‹ Nos petits journalistesChapitre 21 sur 37 · AMÉDÉE BLONDEAU · texte numérisé non relu

AMÉDÉE BLONDEAU

Plus que tout autre, Blondeau doit figurer dans notre panorama des petits journalistes, étant haut comme la botte d'un cent-garde, — un centimètre de moins que Victor Koning.

Après deux années de service dans la presse départementale, où ses articles lui valurent l'amitié de Victor Hugo et surtout d'Auguste Vacquerie, dont il est l'admirateur enthousiaste, Amédée Blondeau vint à Paris, et ne tarda pas à se mêler au mouvement de la

petite presse, où sa verve et sa bonne camaraderie furent aussitôt remarquées. Il a publié en 1862 une brochure intitulée : le Fauteuil de M. Scribe. — Qui diable va s'asseoir dedans? qui passa inaperçue. Depuis, il a collaboré un peu partout : au Diogène, au Messaqer des théâtres, à la Discusswn, au Sifflet, au Figaro- Programme, an Nain jaune, au Hanneton , etc.

Amédée Blondeau plonge en outre dans des correspondances de province, où il aborde alternativement la politique, la littérature et les beaux-arts.

Garçon d'intelligence, chaud de cœur, vaillant d'esprit, il arrivera s'il veut travailler" plus sérieusement que jusqu'à ce jour.

Très-ennuyé de parler de mes confrères et de moi, je ne vois qu'un moyen de sortir d'embarras : celui de rejeter sur un autre toute la responsabilité des éloges qu'on nous doit.

Touchatout, mon confrère, a publié en vers la biographie des hommes d'État du Tintamarre; elle a paru dans les colonnes aristophanesques de ce journal, qui ne compte rien moins que vingt-cinq années d'existence.

Je publie les vers de Touchatout (lisez, cher lecteur, Bienvenu) en le remerciant de tout mon coeur de cet emprunt forcé, mais qui sauve ma modestie et facilite singulièrement ma besogne.

Tout le monde est-il bien assis?... Nous allons commencer. — Nous recommandons à l'honorable socïlliétê le silence le plus complet : les binettes qui vont défiler devant vos yeux sont les plus sérieuses de l'époque ; le public est donc prié de se découvrir. On pourra remettre son chapeau quand nous en serons aux académiciens.

En avant la musique !...

Mesdatoes et messieurs, ceci vous représente,

Unis par une étroite entente, L'illustre

et ses petits enfants, Tous bien venants, Tous bien portants.

Remarquez du patron la gaîté paternelle ; Il chérit les petits qu'il couvre de son aile, Les nourrit, les protège et même, quelquefois, Corrige vertement les écarts de leurs voix.

Voyez les grands ciseaux qu'il porte à sa ceinture ; C'est avec eux qu'il rogne, et plus d'une coupure Fait rager ceux qui sont à la ligne, parfois, Mais ne fait rien du tout à ceux qui sont au mois.

Allez !.. . la musique.

Attention, mesdames et messieurs, à ce tableau touchant !... Regardez à côté du patron :

À droite, vous voyez, tenant son portefeuille,

Et le faisant craquer des Plats du jour qu'il cueille,

Le ministre favori;.

C'est

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