grappes autour des hanches, et les plus âgés, attachés par une lanière nouée à la ceinture, sont conduits en laisse par leurs mères.

« Le climat d^Obock est aussi sain que peut Têtre celui d'une région très chaude. Toute excessive qu'elle soit, la chaleur se supporte mieux à Obock que dans d'autres régions des mêmes parages, car elle y est toujours sèche et déplus assez souvent tempérée par des vents de terre et des brises de mer. Ni les fièvres intermittentes, ni les dyssenteries ne sont à redouter à Obock ; l'hépatie seule est à craindre (1). »

Le rivage, aux environs d' Obock, est formé de falaises élevées, dont la hauteur varie entre dix et trente mètres. Toute la côte d'Abjssinie présente la même ligne de falaises, et depuis Massaouah, la rade d' Obock est le seul point où puissent se réfugier sûrement les navires.

M. Lambert, qui périt lâchement assassiné dans ces parages, avait bien compris tout le parti que Ton pouvait tirer d'une telle situation. A un de ses derniers voyages, à bord d'un brick de l'Etat commandé par M* Mëquety lekaîd de Zeylah, Âbou-Baker, qui était en mauvais terme avec le gouvernement égyptien, à

(1) Paul Soleillet, — Rapport au Ministre dM Affaized étrangères sur la possession française d*Obock.

cause de l'aSermagede la donaDe de Zejlah, lai ava't proposé de lui concéder Obock et son terri toi rr ; M. Lambert ne put profiter de l'offre qui lui vtvA: faite par le sultan, des revers de fortune le nuttaien ; danâ l'impossibilité de payer la somme qu« dvmaniin fi Abou-Baker: il s'était ruiné en organisant un service direct de bateaux à vapeur entre Aden et Maurico. Mais notre compatriote fit connaître aussitôt à M, Méquet les ouvertures qui lui étaient faites. Ccluci ne crut pas devoir traiter au nom du gouvernement français, et l'affaire en resta là.

Ce n'est que plus tard, lorsqu'il était consul d i France à Aden, que M. Lambert obtint rautori5ati(;:i de terminer cette affaire. L'acquisition fut faite au prix de dix mille dollars (50,000 fr.).

Connaissant "admirablement le pays, ses produits, ses besoins, M. Lambert voulait faire d'Obock vu centre commercial en môme temps qu'un paint stratégique destiné à contre-balancer l'importiinco d' Aden ; malheureusement il mourut avant d'avoir pu mettre son projet à exécution.

Plusieurs tentatives ont été faites depuis ; notamment celle do M. Arnoux qui, après avoir signé un traité avec l'empereur abyssin Minylick, voulait créer une colonie à Choa et ouvrir une route partant de oo point et venant aboutir à Obock ; la réalisation de co projet en aurait fait le comptoir de toutos les richesses de cette région. '

Il serait facile d'utiliser ce petit coin de terre, qui deviendrait une de nos possessions les plus importantes, qui pourrait tout au moins rivaliser avec Aden, >ùont les Anglais ont su fiir^-, en même temps qu'nno

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