‹ Nos quatres Evangiles [microform]Chapitre 17 sur 94 · Cf. p · texte numérisé non relu

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quelqu'un, afin que votre Père^ qui est aux cieux^ vous pardonne aussi vos péchés ; que si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est aux deux ne vous pardonnera pas non plus vos péchés. » Qui ne voit ici le parallèle des enseignements de saint Matthieu dans le sermon sur la montagne (vi, 12-15)? En plaçant ces enseignements à Jérusalem, saint Marc est d'accord avec saint Luc, seulement il les renvoie à la dernière semaine, n'ayant pas d'autre moyen pour rester fidèle au plan quadripartite de la catéchèse, du moment qu'il n'a pas recours au procédé particulier de saint Luc, qui nous occupe en ce moment.

En poursuivant le texte de saint Luc, nous trouvons (xi, 14-26) la guérison du possédé muet. Les pharisiens, jaloux de l'influence prise par Jésus au centre même de leur domi-^ nation, s'efforcent de détruire l'effet de ses

miracles en^ l'accusant d'agir au nom de Béelzébub, prince des dénionb. Puib il.^ le Lni-

tent, en lui demandant un signe; mais le Sauveur ne leur en donnera pas d'autre que celui de Jonas (xi, 29-36). Invité chez un pharisien, l'occasion lui est fournie d'adresser de terribles reproches aux hypocrites de la secte (xi, 37-54). Pour ce qui suit (chapitre xi à xiii, 21), il est plus difficile de déterminer d'une manière générale à quel moment doivent se placer les faits

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et les discours ^ Nous trouvons d'abord deux avis : le premier, l'invitation de se mettre en garde contre le levain de Thypocrisie pharisaïque ; et le second, sur le danger de rejeter le Fils de l'homme et de blasphémer contre le Saint-Esprit (xii, 1-12). Un incident introduit la parabole de l'homme riche qui ne s'occupe que d'agrandir ses possessions : ce qui amène les conseils sur le détachement des biens de ce monde et la confiance en la Providence (xii, 13, 40), conseils, que saint Matthieu, embarrassé, avons-nous dit^, de leur trouver une place chronologique, a fait entrer dans le sermon sur la montagne. La mention des Galiléens massacrés à Jérusalem pendant les sacrifices, et des malheureux ensevelis sous les ruines de la tour de Siloé, peut se comprendre sans supposer la présence de Jésus à Jérusalem (xiii, 1-5). La nécessité de faire pénitence, rappelée à ce sujet, introduit la parabole du figuier stérile qui paraît bien symboliser Fimpénitence de Jérusalem malgré les efforts multipliés du divin Maître (xui, 6-9). Probablement faut-il

I. La discussion de chaque fait et la détermination de sa place dans cette section, xii à xiii, 21, ne pouvant s'établir sans la comparaison avec les autres synoptiques et saint Jean, demanderaient une synopse complète : ce que nous tîspérons faire un jour.

a. Voir plus haut, p. 69 et 287.

assigner au retour de la Ville sainte la guérison de la femme courbée depuis dix-huit ans (xiii, 10-17) et les deux paraboles du sénevé et du levain (XIII, 18-21)?

Toujours est-il qu'au verset 22 de ce même chapitre xiii nous sommes transportés de nouveau, sinon en Galilée, du moins sur la route, plus ou moins loin de Jérusalem. « Il allait à travers les villes et les villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem (xiii, 22). » Tout à l'heure nous étions à Béthanie et à Jérusalem ; nous voici de nouveau au milieu d'un voyage dont la direction est la Ville sainte. Et, fidèle au même procédé, saint Luc s'abstient également, dans ce second voyage, de préciser les endroits où Jésus s'arrête.

L'avertissement sur la porte étroite qui conduit au royaume et que peu d'Israélites franchiront, en laissant la place aux Gentils, plus empressés (Luc, xiii, 23-30), peut avoir été donné dans le cours du voyage. Rien ne s'oppose non plus à ce qu'il Tait été « sur les places » de Jérusalem même, si la suite du récit suppose la Ville sainte.

C'est en Pérée qu'on place communément les menaces d'Hérode (Luc, xiii, 31-33). Hérode étant maître de cette région, les pharisiens auraient conseillé à Jésus d'en sortir promplement, pour échapper au tyran qui aurait voulu

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lui réserver le sort de Jean-Baptiste. Mais on ne s'explique pas bien pourquoi les pharisiens, ennemis de Jésus, se montrent si empressés de lui faire éviter un piège. Ne devaient-ils pas plutôt voir avec plaisir qu'en séjournant dans cette contrée il s'exposait à tomber entre les mains d'Antipas? Si, au contraire, on suppose Jésus prêchant à Jérusalem, on comprend que ses ennemis, désireux de se débarrasser de sa présence en cette ville, aient pu ciercher à l'intimider par l'annonce de la venie d'Hérode à l'occasion de quelque fête juive, Cl même combiner quelque mauvais coup avec lemeurtrier de Jean-Baptiste. Jésus répond aux pharisiens qu'il continuera simplement à exercer son ministère, le temps voulu par lui. Il n'a pas à quitter Jérusalem devant ces menaces. Il ne zonvient pas^ dit-il, quun prophète périsse lion de Jérusalem.

Lapostrophe à la ville coupable, qui suit imnédiatement (xiii, 34-35), ne se comprend bienqu'à Jérusalem^ «Jérusalem, Jérusalem,

I. S.int Matthieu place cette apostrophe à Jérusalem, ; duranla dernière semaine. Il a raison pour le lieu, et non pour 1 temps. Mais il ne pouvait la placer plus tôt, puisqu'il n rat-' ute que le dernier voyage du Christ à la Ville sainte, i rattache ces paroles à la fin d'un discours dirigé contre is pharisiens (xxiii, 37-89), discours composé d'une série de malédictions réunies ensemble, selon son habitude, mis qui n'ont pas toutes été prononcées dans cette

qui tues les prophètes, qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes et vous ne l'avez pas voulu! Voici que votre maison vous sera laissée; mais je vous le dis, vous ne me. verrez plus, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vien tau nom du Seigneur ! » Le Sauveur s'adress3 à Jérusalem qu'il a sous les yeux, qu'il estveni souvent solliciter à la pénitence, qu'il a voulu défendre contre les ennemis de son vrai boiheur. Puisqu'ils ne veulent pas, eux les chel's et les docteurs de la cité sainte, de la protectiî>n du Fils de Thomme, du vrai Messie d'Israël, il les abandonne à eux-mêmes. « Votre maison vous sera laissée à défendre. Ne comptez plus sur moi. Désormais je ne viendrai plus V)us exhorter jusqu'au jour où vous direz : Béni^oit celui qui vient au nom du Seigneur ! » ^ous aurez peut-être alors une autre attitude; pusset-elle vous préserver de la ruine !

En effet, à son dernier voyage à Jérusalen au jour de son entrée triomphale, Jésus se préente à Israël, comme son roi : dernière tenative faite àla cité de Dieu ! Si elle accepte soi Messie, elle trouvera le salut. Ce jour-là lesfoules se pressent autour du Sauveur entran dans

circonstance, comme le montre la comparaison aec saint Luc.

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Jérusalem et s*écrient : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur l Et lui, apercevant du mont des Oliviers la cité dans toute sa splendeur, mais prévoyant sa ruine prochaine, il pleura sur elle en disant : « Si toi aussi, au moins en ce jour qui t'est donné, tu avais connu le message de paix! mais maintenant il est caché à tes yeux. Puisque tu n'as pas connu ce jour, d'autres viendront, jours d'angoisse et de haine, parce que tu n'as pas connu le temps où Dieu vient te visiter. »

Ces deux scènes se répondent à quelques mois de dislance, à Jérusalem. Mais le plan quadripartite ne permet pas à saint Luc de préciser les lieux, dès qu'il s'agit de la Ville sainte onde ses environs, dans cette troisième partie de son Evangile, avant le dernier voyage proprement dit.

Dansles versets suivants (xiiï,33-35), saint Luc paraît bien conduire Jésus dans la Ville sainte et le faire asseoir à la table d'un pharisien (xiy, 1-15). .La parabole du festin, avec sa distinction entre les rues et places de la ville et les chemins du dehors, où Pon va chercher les invités du second appel,paraitbienindiquer encore la cité sainte, la cité théocratique. Quant au reste, les paraboles de la miséricorde, et celles du bon usage des biens en vue de l'autre vie, avec l'économe infidèle et le mauvais riche, sont des enseignements

qui se comprennent encore à Jérusalem, mais pourraient également avoir été donnés en route pendant le retour.

Au chapitre xvii, 11, nous sommes de nouveau brusquement ramenés, en Galilée, ou plus précisément sur la frontière de cette contrée et de la Samarie, et nous y trouvons Jésus se dirigeant encore vers Jérusalem par la Pérée. Nous rejoignons alors les deux premiers synoptiques et leur récit devient parallèle jusqu'à Fentrée à Jéricho, qui cette fois est nommée. C'est donc bien le dernier voyage à Jérusalem. Les deux sections précédentes sont par conséquent des voyages antérieurs ; saint Luc seul nous les a conservés, mais, pour ne pas briser le plan de la catéchèse, il n'a pu les introduire dans cette troisième partie qu'en supprimant les indications de temps et de lieu. Nous verrons plus loin, par le rapprochement de ces chapitres avec le cadre donné par saint Jean, à quel moment de la vie du Christ correspondent ces voyages à la Ville sainte^.

Saint Matthieu et saint Marc, n'ayant pas eu recours à ce procédé, et reproduisant simplement la catéchèse primitive, ont été, par leur fidélité à suivre le planquadripartite, contraints, ou à omettre plusieurs actions et paroles du

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