‹ Nos petites coloniesChapitre 17 sur 44 · CC · texte numérisé non relu

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La mer sur tout le littoral, et principalement aux environs d'Obock, est riche en produits de toutes sortes ; le poisson y abonde ; elle fournit aussi des perles, des nacres ^ des écailles et deâ coraux. Dans l'intérieur du paj^s on trouve en abondance des minerais d'or et de fer.

La To;ir S .Uuillet, k Oboîlt.

Aden, qui se troave à moitié chemin sur la' roate des Indes, sert de point de ravitaillement anx navires de tons pays qni franchissent le canal de Snez ; or^ le simple examen d*nne carte suffit pour démontrer qu'un port de relâche sur la route des Indes est aussi bien situé à Obock qu'à Aden ; la position d'Obock^ comme port de refuge, est même de beaucoup préférable à celle d'Aden.

Dans ces parages soumis à Tinfluence des moussons de la mer des Indes, les vents sont périodiques et réguliers : ils soufflent du sud-ouest en été, et du nord-est ci hiver. Obock, situé à la corne nord de la baie de Tadjourah et à l'intérieur du redan que forme le cap Bas Bir, se trouve à Tabri des vents du nord. Les vents du sud sont sans effet sur la mer à Obock, car elle est brisée et amortie par les îles, bancs et récifs qui se trouvent entre Obock et Zeylah, point lui-même abrité par un cap des vents du sud.

Que manque-t-il donc à Obock pour devenir le point de ravitaillement de tous les navires français se rendant dans la mer des Indes?

Simplement d y établir de grands entrepôts de charbon et les ressources qui peuvent y être amenées par le commerce. Elles y arriveront naturellement le Jour où le gouvernement français ordonnera à ses navires de relâcher à Obock^ en terre française, au lieu de s'arrêter à Aden, en terre anglaise. c( Non sealèment, dit M. Soleillet, ce changement de direction n'occasionnerait aucuns fraisa TEtat, mais il réaliserait, par ce fait, de notables économies rien que enr les sommes qu'il verse chaque année dans les cais«

ses do rAngleterre, à Âden, pour nos navires de guerre pour droits de port, pilotage, etc.

« Il passe année moyenne^ à Aden, près de 200 navires français dépendant de TEtat, tels que : transports, navires de guerre, paquebots subventionnés , bâtiments coloniaux, bâtiments affrétés par VEtat. Ces navires laissent tous des sommes importantes à Aden. Un négociant de cette ville (ce n'est point le fourni?seur de la marine française) m'a assuré que, pour lui seul, le passage d'an transport français représente une augmentation dans ses recettes de la journée de 6 ou à 800 roupies (1). »

Ce premier point posé, nous aurions à l'entrée de la mer Rouge une colonie qui servirait de lien entre la France et ses colonies lointaines; c'est en effet le seul port que nous possédons, non seulement sur la côte orientale d'Afrique, mais encore sur tout le parcours de l'Europe aux Indes.

Enfin Obock serait une position stratégique des

plus importantes. Entre Toulon et Saigon, nous

possédons un seul et unique port : Pondichéry. Nos navires relâchent actuellement dans les ports angbiis : mais, s'il survenait une guerre maritime, nos communications seraient coupées dès le premier jour.

Pourquoi donc le gouvernement ne vient-il pas en aide aux compagnies particulières qui tentent de mettre en pleine valeur ce petit territoire exceptionnel, et pourquoi ne les encourage-t-il pas dans leur entreprise? Obock nous appartient déjà, il n'est plus

(1) Paul Soleillet, déjà cité.

à acheter ni à conquërir : serait-ce pour cela qae Ton oublie jasqa*à son existence ?f

Cependant la Société de? Factoreries françaises a établi à Obock nn comptoir approvisionné de toutes sortes de marchandises, que le roi de Choa^MinylicklI^ achète et fait prendre par ses caravanes.

Espérons que l'exemple de cette Société sera suivie et que de nombreuses factoreries recueilleront les richesses que l'Abyssinie envoie à la côte, et dont les Anglais d'Aden ont seuls jusqu'ici profité.

Au mois de mai 1884, pour mettre fin aux agissements de certains Egyptiens à qui il arrivait fréquemment de planter leur pavillon sar le territoire d'Obock, le gouvernement français envoya deux commissaires: M. le capitaine de frégate Conneau, commandant Vlnftrnet^ et M. Lagarde, commandant de cercle au Sénégal, chargés de procéder, avec les représentants du gouvernement égyptien, à la délimitation du territoire d'Obock. Quelques jours après, le Ministre de la marine signait avec le directeur de la Compagnie des steamers do TOuest, un contrat pour rétablissement d'un dépôt de charbons et d'approvisionnements à Obock.

BIBLIOGRAPHIE

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