‹ Nos petits journalistesChapitre 20 sur 37 · VICTOR KONING · texte numérisé non relu

VICTOR KONING

boutique, un Monsieur tombé des nues, une Niche de V amour, Prise au piège et les Serments d'ivrogne.

Un volume de lui, publié chez Dentu et intitulé : les Coulisses parisiennes, obtint, il y a quelques mois, un succès de bon aloi.

j'en souhaite un semblable aux Confessions -d'une comédienne, actuellement sous presse, et qu'il a dû choyer avec toute la tendresse d'un jeune père de famille dont le premier-né, bien joufflu et bien portant, a si vite grandi. Signe particulier : Victor Koning ne demande qu'à être pris au sérieux.

Je voudrais affirmer à mes lecteurs qu'avant d'être vaudevilliste et petit journaliste, Ernest Bluma été conseiller d'État ou percepteur des contributions, que le couplet suivant, qu'il a fait chanter aux Délassements dans une de ses quatre cent soixante-dix-sept pièces, me donnerait le démenti le plus formel :

Air de Tèniers.

Quoi! clerc d'huissier, serait-ce là mon crime? Chère Clara, n'allez pas me blâmer,

Timbre vaut mieux que papier qui s'imprime; Chère Clara, laissez-moi vous aimer.

Regardez-moi, j'ai quelque charme en somme ; Ne fuyez pas votre amoureux transi.

Bien qu'on soit clerc, on peut être honnête homme, Saisir les gens avant d'être saisi (bis).

En effet, Ernest Blum a aidé un huissier de Paris dans ces pénibles fonctions qui consistent, en vertu des articles du Code, à forcer un débiteur insolvable à satisfaire un créancier impitoyable.

Je lui pardonne.

Blum a vingt-huit ans et toutes ses dents.

Né le 15 août 1836, il s'imagine, chaque année, en voyant les illuminations gouvernementales, qu'on fête son anniversaire. C'est à SLraudin qu'il doit cette douce illusion, ne la détruisons pas.

Sa première pièce, les Malheurs de Canichon, fut jouée à Bobino. Dix-huit printemps avaient i peine folâtré dans sa chevelure, et cepen-

JL

dant, voyez comme cet enfant était précoce :

quelques mois après, les Variétés jouaient de lui un charmant petit acte qui est resté au répertoire : la Femme qui mord.

Ernest Blum lâcha alors l'étude de son patron, préférant aux calembours de son màitre' clerc ceux de MM. Cogniard, et aux grincements de dents des victimes du papier timbré le sourire des pensionnaires femelles de M. Léon Sari.

Les Délassements, les Variétés, les Folies- Dramatiques , le Palais - Royal , la. Gaîté , l'Ambigu-Comique s'adressent volontiers à lui lorsque le besoin s'en fait sentir.

La Petite Pologne et Rocambole ont établi sa réputation comme auteur dramatique, voyons le petit journaliste.

Le petit journaliste, nous le devons à Albert Wolff. C'est lui qui le prit un jour par la main, lui fit monter les cinq étages de l'hôtel Colbert et le présetita au rédacteur en chef du Charivarù

Dans le journal de M. Httard,* Ernest Blum publie des romans fantaisistes très-remarques et très-lus. C'est court, spirituel, cela repose presque toujours sur la pointe d'une aiguille, mais cela a du torse, comme dirait Vavasseur desFol...-Dram...

Au Figaro, Ernest -Blum r après quelques articles de genre, voulut un jour mordre aux Échos de Paris.

L'imprudent î Dès les premières lignes, il dut y renoncer à la suite d'une provocation à lui faite par Lambert Thiboust, duquel il avait dit : « L'auteur des Filles de marbre se porte bien, il adore les beefsteaks aux pommes.

t Une provocation pour cela ! s'écfie-tril, c'en est trop, j'aime mieux m'en aller. Et dire que je rêvais d'imprimer dans mon second numéro que Thiboust est capable des plus grandes folies pour un homard, sauce rémoulade ! Mais alors il aurait donc égorgé ma concierge? »

Ernest Blum a écrit les Mémoires de Rigol-

boche, pour lesquels il a été plus agoni que s'il avait été Rigolboche elle-même. Il s'en est consolé en encaissant quatre jolis billets de mille francs avec lesquels, a-t-il dit, à défaut de la considération qu'on me refusera dans l'avenir, je pourrai m'acheter des chaussettes dans le présent.

Signe particulier : Ernest Blum, d'une nature des plus inoffensives, est capable de rendre des points pour la douceur à tous les moutons du Berri.

ARMVND LE GALLAIS

Qu'est-il allé faire, celui-là, dans la galère politique? S'est-il pris au sérieux pour avoir tartiné, dans VÈcho de la Presse, la Nation et ailleurs, en faveur delà Pologne et de l'Italie? Que fait-il aujourd'hui dans le journalisme industriel et commercial ? Aspire-t-il à prendre du ventre?

A la bonne heure, ce serait un vœu légitime;

Grand, sec-, maigre, orné d'une paire de

moustaches et d'une rosette multicolore, voilà l'homme au physique. Bon garçon, d'ailleurs, trop même, car lorsqu'il dirigeait la Chronique Parisienne, il accueillit, dans ses colonnes, une foule d'illustres inconnus, ses camarades, qui, à l'heure présente, ne se souviennent pas plus de lui que le public ne se souvient de leur nullité.

En 1848, il débarqua à Paris, rêvant naturellement la gloire. Un voyage en Suisse vint le refroidir. Egaré un beau soir dans les neiges, il faillit y rester, et se sauva du coup en Touraine, pour y défendre la veuve et l'orphelin; puis, jetant aux orties la robe d'avocat, s'endormit deux ans dans les colonnes du Journal d'Indre-et-Loire.

Mis en rapport avec un célèbre pamphlétaire par notre regretté camarade Duckett, il revint à Paris en 1859, et publia les Contemporains populaires .

Dans la Chronique, qui suivit de près, Le .

G'allais publia plusieurs nouvelles, indépen-

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damment d'une foule d'articles sur les sujets les plus divers.

Que n'est-il resté des nôtres?... mais la tarentule politique le piquait. Aspirant à régenter l'Europe, il fut, en 1862, l'un des fondateurs de VÉcHo de la Presse, devenu depuis la Nation. Sans doute., il eut le mérite de rester libéral dans les feuilles autoritaires, et d'avoir du style dans un genre où tant d'autres s'en dispensent. Cependant il a disparu de la feuille créée par lui, et parle aujourd'hui, dans un journal spécial, V Échange, du capital et de la monnaie!!!

Signe particulier : Depuis sa sortie du collège, Armand le Gallais a en portefeuille des monceaux de romans, de nouvelles, de drames, de comédies. Faites, mon Dieu, qu'ils y restent !

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